Can Tho

Can Tho

29 Novembre 2019 : Bienvenue dans le delta du Mékong !

Ce matin, nous nous réveillons dans notre petite chambre/entrepôt qui ne paie pas de mine. Notre hébergement n’est pas top, mais à cause de notre réservation tardive, nous n’avions plus vraiment de choix. Après s’être concertés, on décide de prolonger notre séjour à Can Tho, mais plutôt à la campagne, au plus proche du Mékong, pour pouvoir assister à quelques scènes de vie, et nous imprégner de la vie locale. On réserve un homestay à la ferme, très bien noté, et avec repas inclus : on devrait être pas mal ! Notre futur hôte nous affirme connaître un bus allant directement au Cambodge, on décide donc de lui faire confiance, en espérant qu’il ne se trompe pas !

On se prépare, puis on lève l’ancre pour se trouver un petit-déjeuner. Il est encore tôt, mais la chaleur est déjà écrasante. On devient moite en quelques minutes, ce n’est pas très agréable ! Bizarrement, la ville nous paraît vidée de ses habitants. Pour le coup, il n’y a pas de touristes non plus. Sommes-nous tombés dans une dimension parallèle ? L’ambiance est post-apocalyptique.

On galère vraiment à trouver un endroit où prendre le petit-déjeuner. Pour le coup, il n’y a rien pour les voyageurs, et c’est un peu la galère (oui, vous allez me dire qu’il faut que l’on sache ce que l’on veut) ! On finit par tomber dans un bar qui propose quelques plats : ça fera l’affaire. On mange donc salé : des œufs et des nems, faute de plus adapté. On en profite pour jeter un œil aux activités dans la ville : il y a un marché à visiter, ainsi qu’un marché flottant (l’un des derniers existants).

Notre futur hôte proposant des visites privées en jonque du marché flottant, nous décidons d’attendre un peu. Quant au marché terrestre, il est déjà un peu tard, nous le visiterons le lendemain. Charmés par les cafés glacés du bar, nous prenons racine. On ne bouge que pour se trouver un petit restaurant local. La carte n’affiche pas les prix… et refroidis par notre aventure chinoise, nous les demandons au serveur. Ici, il n’y a que des vietnamiens, ou presque. Un couple franco-vietnamien propose de nous donner un coup de main, car on est un peu perdus devant la carte. Finalement, on commande à l’aveugle un plat de poisson chacun.

Le repas se révèle très bon, et encore inédit ! Des tranches de poissons enrobées de sauce au miel/caramel, accompagnées de riz : miam. Au moment de payer, bonne « surprise » : c’est 4€ pour deux. On se dit que décidément, dans les restos non fréquentés par les vietnamiens, on se fait vraiment avoir.

Après ce bon repas, nous retournons dans notre nouveau bar préféré : décidément, ces cafés glacés sont addictifs ! Nous passons l’après-midi à papoter à l’ombre, publier sur le blog et refaire le monde.

30 Novembre 2019 : On s’imprègne (enfin) de la vie locale à Can Tho

Ce matin, nous déjeunons avant de partir pour le marché terrestre de Can Tho. Plus on approche du marché, plus nous croisons de monde : le quartier est très vivant, c’est l’une des premières fois où nous assistons vraiment à des scènes de vie locale. Le marché se tient sous un hangar, et comme celui-ci n’est pas assez grand, les marchands sont installés dans les rues, de partout.

Comme partout ou presque, les étals sont au sol, les gens sont assis les uns à côté des autres. Les odeurs, les couleurs nous assaillent : les herbes aromatiques sont présentes par milliers et embaument l’atmosphère, les poissonniers présentent leurs poissons (vivants !) dans des bassines avec ou sans eau, qu’ils assomment par intermittence avec de gros gourdins (ce qui ne les tue pas) ; les crabes, grenouilles, crevettes et autres poissons sont dépecés et écaillés sous nos yeux, les viandes sont suspendues par des crochets à l’air libre… C’est une expérience inédite pour nous !

Dans ce marché, nous sommes les seuls occidentaux, et cela nous fait du bien d’être immergés dans la culture vietnamienne. Nous assistons à de belles scènes de vie, les gens nous sourient, nous demandent de les prendre en photo, nous ne nous sentons pas intrus ici. On flâne dans les allées, le Mékong est juste à côté : d’ailleurs, les acheteurs arrivent et repartent par barque.

Marché de Can Tho

En repartant, nous passons dans une petite rue où les gens vivent simplement, leurs portes et fenêtres grandes ouvertes, ouverts sur l’extérieur. Ils nous lancent des « hello » et nous font coucou, les vendeurs de street food nous saluent aussi, on se sent bien ici. On achète un Pomelo, âprement négocié (le vendeur nous demandait le double du prix… affiché !), puis nous allons retirer un peu d’argent pour la suite et fin de notre séjour.

Nous devons partir pour le Cambodge dans 5 jours, et avons décidé de prolonger notre séjour à Can Tho, au plus proche du Mékong, mais cette fois dans un farmstay : une ferme aménagée pour l’accueil de voyageurs. Nous avons le droit de prendre possession des lieux dès midi, nous ne perdons donc pas une minute pour y aller !

Ce farmstay, c’est Mekong farmstay Can Tho – C.R Floating Market, situé en dehors de la ville. M. Human (c’est son nom !) a ouvert 4 petits bungalows il y a un an, sur ses terres agricoles qui jouxtent les bras du Mékong. Il possède principalement des arbres fruitiers, et vivait de cela avant de construire les bungalows. En arrivant, nous sommes accueillis comme des amis. Lui et sa maman nous demandent de nous installer à table, et nous servent un déjeuner chaud et une boisson bien fraîche : ils voient que l’on n’a pas mangé, et ne conçoivent pas de nous laisser le ventre vide !

Ensuite, M. Human nous présente notre bungalow/chambre, et nous explique qu’il réservera pour nous les bus pour aller au Cambodge. C’est un soulagement, car peu de personnes ici savent comment rallier Kep depuis Can Tho, et sans notre hôte nous aurions été un peu perdus. Nous passons l’après-midi dans les hamacs, à profiter de la quiétude des lieux, lire, nous reposer.

A 17h, notre hôte vient nous chercher : avec une autrichienne également présente, il veut nous initier à la cueillette de noix de cocos ! Il va chercher une échelle en bambou, et l’installe sur un cocotier : c’est parti ! Chacun notre tour, nous devons cueillir trois noix de cocos. L’arbre est haut, et les noix bien accrochées : ce n’est pas facile. Tant bien que mal, nous y arrivons tous (j’en fais quand même tomber une dans le Mékong, évidemment), et il nous en offre une chacun comme récompense. Contrairement à celles goutées en Guadeloupe, elles ne sont pas amères, et on se régale.

Ensuite, M. Human nous initie à la préparation des nems. Comme nous avons déjà pratiqué à Hoi An, on gère le roulage ! Il est impressionné par notre rapidité et notre savoir-faire : nous avons été à bonne école. Ensuite, nous devons les cuire.

Finalement, c’est l’heure de manger (17h30) ! Nous payons 35€ la nuit pour deux, ce qui est cher pour le pays, mais tous les repas et l’eau à volonté sont inclus : finalement, c’est bien moins élevé que notre budget journalier de 50€ pour deux, et ça vaut le coup.

Nous mangeons avec l’autrichienne, et il y a au moins 10 assiettes différentes sur la table, c’est incroyable. C’est impossible de manger tout ça ! Au menu, il y a : soupe de ravioles, nems, légumes au tofu, omelettes, poulet, poisson, riz et une assiette de fruits frais pour terminer. On est gâtés, et on se régale. Nous passons le reste de la soirée (ou fin d’après-midi, selon le point de vue) à papoter tous ensemble, échanger sur nos vies, nos voyages, c’est très agréable et cela nous fait du bien d’échanger avec d’autres personnes. Au Vietnam, nous n’avons finalement pas rencontré grand monde, et cela commençait à nous manquer.

Finalement, il est l’heure d’aller nous coucher, bien abrités sous notre moustiquaire !

01 Décembre 2019 : On est réconciliés avec le Vietnam

Ce matin, on se réveille doucement, car on n’a pas de programme à part le repos. On déjeune à la vietnamienne, puis M. Human nous rejoint. Nous passons la matinée à discuter, échanger ; et on ressent enfin cette vibration que l’on recherche pendant notre voyage. L’échange, le partage, c’est ce pour quoi nous voyageons et parcourons tous ces kilomètres.

Au fil des rencontres, de nos découvertes, notre état d’esprit change, et nous nous rendons compte que la vie est finalement plutôt simple ; qu’il ne faut pas grand-chose pour être heureux. Loin de tout le confort matériel et des pressions sociales, nous prenons le temps de respirer et de nous poser des questions sur nos vies et le futur que nous souhaitons. Nous changeons, nous évoluons, et jour après jour nous réfléchissons toujours plus sur notre société, sur nous-mêmes. Les longs trajets de bus nous permettent de prendre du recul, laissent le temps à nos cerveaux de respirer. Nous nous rendons comptes que les préoccupations matérielles sont plus frustrantes qu’autre chose, et enfin nous touchons du doigts les ingrédients nécessaires au bonheur. Finalement, nous aspirons à une vie plus simple, plus proche de la nature.

Il est déjà midi, et pourtant nous n’avons pas vu le temps passer, tout occupés par nos discussions. La maman de Human nous prépare une assiette de nouilles et une assiette de fruits frais. Ensuite, c’est l’heure du repos ! On s’allonge dans notre hamac, sur les chaises longues, et on en profite pour appeler nos proches.

Le temps file, et l’heure du dîner est déjà là. Encore une fois, un véritable festin s’offre à nous et les assiettes sont nombreuses. On se régale ! M. Human regarde un match de foot à côté de nous : la coupe d’Asie du Sud-Est a lieu en ce moment même, et le Vietnam s’oppose ce soir à l’Indonésie. Il nous explique que 80% des Vietnamiens, hommes et femmes confondus, aiment et regardent le foot. Effectivement, sa mère est à fond aussi !

Alors que nous terminons le dîner, il nous propose d’enfourcher des vélos pour aller suivre le match dans le bar du village. C’est parti, on accepte ! En quelques coups de pédales, nous voilà au bar. Plusieurs groupes sont déjà là, et M. Human nous commande des cafés glacés : miaaam ! Il nous les offre. On suit le match, on échange, on plaisante, c’est vraiment un chouette moment. On a de la chance, le Vietnam remporte le match : ça tombe bien !

Finalement, il est l’heure de rentrer : demain, nous nous levons à 6h du matin pour aller voir le marché flottant !

2 Décembre 2019 : Promenade en bateau au marché flottant de Can Tho

Lorsque le réveil sonne, il n’est que 6h du matin : autant vous dire que l’on n’a plus l’habitude de se lever si tôt ! Mais nous avons une bonne raison : assister au marché flottant de Can Tho, le plus grand du Vietnam. C’est une tradition qui se perd au fil du temps, nous ne souhaitons donc pas louper ça.

M. Human est déjà debout, et les vélos sont prêts : c’est parti ! Nous nous rendons à l’embarcadère à vélo, où nous attend l’un de ses amis, qui possède un petit bateau à moteur, très pratique pour se faufiler entre les bateaux des différents marchands sur l’eau. Son ami nous accueille très gentiment, avec des cadeaux en feuilles de cocotier qu’il a lui-même pliés : nous avons droit à une couronne décorée d’oiseaux chacun, un mobile avec des animaux accrochés dessus. Il met en route son moteur, et notre promenade sur le Mékong débute.

Nous sommes tout d’abord frappés par la pollution de la rivière : de très nombreux déchets sont charriés, et nous le déplorons. Notre guide nous explique que beaucoup de personnes jettent leurs poubelles directement dans l’eau, faute de sensibilisation. Nous assisterons effectivement à ces scènes lors de notre promenade. Il y a également de nombreuses habitations de fortunes, installées sur des pilotis le long des berges. Ce sont des habitations illégales de gens pauvres, le gouvernement n’intervient donc pas, bien que celles-ci soient insalubres et potentiellement dangereuses pour les résidents.

Marché flottant de Can Tho

Alors que nous arrivons au cœur de la rivière, nous apercevons le début du marché flottant. M. Human nous explique que le marché a été créé il y bien longtemps, alors que le réseau routier n’existait pas : le Mékong était le moyen de transport le plus pratique pour les Vietnamiens de la région. Ainsi, afin de faciliter les échanges commerciaux entre fermiers et acheteurs, de nombreux marchés sur l’eau ont été créés. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une poignée.

Les bateaux des vendeurs sont grands et hauts, et pour cause : ce sont aussi leurs habitations. Les vendeurs sont maraîchers, et tant qu’ils n’ont pas totalement écoulé leur marchandise, ils restent (parfois plusieurs jours de suite) sur le marché. Une fois le stock écoulé, ils retournent à la campagne pour travailler leurs terres et refaire le plein de produits. Chaque bateau possède un grand pique en bambou sur lequel sont plantés les produits vendus. Ainsi, de loin on sait tout de suite qui vend quoi, on n’a pas forcément besoin d’accoster le bateau !

Il est très tôt, et le marché bat son plein. Des bateaux de taille moyenne achètent des centaines de kilos de fruits et légumes pour ensuite les revendre dans leurs villages. Des vendeurs ambulants passent entre les bateaux, et proposent des boissons fraîches. Le linge sèche sur la proue des bateaux habités, les gens marchandent, et nous assistons à tout cela de près grâce à notre petit bateau qui se faufile entre les gros. Notre tour était bien plus cher que les tours proposés par les agences en ville, mais cela nous permettait de profiter d’un tour privatif sur un petit bateau (et donc de nous approcher au plus près des marchands).

Sur le marché, on trouve tous types de légumes et de fruits : ananas, pommes, durians, carottes, patates douces, betteraves… M. Human nous arrête près d’un tout petit bateau, dont la spécialité est les petits-déjeuners. Le « stand » est minuscule, et pourtant très occupé : tous les bateaux en visite s’arrêtent pour profiter d’un petit en-cas ! Nous avons droit à un bol de soupe aux légumes pour moi et à la viande pour Cyril. C’est délicieux, d’autant plus que nous le savourons sur notre petit bateau, aménagé en table pour l’occasion. Les propriétaires du bateau petit-déjeuner sont très dynamiques, rigolent beaucoup, c’est une belle énergie qui se dégage du marché. On arrose ce repas d’un café glacé (of course).

Lorsque l’on a terminé, notre batelier nous offre de nouvelles parures en feuilles de cocotier : une bague, un collier et un bracelet. Le travail est extrêmement minutieux, c’est véritablement magnifique. Nous voilà décoré comme de vrais sapins de Noël ! Nous repassons par le marché pour retourner sur la terre ferme, où de nouvelles activités nous attendent. Tout d’abord, nous prenons un café dans un petit bar au bord de la rivière, où M. Human nous offre des feuilles de riz à la banane et des gâteaux moelleux au riz. Dans notre tour, tout ce que nous consommons est inclus : c’est une chance !

Ensuite, nous nous rendons dans une fabrique de nouilles de riz, où nous avons droit à l’explication du processus complet de fabrication. Nous avons même le droit de participer ! Nous aidons donc à cuire les feuilles de riz, puis nous aidons à les découper. C’est très instructif et amusant. Cela permet aussi de se rendre compte du travail nécessaire à l’obtention des nouilles.

M. Human nous emmène ensuite dans un marché terrestre pour nous présenter d’autres formes de vie locale. Ici, nous redécouvrons fruits et légumes, nous avons des explications sur les horaires de fonctionnement (le marché débute à 2h du matin !), mais aussi sur certains stands ou aliments. Il nous offre des fruits jusqu’ici inconnus, mais également des gâteaux moelleux cuisinés sous nos yeux. On se régale, tous nos sens en profitent !

Activités

Après un long moment à profiter du marché, nous remontons sur notre embarcation. Nous retournons sur le marché flottant, où ne restent que les vendeurs. En effet, le marché bat son plein tôt le matin, et à 10h il n’y a déjà plus grand monde. Notre embarcation s’arrête de nouveau, cette fois proche d’un vendeur d’ananas. A l’abordage ! Nous grimpons sur le bateau pour déguster un ananas frais. Le vendeur nous le découpe sous nos yeux, et une fois prêt, cela ressemble à une glace ! On se régale : il est juteux et sucré, un délice.

Cette fois-ci, c’est la bonne. Il est plus de 10h30, l’heure de repartir. Nous faisons chemin en sens inverse, sur cette rivière paresseuse. Nous laissons un pourboire à notre capitaine du jour (M. Human nous avait prévenus que c’était apprécié) en sortant, pour le remercier des jolis cadeaux qu’il nous a faits, puis nous enfourchons nos vélos. Sur le chemin du retour, notre hôte nous arrête une fois de plus : il tient à nous offrir des jus de canne à sucre, pressés sous nos yeux. On participe au pressage des cannes, c’est instructif ! C’est frais, bien sucré, encore une fois on adore.

Finalement, nous arrivons de retour dans notre farmstay. Le tour a duré presque 5 heures, et nous ne regrettons pas le prix investi : on s’est beaucoup amusés et on a été gâtés ! On va s’allonger dans nos hamacs pour récupérer un peu de notre levé matinal, et à 13h nous sommes appelés pour le repas, bien que la faim ne nous tiraille pas.

Une assiette d’une douzaine de rouleaux de printemps nous attend, avec une assiette de fruits frais : wahouuu ! Bien l’on n’ait pas très faim, on finit les plats pour faire honneur. On retourne ensuite s’allonger sous notre moustiquaire, car les insectes ne nous épargnent pas ! On passe l’après-midi OKLM, on se sent vraiment bien dans cet écrin de nature.

A 18h30, M. Human nous appelle : à table ! Lors d’une conversation précédente, il a découvert que j’adorais les fruits de mer, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. Ce soir, un Hot Pot de fruits de mer, préparé spécialement pour nous (pour moi !) nous attend. Comme hier, nous sommes les seuls ce soir à dormir dans le farmstay, toute cette nourriture n’est donc rien que pour nous. Nous sommes touchés par cette attention, nos hôtes sont partis faire les courses spécialement pour nous ! Une grande casserole de bouillon glougloute au centre de la table, bordée par une assiette remplie de chair de poisson, de crevettes et de poulpes ; et par une assiette remplie de fleurs de courges, de cresson et de choux chinois. Deux morceaux de poissons cuits à la poêle, du riz et une assiette de Pomelo complètent le tout.

Le repas est un régal visuel et gustatif : c’est le meilleur plat que l’on ait mangé dans ce pays (et peut-être même dans tous les pays traversés !). On fait d’abord cuire les fruits de mer, puis les légumes. C’est véritablement excellent : relevé, plein de goût… Notre sourire ne nous quitte pas une seconde, et nos hôtes ont l’air heureux de nous faire plaisir. Cela fait du bien d’être chouchouté, que quelqu’un prenne soin de nous et veuille nous faire plaisir. On passe une bonne partie de la soirée à discuter avec notre hôte, car nous aimons partager ces moments avec lui.

Finalement, c’est le ventre bien plein que nous allons nous coucher : ce fut une longue (et belle !) journée.

3 Décembre 2019 : Invités aux fêtes de famille !

Après une pluie torrentielle qui a eu lieu pendant la nuit, nous émergeons doucement. Nous rejoignons le couple d’Allemands arrivés hier soir pour le petit-déjeuner, composé d’une soupe de nouilles. Nous faisons connaissance, ils sont sympathiques !

Ensuite, nous décidons de partir marcher le long des bras du Mékong, dans le village pour avoir un meilleur aperçu de la vie à Can Tho. Dès les premiers pas, nous sommes entourés d’une verdure tropicale et abondante, qui borde les bras de la rivière. C’est reposant, calme ; et nous réalisons encore une fois à quel point nous avons besoin de verdure pour nous sentir bien. Au fil de nos pas, nous remarquons cependant que la rivière est très polluée : de très nombreux déchets sont visibles sur l’eau, la sensibilisation n’est pas de mise ici.

Les maisons du village sont pour la plupart assez pauvres : petites et fabriquées avec divers matériaux ; des animaux gambadent dans les jardins : poules et poussins, coqs, chiens et chats. Ici encore, la plupart des maisons ont les fenêtres et portes grandes ouvertes sur l’extérieur, sans tabou : tout le monde peut voir ce qu’elle contient. A l’intérieur, des femmes s’occupent de leurs enfants et petits-enfants ; et tous nous saluent à notre passage. La réputation des habitants du delta du Mékong est donc vraie : ils sont très ouverts et accueillants !

La promenade est vraiment jolie, c’est appréciable de se dégourdir un peu les jambes (surtout vu tout ce qu’on mange !). Tout à coup, lorsque nous repassons devant une maison en sens inverse, une grande famille installée à table nous fait de grands signes : venez ! On se consulte du regard, puis comme à notre habitude, on se laisse convaincre.

Deux tables sont installées dans l’habitation : une dans le jardin, autour de laquelle sont assis les hommes (et une seule femme), et une table dans la maison, autour de laquelle sont assises les femmes. En tout, il doit y avoir une quinzaine de personnes installées. Nous sommes un peu timides, mais ceux qui nous ont fait signe nous installent des tabourets pour que l’on s’asseye sur la table en extérieur. A peine installés, on nous donne deux bols et des baguettes, avec de grands verres de bière, et on nous fait signe de nous servir.

Rencontres dans le delta du Mékong

Sur la table, c’est un véritable festin qui s’offre à nous. La table est recouverte de casseroles, de plateaux, d’assiettes remplies de nourriture… C’est un régal visuel. Nous voyant hésitants, nos compères remplissent nos bols et remplissent nos verres dès que ceux-ci sont vides. Je mange tout ce qui n’est pas de la viande, avant de transférer le reste à Cyril, qui m’aide bien.

Nos hôtes sont très curieux, bien que ne parlant pas anglais. Grâce à nos traducteurs, nous arrivons à échanger un petit peu : âges, nationalité, objet de la fête… C’est l’anniversaire de la mort d’un de leurs proches, et il est apparemment de coutume d’organiser de grandes fêtes pour cela. Ils nous font goûter de nombreuses spécialités, posent avec nous, nous font tester plusieurs alcools… C’est un véritable moment de partage, comme ceux que l’on aime. Ils sont très excités de nous avoir à leur table, parlent fort, rigolent ; et on se rend compte que les fêtes de famille se ressemblent de par le monde.

Après avoir passé un bon moment, nous levons l’ancre : il est presque 13h, et M. Human nous attend sans doute pour le repas. Nous n’avons pas très faim, mais il faut se forcer un peu par respect pour notre cuisinière. En effet, en arrivant nous découvrons que le repas est tout juste prêt, et qu’il est l’heure de passer à table : hauts les cœurs ! On a de la chance, nous déjeunons avec une soupe, ce n’est pas trop volumineux.

Nous passons l’après-midi dans nos hamacs, à nous reposer et à digérer. A 17h, nous sommes conviés à un atelier de pancakes vietnamiens (c’est une véritable colonie de vacances, ici !). La maman de M. Human nous montre comment faire, puis chacun notre tour, nous devons pratiquer. Bon, comment dire… on a tous été très mauvais ! Les pancakes sont censés êtres croustillants, et les nôtres sont tout mous. Après la pratique, nous passons à la dégustation. Si vous avez l’impression que nous passons notre temps à manger ici, vous avez totalement raison ! Au menu : pancakes aux légumes et aux crevettes/viande, sticky rice aux oignons et fruits frais. Nous mangeons avec le couple d’Allemands, et encore une fois il y a 100 fois trop. Heureusement, les « pancakes parties » sont des moments partagés en famille : rapidement, le neveu, le frère et le père de notre hôte nous rejoignent.

Très vite, c’est la fête : on nous offre des bières, on plaisante, on échange… Le Vietnam joue encore un match ce soir, et c’est évidemment un bon sujet de conversation. Le frère de M. Human a déjà beaucoup bu, mais l’assume : « I drink a lot of beers ! ». C’est très drôle, on passe une excellente soirée.

Finalement, le temps passe et les invités repartent, et nous rejoignons notre petit bungalow. Alors que l’on est couchés, on entend un bruit du tonnerre autour de la cabane et dans l’eau. On a l’impression que quelqu’un barbote dans l’eau, secoue les arbres et… tape sur les parois (en feuilles) de notre habitation ! Serait-ce un voleur qui essaie de passer les mains par les interstices ? On n’ose pas sortir, de peur de tomber nez à nez avec quelqu’un.

Finalement, Cyril se dévoue. Il s’équipe de sa lampe frontale, et sort. Pourtant, personne n’est en vue… il lève la tête et voit… une espèce de gros lémurien gris (c’est en fait une sorte de raton-laveur) ! Il m’appelle, je sors vite, et nous tombons nez à nez avec deux gros lémuriens dans les arbres. Les coupables, ce sont eux ! Ils sautent dans les arbres, marchent sur notre toit, ont traversé la rivière… Ils profitent de la nuit pour manger les fruits du jardin. C’est très drôle, ils en font tomber plein pendant leurs déplacements, et ne sont pas discrets du tout. On croise également un rat/écureuil dans les arbres. Décidément, il y a une sacrée vie nocturne !

On retourne se coucher, en croisant les doigts pour qu’aucun lémurien ne s’introduise chez nous !

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