Ekaterimbourg, frontière entre l’Europe et l’Asie

3 jours dans l'Oural

26 août – Découverte d’Ekaterimbourg, mini-Moscou située dans l’Oural

A 8 heures, nous quittons le train, après 14 heures de trajet, des images du festival Krutushka encore pleins la tête. Pavel, notre hôte Couchsurfing, nous attend à la gare. C’est super gentil, on est touchés par cette attention ! On prend notre petit-déjeuner avec lui dans un café, puis il nous amène dans son appartement, situé non loin du centre ville d’Ekaterimbourg.

Pavel vit avec sa femme, qui est absente car elle encadre une colonie de vacances, hors de la ville. Son appartement n’a rien à voir avec celui de Greg : ici, tout est récent, meublé à l’européenne. Il nous explique que sa femme n’aime pas trop accueillir des voyageurs quand elle est là, car elle aime avoir son espace vital. On comprend mieux ! Ici, on dort sur le canapé, donc dans le salon, là où se trouve leur lit conjugal !

On pose nos affaires, et Pavel retourne se coucher : il a terminé le travail tard, et il s’est levé tôt pour nous accueillir ! On en profite pour travailler sur le blog et nous reposer.

Deux heures plus tard, Pavel est d’attaque : il va nous présenter la ville. On enfile nos vestes, car il pleut dehors, et il fait 7°C ! En marchant, on échange avec notre hôte, qui nous explique qu’il est animateur radio, mais aussi organisateur d’évènements en tous genres.

On découvre l’église la plus connue de la ville, l’église sur le sang versé, et les maisons anciennes, en bois. Le centre ville n’a que peu de charme, mais on passe un agréable moment, et on profite de jolis points de vue sur Ekaterimbourg. La ville est située dans l’Oural, qui est la chaîne de montagnes qui sépare l’Europe et l’Asie. C’est un endroit très sauvage, où les ours sont légions.

Le musée d’histoire de la ville est fermé, alors Pavel nous propose d’aller faire un tour dans la tour qui héberge la radio où il travaille. On accepte, c’est cool de voir les dessous de la scène !

On grimpe les étages, et arrivés en haut du building, on profite d’une belle vue sur la ville. Le studio est très sympa, on apprécie la visite. Tout à coup, la chargée de programme vient nous voir, et nous propose… de passer en direct demain ! L’interview sera à propos de notre voyage, de nos impressions sur la Russie, le tout… en anglais. Un peu flippés, car quand même, passer en direct sur la radio russe (!), ce n’est pas rien ; on accepte : l’occasion ne se présentera pas deux fois.

3 jours à Ekaterimbourg

Un peu fatigués et découragés par le mauvais temps, on décide de rentrer à l’appartement, où on prendra une bonne douche bien méritée, après deux jours de festival et 14 heures de train. Ce soir, on rejoint des amis de Pavel, qui hébergent une chinoise en Couchsurfing, pour passer la soirée avec eux et partager un repas russe.

On décolle après une bonne sieste, et on fait la rencontre de ses amis. Ils parlent bien anglais, et sont ravis de nous inviter. Ils nous cuisinent des pelminis, et du chou sauté à la poêle. Encore une fois, on passe une excellente soirée, à échanger, rire, se questionner, tester les alcools locaux et écouter les musiciens jouer de la guitare et chanter. Ses amis nous racontent que les ours sont légions en Russie, et qu’enfants, ils mangeaient très souvent de la viande d’ours, par exemple cuisinée en pelminis. On se sent vraiment acceptés et inclus, c’est très chouette.

Vers minuit, Pavel nous signale qu’il est temps de rentrer : demain, on se lève à 7h00 pour passer à la radio, alors il faut qu’on aille se coucher !

27 août – You are on air, baby !

Sept heures, le réveil sonne et nous tire d’un profond sommeil : il est temps de se réveiller, un sacré challenge nous attend ! On s’habille, Pavel nous cuisine une omelette à base de tomates en petit-déjeuner, et on décolle.

On arrive juste à temps, on nous offre une boisson chaude, et c’est notre tour. C’est moi qui répond aux questions, car Cyril ne parle pas suffisamment bien anglais. L’interview se déroule bien, je me sens rapidement à l’aise, et les questions sont amusantes. Finalement, au bout de 30 minutes, l’interview se termine. C’était cool ! Un dernier regard sur les toits d’Ekaterimbourg, et on reprend notre « vie normale ».

On prend un café, puis Pavel nous explique qu’il a besoin d’une voiture pour retrouver sa femme le lendemain, à 150kms d’ici. Du coup, il faut que l’on aille dans le village où vit son père, à 50kms de la ville, pour récupérer la voiture de ce dernier.

On prend un bus qui nous emmène à destination, puis nous grimpons en haut d’une colline, pour bénéficier d’un superbe panorama sur les forêts environnantes, et sur un joli lac. C’est très beau, et encore une fois, on apprécie être au cœur de la nature.

Le père de Pavel arrive après plusieurs dizaines de minutes, et il nous invite à manger un Bortsch comme repas de midi. Nous sommes accueillis très gentiment, même le chat de la maison nous a adoptés ! La père de Pavel insiste pour nous faire goûter son whisky maison, puis il nous quitte pour retourner travailler.

Pavel nous explique que la voiture empruntée est assez vieille, et effectivement, nous ne sommes pas des plus rassurés en montant dedans ! Les sièges arrières ne disposent pas de ceintures de sécurité, les freins sont douteux, et surtout, il n’y a pas de démarreur. Il faut donc démarrer la voiture avec les fils, comme dans les films ! Après 30 minutes d’essai, Cyril trouve la technique, et on grimpe dans notre carrosse. Cyril devant, moi derrière, bien cramponnée, c’est parti !

Ekaterimbourg

En rentrant, on fait un crochet par la frontière physique entre l’Europe et l’Asie, symbolisée par un marquage au sol et un petit monument. On est surpris, car la frontière est située à côté de l’autoroute, mais cela reste un moment assez drôle, avec toutes sortes de photos. On regagne la voiture, quittant pour un bon moment l’Europe.

Sains et saufs, on arrive à l’appartement. Pavel repart pour quelques heures, le temps de régler deux-trois questions professionnelles. On va faire les courses en vue de nos 35 heures de train, à partir de demain ; mais aussi pour l’apéro de ce soir. On va encore passer la soirée avec les amis de Pavel, pour leur faire goûter la ratatouille, cette fois !

Après presque deux heures de cuisine, Nastya, l’amie de Pavel, nous rejoint pour nous apporter une autre casserole pour faire cuire du riz. Peu après, Pavel arrive également, et on passe à table. Pour eux, c’est la première fois qu’ils mangent une ratatouille ! Tout le monde adore (ou fait semblant), alors on est contents.

Ensuite, on passe dans le salon/chambre pour jouer à des jeux de cartes ensemble. On commence par leur apprendre à jouer au président, puis ils nous apprennent à jouer au poker russe. On passe un excellent moment tous ensemble, on a l’impression de les connaître depuis longtemps !

Tsin-Tsin, la chinoise hébergée par ses amis, nous rejoint, et nous montons sur le toit de l’immeuble. Il est plus de 23h, il fait nuit noire, mais la ville d’Ekaterimbourg scintille de mille feux. Cet endroit est gardé secret par Pavel, qui l’a découvert par hasard, alors on est seuls au monde, face à ce magnifique panorama. Nastya nous raconte qu’elle vient d’une des quelques villes fermées en Russie : seuls ceux nés dans cette ville ont droit d’y entrer. Ces villes sont des zones protégées, majoritairement pour cause militaire ou de secret d’Etat, et sont entourées de hauts murs, de barbelés, et d’hommes en armes.

Cela nous paraît irréel, et elle nous montre quelques photos. Elle nous explique que sa ville est fermée car elle abrite une usine de recyclage d’uranium. Quand elle était petite, elle ne pouvait donc pas inviter d’amis chez elle. Par contre, ils ont bien le droit de sortir de la ville.

Elle nous raconte aussi être passée près de loups et d’ours lorsqu’elle était dans la forêt, et de les avoir entendu hurler/grogner la nuit. Pour nous, c’est terrifiant !

Finalement, il commence à se faire tard, alors on rentre, puis on se couche.

28 août – Repos, repos, repos

Ce matin, on se réveille doucement, car nous n’avons rien de prévu. Pavel partira dans la matinée pour rejoindre sa compagne, du coup il nous laisse les clés de l’appartement, qu’on laissera dans la boîte aux lettres en partant.

On est encore une fois frappés par tant de confiance ! Pavel s’en va, et on entreprend de ranger nos affaires et de préparer nos sacs pour les 35 heures de train qui nous attendent. On passe la journée à se reposer, avancer sur nos récits, glandouiller : cela fait du bien !

2 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *