Hô Chi Minh City

Saigon

26 Novembre 2019 : Plongeon dans Hô Chi Minh City

Après avoir passé 20 heures dans un bus couchette pour rejoindre Hô Chi Minh City depuis Hoi An, nous voilà débarqués à 5 heures du matin au cœur de la ville. Cyril me secoue doucement pour que j’ouvre les yeux : nous sommes arrivés. Quoi ? Mais… quelle heure est-il ? Nous sommes censés arriver à 9 heures du matin, et vu l’heure, je ne comprends rien. On vérifie sur nos GPS : nous sommes bien arrivés, et il faut que l’on sorte du bus.

Bon, ce n’est pas tout à fait ce que nous avions prévu, mais tant pis ! On espère que notre auberge de jeunesse aura une petite place pour nous. On met nos sacs sur nos dos, et entreprend de faire quelques pas, pas très frais. Bien sûr, les taxis nous sautent dessus ; et pour une fois, on se laisse tenter. On demande à notre chauffeur d’activer le compteur, et c’est parti !

On se rappelle pourquoi on n’aime pas les taxis : voir les Dongs défiler en même temps que les kilomètres, c’est assez stressant. Mais au moins, on ne galère pas dans les rues à 5h du matin ! Arrivés sur place, on pousse les portes de l’auberge. Oups, le réceptionniste dort sur un canapé… On se racle un peu la gorge, et il finit par émerger. Il nous fait signe de nous installer dans la pièce adjacente, sur les canapés en attendant.

Bien contents d’avoir un endroit où s’installer, on s’avachit sans demander notre reste. Le temps file, et c’est bientôt l’heure du petit-dej’. Les femmes qui s’en occupent décrètent que nous aussi, nous avons droit de déjeuner, et sans supplément. Cool ! Notre séjour commence bien. On se régale, puis nous décidons de lever l’ancre.

Le but de la matinée ? Aller faire nos visas pour le Cambodge, et ainsi éviter le racket aux frontières et la corruption. Nous marchons les 3 kms qui nous séparent du Consulat, et commençons à remplir les papiers vers 10h30. Nous ne sommes pas les seuls : il y a d’autres candidats ! Selon nos sources, nos visas devraient être prêts ce soir même. A 11h, nous attendons toujours notre tour. Certaines personnes passent avant nous, alors qu’elles sont arrivées après, on s’impatiente.

Finalement, à 11h10, l’un des employés vient nous voir et nous dit de revenir à 14h30. Ça fait bientôt une heure qu’on poireaute, et le consulat ne ferme que dans 20 minutes. Hors de question pour nous d’attendre 3h de plus ! On lui dit que nous sommes là depuis presque une heure, que certaines personnes sont passées avant nous, bref, on montre que l’on n’est pas très contents. Du coup, il nous dit d’attendre (?). Un autre employé vient, et nous dit qu’il accepte de prendre nos papiers, mais que nos visas ne seront prêts que dans deux jours. Deux jours ? Mais le délai normal, ce sont quelques heures… C’est là que notre ami nous propose un deal : pour 5$ de plus par personne, il peut nous les délivrer dans la minute.

Mais attends Jean-Michel… ce ne serait pas une tentative de corruption ? On lui fait comprendre que c’est hors de question, qu’on ne paiera pas un centime de plus. Si on s’est déplacés jusqu’au consulat, c’est justement pour éviter de nourrir la corruption, pas pour participer ! La sentence tombe : puisque c’est comme ça, on a rendez-vous le surlendemain, à… 16h ! Ça chamboule nos plans, car nous devions aller à Can Tho, ville située à 3h de route, pour découvrir le delta du Mékong. Tant pis, si c’est le prix à payer pour être tranquilles à la frontière…

On repart du consulat, assez énervés par cette tentative de corruption. Décidément, on ne peut faire confiance à personne. La chaleur est écrasante (ressenti : 38 degrés), et nous nous trainons le long des rues. S’ajoute à cela notre fatigue à cause de notre réveil matinal, nous n’arrivons pas vraiment à profiter de la ville, qui pour le moment nous apparaît surtout bruyante.

Nous mangeons un bout quelque part, nous promenons dans un marché touristique, puis nous arrêtons dans une épicerie « de luxe », qui propose en fait… des produits importés de France ! Il ne nous en faut pas plus pour nous convaincre d’entrer. A l’intérieur de cette épicerie, nous sommes comme des enfants le matin de Noël : il y a absolument tout ce dont nous rêvons (littéralement !). Chocolats, lait Nestlé, petits gâteaux, madeleines, confitures, miel… Mais surtout, SURTOUT : du fromage ! A l’étage, un rayon entier est consacré au fromage. Il y a tous les fromages que l’on pourrait désirer (et on les désire très forts), juste là, sous nos yeux, à portée de mains… On salive, nos yeux brillent, c’est merveilleux de voir tout ça.

Après vérification des prix, nous redescendons cependant vite sur terre : 11€ le fromage, ça pique ! Moi qui rêvais d’un repas de fromages différents, c’est loupé. On décide tout de même de nous offrir un coulommiers, des bonbons et du lait Nestlé, avec une baguette ! Ce sera notre repas de ce soir.

On rentre vite à l’hôtel, notre précieux entre les mains, et on se régale. Ça faisait si longtemps que l’on attendait cela ! D’un autre côté, on se sent un peu tristes : le prochain fromage, ce sera dans longtemps…

27 Novembre 2019 : Saigon, la suite

Après un bon petit-déjeuner, on décide de partir en exploration pas trop tard pour échapper à la chaleur. A peine dehors, nous entrons au cœur d’un marché, cette fois-ci authentique, comme on les aime ! Ici, les vietnamiens se bousculent pour faire le plein de produits (ultra) frais : poissons encore vivants sur les étals, légumes, fruits, viandes… Nous sommes assaillis d’odeurs et de couleurs. Cyril achète des amandes, et tout à coup, nous tombons sur une véritable vision d’horreur. Des crapauds, pelés à vifs, sans tête, se promènent dans des bacs et respirent. La vision est non seulement horrible, mais nos cerveaux n’arrivent pas à comprendre comment cela est possible, d’autant plus qu’ils ont l’air d’être là depuis un petit moment. Malgré moi, cette vision s’imprime dans ma rétine, et je manque de m’évanouir. Je suis très choquée par ce que je viens de voir.

Marché Hô Chi Minh City

Après cela, on sort du marché, car je ne veux pas risquer de revoir un tel spectacle, ou pire. Nous nous dirigeons ensuite vers la cathédrale Notre Dame, réplique colorée et plus petite de celle de Paris. Malheureusement, nous ne pouvons entrer : elle est en réparation.

Hô Chi Minh City est différente des villes vietnamiennes vues jusqu’ici : de grands trottoirs, de jolis parcs, et surtout de nombreux bâtiments d’allure française ponctuent la ville. On se croirait presque en France ! La circulation, cependant, ne nous laisse aucun doute : ici aussi, il y a des scooters par milliers, qui n’hésitent pas à griller les feux rouges et à rouler sur les trottoirs (l’un d’entre eux m’est même rentré dans les mollets, il m’a entendue comme il faut…).

Nous enchaînons avec la visite de la poste centrale, construite par Gustave Eiffel. Ici encore, la ressemblance avec les bâtiments de France est frappante. On a l’impression d’être dans une gare parisienne ! Il y a des bancs, alors on profite de l’architecture et de la fraîcheur un long moment. Plusieurs groupes d’étudiants vietnamiens en profiteront pour venir nous voir, et nous filmer en train de parler anglais avec eux. Ils doivent nous apprendre à chanter une chanson en vietnamien. C’est amusant, mais au bout de la 4ème fois, on se lasse un peu, alors on décide de changer d’endroit.

On s’arrête manger dans un joli restaurant, malheureusement un peu trop cher pour nous ; puis on va prendre un verre en attendant que le musée des vestiges de la guerre ouvre, à 13h30. Nous souhaitons absolument visiter ce musée, qui relate la guerre d’Indochine et la guerre américaine, bien que la visite soit réputée difficile.

Bien que présentant une vision un peu manichéenne des choses, le musée nous a beaucoup appris, et s’est révélé très touchant. De nombreuses photos illustrent les récits, et cela nous permet d’avoir une meilleure vision de ce qu’il s’est passé. On réalise également que les personnes de plus de 45 ans ont toutes vécues pendant la guerre, et que toutes les familles ont été touchées de près ou de loin par les évènements. L’agent orange, produit chimique balancé en quantité par les américains dans les campagnes, fait aujourd’hui encore de nombreux dégâts.

Nous ressortons pensifs, et bien silencieux. La chaleur, une fois de plus intenable, nous repousse dans notre auberge en fin d’après-midi.

28 Novembre 2019 : Les visas cambodgiens, partie 2

On se réveille assez tard, aucune visite ne nous attend aujourd’hui, ni aucune contrainte, si ce n’est celle… d’aller retirer nos passeports avec espérons-le, nos visas cambodgiens. En attendant l’heure de retrait, on se fait un petit restaurant indien, excellent mais si copieux que nous n’arrivons pas à en venir à bout. On se régale, ça faisait longtemps que l’on rêvait de manger indien !

On ressort avec un ventre douloureux : on a abusé avec les quantités… Peu après, vers 15h, nous arrivons au consulat. On s’installe dehors, et l’attente commence. L’heure de retrait indiquée, c’est 16h. Cyril parie que l’employé nous les donnera avant, je suis moins convaincue. Après tout, nous n’avons pas payé les 5$ supplémentaires, ils peuvent prendre un malin plaisir à nous faire poireauter.

Je lance un jeu sur mon téléphone, Cyril gigote pour que les employés nous voient. Finalement, une dizaine de minutes plus tard, un employé sort (le même qui a tenté de nous soutirer 10$), et tend le bras sans un mot. Traduction : ticket de retrait. Pour l’amabilité, on repassera. Il disparait dans son bureau, puis revient avec nos passeports, qu’il nous tend sans un mot. On vérifie que les informations sont exactes : niquel ! Au passage, et sans grande surprise, on découvre que les visas ont été délivrés le jour même de la demande : tss…

Maintenant, il s’agit de nous dépêcher pour rentrer à l’auberge, récupérer nos sacs et filer à la gare routière pour attraper un bus en direction de Can Tho, dans le delta du Mékong. Grâce à une voiture appelée via Grab, nous arrivons bien vite. On salue nos hôtes, et on file, nos sacs sur le dos, pour 2 kms à pieds. Avec la chaleur, c’est une véritable épreuve ! D’ailleurs, mon pied me fait toujours souffrir. Je pense qu’il doit être cassé ou fendu, sans quoi je n’aurais plus mal depuis longtemps.

A Hô Chi Minh City, les scooters sont présents par milliers, et c’est encore plus impressionnant qu’à Hanoï. D’ailleurs, il y a également plus de voitures, et le code de la route est encore moins respecté ici (si c’est possible). Les feux rouges sont grillés, et on manque de se faire écraser plusieurs fois sur les passages piétons. Même à quelques centimètres de nous, les véhicules ne s’arrêtent pas ! J’ai l’impression que tous ces scooters, qui nous évitent alors que l’on traverse la route, ressemblent à s’y méprendre à un banc de poisson qui nous entourerait dans la mer. C’est une sensation difficile à expliquer, mais alors que nous sommes au milieu de la route, avec des scooters par centaines nous frôlant et nous tournant autour, on se croirait dans une étrange mer.

Restes du colonialisme Français

Finalement, on arrive sain et sauf à la gare routière. Nos billets à peine pris, il faut grimper dans une navette nous amenant à notre bus. On a la surprise de découvrir que notre bus nous emmenant à Can Tho, à 3h30 d’Hô Chi Minh City, est un bus « limousine » : un bus de luxe ! Les couchettes sont plus confortables, légèrement plus larges, il y a des rideaux pour s’isoler, la WiFi, des prises et même une télévision chacun ! La grande classe.

Pour toutes ces raisons, le trajet passe vite et bien. Il est déjà tard alors que l’on arrive à destination. On commande encore un Grab, pour nous éviter 1h de marche en pleine nuit, qui plus est avec nos sacs sur le dos. Arrivés devant notre homestay, on découvre que les portes et portails sont cadenassés, et que nous n’avons pas les codes. Il est 21h, nous devons trouver une solution. On fait quelques pas dans la rue, et tombons sur une maison dont la porte n’est pas fermée. On passe une tête, on dit bonjour… Les habitants, pourtant plutôt jeunes, on l’air assez paniqués et ne s’approchent pas de nous. On essaie de leur expliquer que nous avons besoin d’eux, pour appeler le propriétaire et obtenir les codes d’accès. Ils nous font signes que notre homestay est de l’autre côté de la rue. Oui, ça on le sait, mais c’est fermé ! Ils sont trop paniqués pour comprendre ce que l’on veut.

Tout un coup, un homme d’une soixantaine d’année sort de la maison et nous demande dans un bon anglais ce qu’il peut faire pour nous. On lui explique la situation, et il dégaine son téléphone. Il appelle le propriétaire, nous guide et déverrouille les différents cadenas pour nous. Il est super sympa, et nous évite de passer la nuit dehors ! Bon en contrepartie, il peut désormais entrer dans notre chambre quand bon lui semble… Mais de toutes façons, il n’y a rien à voler : on garde tout sur nous.

Il nous laisse, nous souhaite bonne continuation et nous dit même quelques mots en français ! Nous sommes bien tombés. De notre côté, on ne traîne pas à s’endormir, fatigués par toutes ces émotions !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *