Hpa An

Hpa An

2 Mars 2020 : Passage de frontière Thaïlande – Myanmar !

Après une journée de trajet pour rallier Mae Sot, la ville frontière Thaï ; fait la rencontre d’une personne qui nous a conduit jusqu’à notre hôtel alors que nous étions un peu coincés, il est temps pour nous de changer de pays et rejoindre la ville de Hpa An au Myanmar !

Nous avons tout de même un petit pincement au cœur : la Thaïlande, c’est facile, pas cher, agréable… Très peu de touristes (merci le virus…), pas d’arnaques, les habitants sont gentils… Bref, la Thaïlande, malgré nos aprioris, est un véritable coup de cœur pour nous !

Nos gros sacs sur le dos, on se rend direction le marché de Mae Sot, où il y aurait des songthaews (pick-up collectifs) qui feraient le trajet jusqu’à la frontière. On ne part pas très préparés (nous avons passé les jours précédents à Chiang Mai pour nous reposer, ce n’était pas la grande forme), et on découvre au fur et à mesure la marche à suivre. Généralement, on évite d’arriver « comme des fleurs », car c’est la porte ouverte aux arnaques. Bon, une bonne étoile nous suit depuis la veille, ça devrait aller.

On traverse le marché, où tout le monde nous regarde avec de grands yeux : deux blonds aux yeux bleus, ça ne court pas les rues dans la région. Tout à coup, un homme se met à crier « BORDER, BORDER ! », pour nous attirer. On a un peu peur de l’arnaque, mais on connait les prix : 20 baths (soit environ 0,55cts) par personne, alors on se dirige vers lui. Il nous montre le pick-up, le prix est bon et tout a l’air ok donc on monte dedans : plus qu’à attendre que le véhicule soit rempli, et on pourra partir.

Heureusement, en moins de dix minutes, les places sont toutes prises. Bien que je sois habillée de façon à couvrir mes jambes et mes épaules (les Birmanes ont pour habitude de se couvrir), personne ne s’assied à côté de moi. Je suis un peu vexée… Mais très vite, ces dernières places sont prises aussi (pas de chance pour les désignées !). Le songthaew est bien plein, mais on continue de s’entasser. Les passagers s’installent à l’extérieur, sur une plateforme, un peu comme les éboueurs (désolée, je n’ai pas d’autre façon d’expliquer !). On est dévisagés, même si dès que l’on tourne la tête tout le monde fait semblant de regarder ailleurs.

Déjà ici, les femmes portent le Thanaka, une pâte blanche/jaune à base de plante sur le visage. Très répandue au Myanmar, le Thanaka permet de protéger sa peau des rayons du soleil, mais est aussi utilisé comme maquillage !

Finalement, on arrive à la frontière : tout le monde descend ! De l’extérieur déjà, c’est un beau bazar : les véhicules forment une longue file, les gens se pressent, on ne sait pas trop où faire la queue. Un policier nous indique un numéro : 9, c’est le guichet où l’on doit aller. C’est un peu la bousculade, mais un autre policier nous fait gagner quelques places (on ne comprendra pas pourquoi on a bénéficié de ce traitement de faveur), et nous attendons notre tour. C’est un peu long, mais notre moment arrive. Comme toujours depuis notre arrivée, nous ne sommes pas embêtés par les autorités, et tout se passe très facilement. Et voilà, nos deux mois en Thaïlande sont terminés !

On traverse le pont de l’amitié, puis on arrive côté Birman. Sur la route, nous croisons de nombreux mendiants : c’est triste… On en profite pour se délester des quelques pièces Thaï qu’il nous reste, et qu’on ne pourra changer.

Alors que l’on cherche dans quel guichet entrer pour faire tamponner nos passeports, un Jean-Michel nous arrête et nous propose de nous emmener à Hpa An, notre prochaine destination, en minivan. Mouais, les gens qui nous sautent dessus, on s’en méfie. On lui dit que l’on va réfléchir. En attendant, il nous montre le chemin, et les formalités d’entrée au Myanmar sont aussi rapidement faites. En sortant du bâtiment, notre Jean-Michel nous attend. Il nous montre le chemin, nous indique où faire du change, et nous emmène jusqu’à son minivan. Pourtant, nous ne le sentons pas… quelque chose nous chiffonne, sans que l’on n’arrive à mettre le doigt dessus. Il nous dit être le chauffeur, pourtant un autre homme est occupé dans le capot de la voiture. Jean-Michel se fait pressant, et demande maintenant que l’on paye avant de s’installer !

Cette fois, notre alarme s’active pour de bon : hors de question de payer et de rester au bord de la route. Jean-Michel s’énerve, et tourne les talons : après une vérification sur notre GPS hors-ligne, certains ont payé la somme demandée pour ensuite se retrouver dans un bus public, qui met plus de 12 heures pour parcourir 133kms, au lieu de 4 heures normalement ! On a bien fait de refuser.

Retour à la case départ, on revient sur nos pas pour trouver un minivan qui ne serait pas une arnaque. On tombe rapidement sur deux dames, qui nous expliquent que leur minivan va partir, et va à Hpa An. On demande à voir le véhicule, qui est effectivement presque plein. Ceux qui s’occupent de nous convaincre nous disent tout ce qu’on a envie d’entendre : oui oui, on a des ceintures, oui oui, on peut vous déposer à votre hôtel, que l’on connait. Ça nous fait rire !

On décide de grimper dans le minivan, qui n’a bien sûr ni ceinture, ni assez de place pour tout le monde ! Mais les personnes ont l’air de confiance, et on n’a pas trop le choix. Les femmes qui nous ont embarqué montent à deux sur le siège de devant pour que l’on ait un siège chacun. Cela nous gêne un peu !

On démarre, et notre chauffeur est du genre Fast and Furious ! Entre les routes en terre, les pneus lisses qui crissent, l’absence de ceintures de sécurité, le dépassement à l’aveugle dans les virages de montagne ou encore la surpopulation du minivan, on n’est pas très rassurés. Je me mets même à prier toutes les divinités existantes : pourvu que notre dernière heure ne soit pas arrivée !

Sur la « route » (comprendre : la piste de poussière), nous sommes arrêtés 3 fois par les barrages militaires. A chaque fois, nous devons présenter nos passeports, minutieusement examinés. Le Myanmar est un régime totalitaire, ouvert au tourisme il y a une dizaine d’années seulement, et de nombreuses zones du pays sont toujours interdites aux étrangers. Les habitants n’ont pas le droit d’héberger les voyageurs, et sortir des sentiers battus est impossible ici !

Le trajet nous paraît interminable : en tout, nous mettons 4 heures pour parcourir la centaine de kilomètres qui nous sépare de Hpa An ; dans la poussière. On n’est pas fâchés d’arriver ! Nos amis ont tenu leur promesse et nous déposent devant notre hôtel : cool !

La propriétaire de l’établissement nous accueille très gentiment, avec toutes les infos dont nous avons besoin. Le prix des hébergements est beaucoup plus élevé qu’en Thaïlande (quasiment deux fois plus cher !), mais nous n’avons pas le choix. On prend possession de notre chambre, puis on file dans l’une des gargotes conseillées par notre nouvel ange gardien.

Coucher de soleil Hpa Pu

Dans les rues, tout le monde nous sourit, nous salue, et on a le sentiment d’être les bienvenus ici : ça fait plaisir ! Dans le restaurant-cantine, on est très bien accueillis aussi. Les serveuses nous apportent des bols remplis de sauce, de soupe et de crudités, ainsi que du thé avant même que l’on ait le temps de commander : c’est inclus de base ! Le riz est aussi inclus : incroyable ! Je commande une soupe au poisson, des légumes au curry et Cyril prend du poulet à la locale.

C’est épicé, et pour ma part moins savoureux que ce à quoi je m’attendais. Cyril souffre du piment ! Les quantités sont plutôt grosses, et pour 3,50€ à deux, on ne se ruine pas. On se promène dans les rues, on rentre un peu dans notre chambre pour réserver les activités et le bus des journées à venir, puis repartons à l’extérieur.

Sur les bons conseils de la propriétaire de l’hôtel, nous décidons de nous rendre sur la colline Hpa Pu, de l’autre côté de la rivière, pour assister au coucher de soleil. Nous embarquons sur un petit bateau de pêcheur en compagnie de locaux pour traverser la rivière. Ça tangue un peu, mais c’est très joli ! Que c’est agréable de payer le même prix que les autres… !

Hpa An

En arrivant de l’autre côté, nous comprenons bien vite que nous sommes dans un minuscule village. Ici, la route est en terre battue, les poules et les poussins font partie du décor, et les habitations – des cabanes en bois – sont très simples. On sent que le pays est très pauvre, et cela nous change de la Thaïlande. Pour autant, les gens sont tous adorables et tout le monde nous sourit.

Après la traversée du village, nous arrivons au pied de la colline : c’est le moment de faire du sport ! On grimpe, et on arrive sur une plateforme qui nous offre une superbe vue sur la campagne alentour, la rivière et le coucher de soleil. Wahou, quelle belle façon d’entamer notre découverte du pays. Bien sûr, nous sommes seuls sur place, et cela rajoute encore à la beauté du moment.

On profite pleinement du panorama et descendons alors que le soleil est couché. On attrape une barque pour faire le trajet inverse, et avons la chance de l’avoir rien que pour nous. Avec la couleur rosée du ciel, c’est magique !

Il fait nuit, et nous n’avons toujours pas faim : on file dans notre chambre pour faire une bonne nuit de sommeil et récupérer de cette journée riche en émotions !

3 mars 2020 : Tour des environs de Hpa An

Ce matin, notre réveil sonne vers 7h : nous avons réservé un tour dans un tuk-tuk partagé avec notre guesthouse afin de profiter de tous les points d’intérêt aux alentours de la ville. Pour 4€50 chacun (!), un tuk-tuk, partagé avec 4 autres voyageurs, nous emmène voir les grottes et temples dans la campagne de Hpa An. Le tour commence à 8h30 et finira à 19h ce soir ! Autant vous dire que jamais encore on n’a trouvé un tour si peu cher.

Après un petit-déjeuner de champion (au Myanmar, presque tous les hôtels incluent le petit-déjeuner), nous embarquons dans notre véhicule pour la journée, et faisons la connaissance de nos coéquipiers. C’est parti ! Au programme, nous n’avons pas moins de 7 stops : la journée promet d’être chargée !

Nous commençons par nous rendre dans un temple situé dans une grotte, à une trentaine de minutes de route de Hpa An. Sur le chemin, tous les Birmans nous sourient et nous font coucou : on a le sentiment d’être des célébrités ! La première grotte est plutôt jolie, bien qu’un peu kitsch. Ici aussi, ils adorent les lampes fluos et les néons douteux.

Une dame me serre le bras, elle a l’air touchée de me voir dans cet endroit : je suis touchée aussi par son geste. Tous nous saluent, et les plus jeunes rougissent de leur audace lorsque nous leur répondons : ici, aucune méchanceté ni arrière-pensée. On fait le tour de la grotte, où l’on doit se déchausser. Du coup, on marche pieds nus dans la grotte (pas très propre évidemment), mais surtout pieds nus dans les fientes d’oiseaux et chauves-souris : beurk ! Même si on a déjà vu d’autres choses pas très ragoutantes, on n’apprécie pas tellement la plaisanterie.

Saddan cave

Après cette halte, nous nous rendons à Saddan Cave, une grotte qui abrite un grand Bouddha couché. La grotte est immense, et il nous faut plus de 20 minutes pour la traverser de part en part. Nous sommes toujours pieds nus, et le bruit des chauves-souris emplit l’atmosphère. C’est la première fois que nous les entendons si fort et si nombreuses ! On a l’impression qu’elles rient, et je me sens un peu paniquée par moments. La grotte est très belle, et les stalactites créent des formes éblouissantes. De l’autre côté de la grotte, une barque privative nous attend pour nous ramener à l’entrée. Cyril et moi embarquons donc pour une promenade en amoureux sur un petit lac qui passe sous la montagne : wahou !

En arrivant, on s’arrête boire un jus de sucre de canne pour 0,30cts, puis nous remontons dans notre tuk-tuk pour continuer le périple. Le prochain arrêt, ce sont deux bassins où les Birmans viennent se baigner, se laver et s’amuser. Ici, les gens se lavent et se baignent tout habillés, dans les bassins ou carrément au jet d’eau dans la rue.

Waterfall de Hpa An

Aussi, les hommes portent en majorité le longyi, une sorte de paréo/jupe à carreaux. Au Myanmar, tout le monde porte la jupe jusqu’aux chevilles : hommes et femmes ! D’ailleurs, les hommes mâchonnent presque tous le bétel, un mélange de noix, de chaux et de tabac rouge qui colore leurs gencives, leurs dents ; et leur déchausse ces dernières.  Après avoir mâché le mélange de longues minutes, ils crachent de longs jets rouges au sol : miam !

Nous assistons aux scènes de jeux dans l’eau, puis mangeons un bout dans une petite gargote. Pour 2,30€ à deux, nous nous régalons. Le prix des activités et de la nourriture est si bas ici que l’on a l’impression de ne pas payer assez ! Cela compense le prix des hébergements, assez chers.

Rizières

Après cela, nous nous dirigeons vers Kyauk Ka Lat, une pagode construite en haut d’un rocher plus étroit à sa base qu’à son sommet. Les gens sont plutôt surpris de nous voir ici, et des dames nous prennent sous leur aile : elles veulent d’abord nous faire manger (oups on n’a plus faim), mais nous réussissons à décliner, puis elles nous font signe de faire attention au soleil : ici, ça tape fort !

Après la visite du rocher, impressionnant, les dames défilent pour prendre une photo avec nous. Ça nous rappelle un peu la Chine, et ça nous prépare à l’Inde ! Nous sommes touchés par tant de gentillesse, surtout que les personnes ont l’air vraiment heureuses de leur photo.

Kyauk Ka Lat

Nous continuons par la visite avec deux grottes, qui offrent toutes deux des points de vue (qui se méritent !) à couper le souffle sur la campagne Birmane. La dernière dégage une ambiance particulière, et nous ne regrettons pas d’avoir opté pour ce tour des environs.

Bat cave Hpa An

La journée se termine avec l’observation de la sortie des chauves-souris au crépuscule. Comme toujours, le spectacle est hypnotique ! En plus, on a la chance d’observer leur sortie de près… Notre chauffeur nous dépose ensuite au Night Market central, où nous mangeons un plat, un dessert et un smoothie pour seulement 1€40 chacun : incroyable !

On rentre à pieds jusqu’à l’auberge, où l’on s’effondre : on est cuits !

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