Grande muraille de Chine – Une nuit sur la portion de Jinshanling

Jinshanling

14 Octobre 2019 : La portion de Jinshanling, un spectacle inouï

Le réveil nous tire du lit à 5h45 : aujourd’hui, nous allons prendre le bus pour aller voir la grande muraille de Chine de nos propres yeux ! Près de Pékin, il existe trois portions visitables, plus ou moins connues : Badaling, surtout connues pour ses bus de touristes ; Mutianyu, assez touristique également ; et Jinshanling, située à 130 kms de Pékin (2 heures de route), donc très peu touristique. Vous l’aurez compris, c’est là qu’on se rend !

On prend nos gros sacs avec nous, car on a prévu de dormir au pied de la muraille ! Il existe un tout petit village à côté de la portion de Jinshanling, et il serait possible d’y dormir. Sur le papier, on sait comment rejoindre la grande muraille, voyons voir si cela fonctionne pour de vrai !

Pour se rendre à Jinshanling, deux solutions :

  • Prendre le bus touristique, qui coûte 50 yuans par personne et qui se prend de Donghzimen Wai, tous les jours à 8h le matin. Le bus vous emmènera jusqu’à la Main Gate, donc l’entrée principale de la portion de Jinshanling : très pratique et facile ! Attention, apparemment le bus ne fonctionnerait pas hors saison, soit de Novembre à Mars.
  • Prendre un bus à partir de Wangjing West, qui coûte 32 yuans par personne, à 7h, 8h et 9h. Il part en direction de Luanping et s’arrête à Jinshanling Highway Service Area. Il vous faudra ensuite rejoindre l’East Gate (à 2 kms) ou la Main Gate (à 4 kms) à pieds ou en navette gratuite (ça c’est la théorie). Attention si vous choisissez cette solution, car des rabatteurs à l’entrée de la station de bus proposent un minibus pour y aller, plus cher (50 yuans).

Nous arrivons à Wangjing West pour prendre un bus classique, car nous avons entendu que le bus touristique n’est plus en fonctionnement. Selon nos sources, le trajet devait coûter 50 yuans, et nous acceptons la proposition des rabatteurs : prendre le minibus jusqu’à la station-service. On ne le sait pas encore, mais le bus touristique est toujours en fonctionnement, et le trajet de Wangjing West ne coûte normalement que 32 yuans. Ce n’est pas bien grave, mais si jamais vous souhaitez vous aussi vous rendre sur cette portion, vous le saurez !

On monte dans le minibus, Cyril s’installe sur un siège de fortune, et deux autres français se font également rabattre. On leur explique que nous allons aussi à Jinshanling ; eux savaient que le bus ne coutait que 32 yuans, mais entrent quand même, dans le doute.

Finalement, le minibus décolle, et on fait connaissance avec Kim et Lucas, les deux français qui nous ont rejoints. Ils sont aussi en voyage au long cours, et ils ont commencé il y a 3 semaines ! On papote, c’est sympa de partager nos expériences.

Au bout de 2h, on arrive à la station-service, mais nous sommes les seuls à descendre. Bon, il est 9h30, la navette gratuite jusqu’à l’entrée doit arriver à 10h. En attendant, on essaie de repérer les lieux, et l’éventuel arrêt de bus. Un homme vient nous voir, et nous dit qu’il peut nous emmener jusqu’à nos entrées respectives (Kim et Lucas commencent par la porte Est) pour 30 yuans par personne. A ce prix, c’est juste hors de question ! Payer 30 yuans pour 2 kms et 4 kms, c’est du vol, sachant que le prix pour faire Beijing-Jinshanling est de 50 yuans.

L’homme nous suit, ne nous lâche pas d’une semelle, et insiste en nous disant qu’il vient tous les jours et que cela fait plus d’un an qu’il n’y a pas eu de navette gratuite. J’ai déjà lu que c’était une technique bien connue en Asie : faire croire que le transport, le point d’intérêt, le musée, le temple est fermé ou n’existe plus afin de faire payer aux voyageurs une course au prix mirobolant.

Kim et moi partons faire le tour de la station-service, personne ne sait nous répondre. On finit par trouver un panneau : Free Shuttle Bus, toutes les heures à partir de 10h jusqu’à 14h. Les garçons nous rejoignent, l’homme qui nous suit a un sourire amer.

D’autres taxis nous entourent, et un vieux monsieur qui cherche lui aussi à rejoindre la porte principale nous adresse la parole. Il est chinois et sait donc nous traduire ce que nous disent les taxis, bien qu’on les comprenne aisément : 30 yuans par personne pour faire les quelques kilomètres qui nous séparent des portes d’entrée.

A 10h, un petit bus vert arrive, et on lui fait signe de s’arrêter, mais les taxis qui nous entourent lui font signe de continuer. Il ne s’arrête pas. On est furieux ! On attend encore 15 minutes, mais on doit se rendre à l’évidence : c’était bien la navette gratuite, mais il ne s’est pas arrêté à cause des chauffeurs.

Le vieux monsieur cède et paye les 30 yuans demandés. Pour nous, c’est hors de question : 5 yuans par personne, ou rien. Les chauffeurs refusent, on part à pied, avec nos gros sacs sur le dos et accompagnés de Kim et Lucas. Alors qu’on n’a fait que quelques pas, le plus insistant des chauffeurs se met à nos côtés et roule à notre allure, sans toutefois accepter de descendre à 5 yuans : son dernier prix, c’est 10 yuans par personne.

Peu importe, on marche en l’ignorant : c’est bête, il fait le trajet pour rien du tout, alors qu’il aurait gagné 20 yuans avec nous dans sa voiture ! Il continue son manège sur presque 2 kms, puis abandonne. Kim et Lucas arrivent à destination, et on leur souhaite bonne chance : à priori, on se recroisera sans doute, mais on ne sait jamais !

Selon nos calculs, il reste encore 3 kms à parcourir. Cela fait pas mal avec nos sacs, mais c’est ainsi. A chaque voiture qui passe, je lève le bras, en espérant gagner quelques dizaines de minutes de marche. Malheureusement, personne ne s’arrête.

Au bout d’un moment, une espèce de scooter qui tracte une minuscule benne s’arrête, avec à l’intérieur un vieux monsieur que nous avons croisé sur la station-service. On lui montre où on veut aller, et il nous fait signe de grimper. On se met d’accord sur 5 yuans pour deux, soit 60cts.

On est bien serrés dans la minuscule remorque entre nos sacs, le vieux monsieur et nous, mais c’est grisant de voir la route défiler ! Au bout d’environ 1 km qui est passé hyper vite, nous arrivons à destination. On descend, et on lui tend les 5 yuans. Il fait une drôle de tête, puis montre avec ses doigts : 50. On explose de rire ! Non mais il est fou ou quoi ? On le salue puis on repart, hilares. Notre chauffeur improvisé, sans doute un employé municipal, a dû passer le meilleur kilomètre de sa vie, imaginant gagner le jackpot à la fin du trajet.

Un grand bâtiment tout neuf se profile, gigantesque, avec des inscriptions en anglais. Ouf, sauvés ! On va à l’accueil, et on a la bonne surprise d’être très bien accueillis par une dame qui parle bien l’anglais. On lui pose tout pleins de questions sur les navettes, les tickets d’entrée, les hôtels où dormir pour pas cher. Elle nous aide bien, nous indique les prix pour que l’on soit au courant.

Si vous aussi vous souhaitez passer deux jours sur la muraille, il suffit de le spécifier lorsque vous achetez vos billets d’entrée : vous bénéficierez alors d’un billet 2 entrées en 24h pour le même prix ! Il faut simplement valider la deuxième entrée avant que 24 heures ne se soient écoulées entre la première et la deuxième entrée. Une fois le portique passé, vous restez autant que vous voulez sur la muraille ! Le prix d’un billet en haute saison (1er avril au 31 octobre) est de 65 yuans par personne, et de 55 yuans par personne en basse saison (1er novembre au 31 mars).

De là, 1,5 kms nous séparent du petit village où se situent les portiques d’entrée du mur. Il est possible de prendre une navette pour 10 yuans par personne, mais c’est franchement plat ; alors ça ne vaut pas le coup selon nous. En deux coups de cuillère à pot, on arrive.

Ici, tout est rénové et coquet. On a parcouru à peine 50 mètres qu’une petite dame sur le même type de scooter-remorque nous aborde : « Hôtel ? ». On ne sait pas trop quoi répondre, cela dépend du prix ! On montre sur la carte les différents hôtels, et elle nous fait signe de monter. Attends Jean-Michel Scooter, ça coûte combien d’abord ? Elle parle un peu anglais, et nous répond : 180 yuans. Ok, 23€ la nuit au pied de la muraille de Chine, ce n’est pas cher, et c’est même moins cher que l’estimation de 200 yuans donnée par la dame de l’accueil. On lui explique que l’on veut d’abord voir les chambres avant de décider, et cela n’a pas l’air de poser problème.

Ni une, ni deux, on grimpe dans la petite benne, et c’est parti pour moins de 5 minutes de route. L’hôtel a l’air assez neuf, mais il est surtout carrément vide ! On est les seuls ici. Elle nous montre plusieurs chambres, avec lits doubles ou lits simples. C’est hyper propre, hyper neuf, et les lits sont très grands, avec plusieurs couettes qui ont l’air bien chaudes. On signe !

On paye, puis on part en direction du guichet d’entrée pour Jinshanling. On est euphoriques, ça y est, on l’a fait ! Il est presque 12h lorsque l’on passe les portiques. On a prévu le coup en emmenant de quoi pique-niquer sur le mur, et on vous conseille de faire de même : c’est la solution la moins chère et la plus facile.

De l’entrée, il est possible d’arriver en haut du mur en téléphérique : c’est 40 yuans aller simple, et 60 yuans aller-retour, par personne bien sûr ! A moins d’être à l’article de la mort, on vous le déconseille, car la montée est rapide et n’est pas si difficile ; et quoiqu’il en soit la promenade sur la muraille est très sportive. Si vous êtes en mauvaise santé, il vaut mieux passer votre chemin !

Muraille de Jinshanling

Ça grimpe, ça grimpe jusqu’au mur ! Après 15 minutes de marche, on pose enfin le pied sur la grande muraille de Chine, un peu essoufflés. Une nouvelle fois, on est pris d’émotion en voyant le spectacle qui s’offre à nous. Les montagnes sont légions, et la muraille se découpe le long des crêtes, au sommet de celles-ci.

C’est magnifique, émouvant… Aujourd’hui, nous fêtons nos 2 mois de voyage, et quelle belle façon de les fêter ! Pour couronner le tout, nous sommes seuls, ou presque. Dans la journée, sur les 13 kms de la portion de Jinshanling, si nous croisons 40 personnes, c’est le bout du monde ! De longs moments se passent sans que nous ne voyions passer personne.

On grimpe, le mur est construit au sommet des crêtes, et nous ne cessons donc de grimper ! On décide de faire une pause repas avant de continuer notre escalade : c’est bien mérité, après toutes ces aventures !

Cyril se fait des sandwichs avec les tranches de jambon (bizarres) qu’il a achetées, et je mange des brioches avec du chocolat. Ici aussi, ce n’est pas facile de trouver de quoi manger sur le pouce. Requinqués, on repart.

La muraille de Chine que l’on connaît aujourd’hui a été initiée en 1368, et les travaux ont duré 2 siècles. Plus d’1 million d’ouvriers périrent lors de sa construction : on dit que c’est le plus grand cimetière du monde. Elle ondule des confins du désert de Gobi à la frontière nord-coréenne, mais sa longueur fait débat : les chiffres avancés vont de 9000 kms à plus de 21000 kms ! Le but de la muraille était de protéger l’empire chinois, notamment des mongols. Elle n’a cependant pas été efficace, Gengis Khan et son armée ont tout de même envahit la Chine, malgré le million de soldats en poste le long de la muraille !

En haut d’une grande côte, pas très loin de là où on a commencé, on a la surprise de croiser nos amis français. C’est qu’ils sont allés super vite ! Ils ne dorment pas ici ce soir, et ont eu peur de louper la navette de 16h, c’est pourquoi ils n’ont pas traîné. Ils ont parcouru 7 kms en 2 heures, et vu le dénivelé, ce n’est pas rien ! On les rassure en leur disant que l’entrée est tout à côté, qu’ils ont le temps. On discute un bon moment, puis on leur dit aurevoir, pour de bon, cette fois !

On continue notre chemin, et on s’émerveille à chaque pas. Notre cœur bat la chamade, et pas seulement à cause du panorama : parcourir la grande muraille, c’est du sport ! Certaines marches sont très hautes, et il faut même s’aider des mains sur certains passages. Pourtant, on ne souffle pas une seconde, et on attrape nos téléphones pour faire des photos à chaque instant. Tout est si beau !

Le temps passe, et on apprécie d’avoir le temps de prendre le temps. Comme on dort au pied de la muraille, nous n’avons pas de limite d’heure devant nous : c’est un luxe ! D’ailleurs, à 15 heures, les rares visiteurs que nous croisons partent petit à petit. Tout le monde est parti prendre le bus, il ne reste que nous, ou presque !

On savoure chaque instant, conscients de la chance inouïe que nous avons d’être ici et de vivre une telle expérience. On est très heureux, quel beau voyage !

Le clou du spectacle est à venir : en passant la nuit ici, on a la chance de pouvoir assister au coucher (et lever !) de soleil sur la muraille. On continue notre promenade, et on trouve un superbe coin pour observer le coucher de soleil. Ici, nous avons une vue dégagée sur le mur qui serpente sur les montagnes, et sommes pile en face du spectacle !

Le soleil descend, l’air se refroidit, et le panorama devient irréel. Quelle beauté s’offre à nous… Le ciel passe par toutes les couleurs, la muraille, d’encre, se découpe sur le fond coloré, et nous restons bouche bée. Les ombres s’étirent¸ le temps aussi. On ne se lasse pas du spectacle, c’est véritablement magnifique.

Coucher de soleil sur la muraille

Si vous avez l’occasion de venir en Chine, on vous invite vraiment à passer une nuit au pied de la muraille à Jinshanling, cela coûte moins cher qu’un tour en groupe organisé en partance de Beijing ; et vous aurez tout le temps de profiter de la muraille. Aussi, vous aurez la possibilité d’assister à de superbes lever et coucher de soleil !

Il fait nuit désormais, et nous entamons notre descente. A la lumière de nos téléphones, on trouve notre chemin jusqu’à l’entrée principale. On rentre à l’hôtel, toujours aussi vide, et mangeons un bout dans le minuscule restaurant attenant. Pour une bouchée de pain, nous mangeons un plat préparé en temps réel, rien que pour nous : miam !

On se faufile dans nos couettes aussi sec : il fait bien froid, et bien qu’il ne soit que 20h, nous allons nous coucher : demain, lever à 4h45 pour assister au lever de soleil !

15 Octobre 2019 : Encore une journée sur Jinshanling !

Ce matin, ou plutôt cette nuit, le réveil sonne à 4h45, comme promis. Le réveil n’est pas si facile, mais c’est le prix à payer pour assister au lever de soleil sur la portion de Jinshanling ! On se prépare, puis on lève le camp. On a la chance de pouvoir laisser nos gros sacs ici, ouf !

Il fait nuit noire, mais nous ne traînons pas. Le soleil se lève vite, et on ne voudrait pas louper ça. On parcoure les quelques kilomètres jusqu’au spot que nous avions repéré la veille en un temps record, ce qui nous vaut de cracher nos poumons une fois arrivés en haut. On s’installe, et on apprécie : nous sommes les seuls sur place, avec une vue à couper le souffle sur le spectacle à venir.

Peu à peu, les minutes passent et le soleil embrase le ciel, faisant apparaître la muraille en ombres chinoises. Quelques visiteurs nous rejoignent, et l’un d’eux me prend en photo à la volée. La photo est très belle, et il nous l’envoie : super sympa !

On profite de ce moment privilégié, bien qu’il y ait plus de monde que la veille : le moment semble moins magique que la veille, mais reste superbe malgré tout. Des Jean-Michel Drones gâchent la quiétude du lieu, et on râle un peu. On prend encore un milliard de photos, et alors que le soleil est levé, on change de spot.

Lever de soleil Jinshanling

On est transis par le froid : il fait -2 degrés, et le vent qui souffle nous gèle les os malgré notre équipement. On se réchauffe en grimpant une portion que nous n’avons pas exploré la veille : celle-ci n’a jamais été rénovée, et la végétation reprend ses droits.

On est charmés par l’atmosphère qui règne sur cette partie de Jinshanling : rien n’a été changé, et l’ambiance est envoutante au petit matin. On s’installe au bout de la portion, et on contemple la beauté des lieux. On ne s’en lasse pas !

Vers 10h, nous décidons de regagner notre hôtel : on a très froid, et la fatigue nous gagne. Nous avons déjà bien profité de la grande muraille, il est temps de laisser notre place ! On file sous la couette, on prépare nos affaires, on avance sur les récits. A midi, on mange ce qu’il nous reste de la veille, puis on lève le camp.

On s’installe dans le bâtiment d’accueil pour attendre le bus qui nous ramènera à Beijing, à 16h. Pour info, tous les jours à 7h30 et 16h, un bus touristique passe à la porte principale (Main gate) de Jinshanling pour emmener les touristes à Beijing (station Donghzimen), pour 50 yuans par personne. Il faut se placer tout à l’entrée de la porte principale, vers le parking des bus. Le bus est vert.

Finalement, le bus arrive ; et c’est bien le même bus que les chauffeurs véreux ont fait partir. On grimpe dedans, soulagés. Cette fois-ci, c’est bon ! Le trajet se passe sans encore, on arrive à Pékin peu avant 18h.

On en profite pour aller récupérer nos billets de train, préalablement achetés sur Internet pour gagner du temps en gare le lendemain. On s’arrête dans le restaurant à côté de l’hôtel pour manger un bout, puis on va se coucher rapidement après avoir récupéré les clés de notre chambre. Demain, on quitte Beijing pour Pingyao, ville ancienne et d’architecture traditionnelle !

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