Kep

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05 Décembre 2019 : Passage de la frontière Vietnam/Cambodge

Outch… il est 5h lorsque le réveil sonne, et on a du mal à émerger. On s’est endormis tard la veille, et ça pique les yeux de devoir les ouvrir si tôt. On se prépare vite fait, puis nous allons prendre le dernier petit-déjeuner préparé par la maman de M. Human. On se régale avec des omelettes et des fruits, puis il est déjà l’heure de partir. Nous saluons nos hôtes, les remercions pour leur gentillesse, puis on grimpe dans le taxi. Can Tho, c’est fini pour nous, Kep nous attend !

A la gare routière, on trouve notre bus sans problème, et il démarre quelques temps plus tard, avec d’autres français, des suisses, et des vietnamiens. La conversation tourne bien évidemment autour du passage de frontière, où chacun donne son point de vue mais surtout ses infos ; parfois glanées n’importe où (et donc fausses). Les suisses veulent payer les pots-de-vin demandés par les douaniers, et estiment même qu’avec notre visa fait à l’avance, on ne passera pas. Les français sont fatalistes, alarmistes, et ont peur de se retrouver en prison s’ils ne paient pas (lol). Doucement, la pression monte donc pour les différents groupes. De mon côté, je reste sereine : nous avons nos visas, notre visa vietnamien arrive à péremption aujourd’hui, on est bien obligés d’entrer ! Quant à cette histoire de prison, ça me fait doucement rire : on ne met pas les gens en prison comme cela !

Vers midi, nous arrivons vers la frontière. Nous changeons de bus pour un minibus déjà bien plein, rempli uniquement d’étrangers ; qui dépose notre petit groupe à une agence. Seuls ceux montés avec nous doivent descendre : on craint l’arnaque, mais on n’a pas le choix. On remplit les petits papiers d’immigration, puis on patiente pour qu’une nouvelle navette nous emmène au poste-frontière. Les français commencent déjà à négocier avec une employée de l’agence, arguant que le vrai prix d’un visa cambodgien est de 30$, pas 35$ (prix demandé à la frontière). Elle est au courant, mais n’y peut rien. De notre côté, nous en profitons pour changer nos derniers dongs en dollars, monnaie utilisée au Cambodge.

Notre deuxième minibus arrive, et nous embarquons : c’est parti. A peine arrivés à la frontière, Cyril et moi nous dépêchons : si on est les premiers, on a une chance de ne pas payer de pot-de-vin. En revanche, si l’on passe après tous les touristes qui ont accepté de payer, cela peut prendre plus de temps. Un bus nous attend de l’autre côté de la frontière pour nous emmener à Kep, nous ne devons donc pas trop traîner.

Première étape : obtenir le tampon de sortie du Vietnam. Il y a de nombreux touristes présents, mais des gens s’occupent d’obtenir le tampon de sortie pour eux. Ouille, ça commence mal, dans chaque passeport, il y a un billet de 1$ glissé. Nous faisons la queue, mais les représentants des agences nous passent devant en tendant des liasses de billets aux douaniers. Derrière le comptoir, l’un des douaniers s’évente avec une liasse de billets de 100$. Le spectacle est écœurant, et tout le monde a l’air de trouver cela normal.

Comme toujours dans ces cas-là, il faut rester calme et ne montrer aucun signe d’impatience, ou les douaniers prendront un malin plaisir à nous faire attendre, nous voyant pressés. Finalement, c’est notre tour. Le douanier ouvre nos passeports, et n’y trouve pas les dollars requis. Il nous les demande, et nous répondons tout simplement « we have no money ». Il rétorque que dans ce cas, il ne pouvait pas tamponner.

Bon ! Ça, on s’y attendait. La bataille de patience commence. Heureusement, la famille française a changé son fusil d’épaule et fait blocus avec nous. Nous sommes tous les quatre devant le comptoir, et personne ne peut passer. On reste détendus et souriants, si jamais on perd la face, on a perdu. On regarde les douaniers travailler le nez collé aux vitres, on plaisante, et je sors même mon téléphone pour jouer à Pokémon (avec le son, sinon ce n’est pas drôle). Une vieille dame vietnamienne, sans aucun doute dans le coup, vient nous voir ; et nous explique en français qu’il faut payer car nous sommes dans un créneau entre 11h30 et 13h30, et qu’il y a donc un surplus. Elle est là depuis le début, et fait partie de la magouille : c’est le « good cop » qui t’explique gentiment ce qu’il faut faire. Je lui réponds que nous n’avons pas d’argent, et que de toutes façons nous ne sommes pas pressés. Derrière nous, la file s’allonge.

On reste devant le comptoir, toujours avec la même attitude détendue. En réalité, je le suis vraiment, car je sais que les douaniers ne tiendront pas indéfiniment, d’autant plus que la queue est maintenant imposante. La vieille dame revient, et nous demande avec quelle compagnie on voyage. On lui répond que nous n’avons aucun bus qui nous attend, et que nous avons le temps. Elle repart, et glisse quelques mots aux douaniers au passage. Si on lui avait avoué avoir un bus, ils auraient joué là-dessus pour nous forcer à payer.

La suisse derrière moi (celle qui voulait payer) me demande ce que je fais, et je lui réponds donc le plus naturellement du monde : « ben, je joue à Pokémon ! ». Elle aimerait bien passer, mais on lui fait comprendre que de toutes manières, nous sommes dans le même bus et ils devront nous attendre. Cela risque de prendre plus de temps si elle décide maintenant de payer le pot-de-vin.

Elle se ravise et reprend sa place, et nous attendons toujours. Finalement, le douanier daigne lever les yeux de son écran et attrape nos passeports, qu’il tamponne un à un. On ne dit rien, mais on échange des regards triomphants : on l’a fait ! Du coup, tous les passeports qui s’étaient entassés subissent le même sort : tamponnés sans dollar demandé, ceux d’après peuvent nous remercier ! En tout, ce petit jeu aura duré une vingtaine de minutes.

On embarque nos sacs, on passe le no man’s land, puis on arrive du côté cambodgien. Ceux qui n’ont pas leur visa doivent le faire ici, et les douaniers sont sans appel : c’est 35$. De notre côté, comme nous sommes en règle, nous passons très rapidement et rien ne nous est demandé. La famille de français fait semblant de n’avoir que 7$ au lieu des 15$ supplémentaires demandés. Le douanier les prend, faute de mieux, et les laisse passer aussi. Les suisses, de leur côté, paient le supplément sans broncher.

Alors que l’on attend les français, le chauffeur de bus vient nous chercher, et nous rassure en nous disant qu’il attendra tout le monde. Il est très gentil, et cela me conforte dans notre choix de n’avoir pas cédé pour gagner du temps. Finalement, on sort enfin des postes-frontières : NOUS SOMMES AU CAMBODGE ! On l’a fait, on est passés sans alimenter la corruption, on est très fiers de nous.

Tout le monde rejoint le bus, et c’est parti direction Kep ! En une heure, nous sommes sur place. Notre gentil chauffeur nous dépose directement devant notre guesthouse, où nous retrouvons Kim Et Lucas, avec qui nous avons partagé notre aventure sur la grande muraille de Chine ! Pierre et Charlotte, d’autres français en tour du monde, nous rejoignent et nous passons la soirée à discuter, jusque tard dans la nuit.

6 Décembre 2019 : L’île aux Lapins de Kep

Il est 7h lorsque le réveil sonne. Hmm, cela fait deux nuits que nous ne dormons que peu, on est vraiment crevés ! On file prendre notre petit-déjeuner, puis un minibus vient nous récupérer. Aujourd’hui, nous allons sur Rabbit Island, à quelques kilomètres de Kep. Il n’y a aucun lapin sur l’île, mais elle prend son nom de sa forme, qui ressemblerait à un lapin. Quoi qu’il en soit, le panorama semble idyllique, cela suffit à nous décider pour aller y tremper nos pieds !

Dans le minibus, il n’y a que des français : Kep, haut lieu de détente lors des temps colonialistes (renommée Kep sur Mer !) ; est très courue par les français. On embarque sur un bateau tout en bois, et arrivons rapidement sur l’île. Ici, tout est si authentique qu’il n’y a même pas de débarcadère, on saute directement dans l’eau pour rejoindre la plage !

La plage sur laquelle on débarque est bordée de hamacs, transats en bois et petites habitations. C’est à destination des touristes, mais tout est bien intégré et il n’y a pas de construction en dur : cela reste à taille humaine. De la même manière, l’électricité est coupée sur l’île de 22h à 7h du matin : pas d’eau courante, pas de WiFi, pas de lumière ! Il est possible de dormir sur l’île, mais cela ne nous faisait pas envie.

Kep

On ne s’attarde pas sur cette plage pour aller découvrir les coins les plus sauvages de l’île. Quelques kilomètres plus loin, une grande plage où sont amarrés quelques bateaux de pêcheurs nous fait de l’œil. Cerise sur le gâteau, nous sommes les seuls voyageurs pour le moment à cet endroit ! On s’installe, et on s’applique à faire ce que l’on sait le mieux : profiter. On lit, on se repose, on se baigne… on fait aussi un peu la sieste, car mine de rien, tout ça, ça crève 😉

En fin de journée, le bateau nous ramène sur la terre ferme, non sans nous tremper au passage : personne n’a plus un brin de sec tant la mer est déchainée ! On retrouve Charlotte et Pierre pour la soirée, et on passe un excellent moment ensemble (jusqu’à presque minuit !) à papoter. Nous n’avons rencontré que peu de voyageurs au Vietnam, et cela nous fait du bien de pouvoir échanger en français avec d’autres Tourdumondistes. Après avoir rattrapé le retard dans la tenue de nos articles, on file se coucher.

7 Décembre 2019 : Le parc national de Kep

Aucun réveil ne nous tire du lit ce matin : les mois précédents nous ont appris à ne pas trop tirer sur la corde, sinon on finit rapidement sur les rotules. On file prendre notre petit-déjeuner, puis nous décidons de partir randonner dans le parc national, qui réserve de jolies vues sur la baie de Kep. Sur le chemin, on croise Charlotte et Pierre, qui repartent bredouilles. Ils n’ont pas trouvé le chemin pour grimper, et nous demandent s’ils peuvent venir avec nous pour retenter leur chance. Évidemment, on accepte, c’est toujours un plaisir de partager des moments avec des « copains de voyage » !

Rapidement, le chemin devient très tropical, et il faut faire attention où nous mettons les pieds : il y a des insectes de partout, la végétation est luxuriante et cela rend le tout difficilement praticable. Heureusement, les lianes et arbres nous aident à progresser, on s’accroche à eux pour s’aider dans les montées. Enfin, nous arrivons au sentier principal.

A partir de ce moment, la randonnée est assez facile et ombragée, avec quelques points de vue, c’est agréable. On décide de s’enfoncer un peu plus dans le parc, et l’aventure commence. D’emblée, un petit chemin (qu’il faut deviner) grimpe très fort, et est peu praticable, à tel point que cela ressemble davantage à un ruisseau asséché. C’est difficile, mais comme on est tous les quatre c’est amusant et on s’encourage. On croise un très gros lézard peu farouche, on s’aide des lianes pour escalader, c’est un peu galère mais vraiment sympa à plusieurs.

Arrivés en haut, le chemin disparaît complètement et Pierre prend le lead pour nous ramener en terre connue. On passe par des endroits improbables, on doit passer sous des arbres tombés au sol, pousser les fourrés, faire attention où l’on pose les mains car de nombreux troncs sont recouverts d’énormes épines. Il n’y a pas du tout de chemin, et c’est sportif ! Heureusement, on plaisante beaucoup et c’est un super moment.

Tomber sur d’autres voyageurs par hasard, partager quelques instants ou plusieurs journées ensemble sont toujours des moments que l’on apprécie beaucoup : très vite, on noue des liens, et on reste ensuite en contact pour se recroiser dans un futur plus ou moins proche… Nous ne sommes pas très tristes de se quitter, car on sait que d’une façon ou d’une autre nos chemins se recroiseront.

Finalement, on retombe enfin sur nos pattes (merci Jean-Michel guide 😉 ) et on retrouve le chemin : ouf ! Mon pied encore cassé me fait souffrir, mais heureusement le chemin est de nouveau plat et praticable. On fait des détours pas possibles, on se perd et se re-perd, ce qui est un peu embêtants car nos copains ont un bus en début d’après-midi, mais tout le monde garde le sourire. Après des détours infernaux, nous voilà finalement au tant attendu point de vue !

Parc national de Kep

Effectivement, la vue est très jolie à cet endroit : on voit le cap de Kep, une petite montagne, et la mer aux multiples nuances qui s’étale à l’infini. C’est beau… Pierre et Charlotte doivent repartir pour attraper leur bus, et nous restons un bon moment à contempler le panorama. Après tout, on en a chi* pour être ici, autant en profiter !

Au bout d’une heure, nous redescendons. Cette fois-ci, nous restons sur le chemin, mais la pente descendante rend la randonnée un peu difficile (surtout avec un pied cassé !), alors nous allons doucement. Décidément, on se rend compte que je ne suis pas du tout guérie et qu’il va falloir oublier ce type d’activité un moment si je veux reprendre du poil de la bête. Au bout d’un long moment, nous arrivons enfin au pied du parc national, sur la route : hourra ! Il est déjà 15h.

On se dirige vers le marché aux crabes, endroit phare de la ville de Kep. Kep est connue pour son poivre vert et ses crabes bleus, et son marché est l’endroit qui réunit tout cela. Pour nous, c’est un bon moyen de casse-croûter après les efforts fournis ! Au premier abord, le marché est assez petit, et peu animé. Bon, l’heure tardive n’aide sans doute pas, mais nous sommes un peu déçus. De nombreux poissons, crabes, calamars et fruits de mer cuisent sur les barbecues, l’air est brûlant mais tout est appétissant.

On demande le prix pour deux calamars de taille moyenne à une vendeuse, qui nous répond : « 2500 riels », soit 60 cts environ. Il faut savoir qu’au Cambodge la monnaie utilisée est le dollar, et qu’1 $ = 4000 riels. Si le prix demandé est de moins d’1 $, on paye en dollars et on nous rend la monnaie en riels : c’est une sacrée gymnastique du cerveau ! On demande ensuite le prix d’un énorme calamar, et elle demande le prix de loin au propriétaire du stand, qui, nous voyant, répond 15 $. Non mais tu rigoles j’espère ? 15 $, c’est plus cher qu’une nuitée ici ! Il applique décidément le prix touriste. On se décide pour les deux calamars de taille moyenne, mais le vendeur rapplique entre temps et réclame… 2,50 $ par calamar, au lieu de 60 cts les deux. La dame nous regarde d’un air désolé, et de notre côté on tourne les talons, tout simplement. Prix touriste, oui, mais là, c’est juste abusé.

On commence à avoir vraiment vraiment très faim, et on se traîne tout dépités le long du marché. Puisque c’est comme ça, on ne mangera pas de brochette. On décide d’aller manger dans un restaurant, quitte à se faire allumer sur les prix, autant que ce soit pour quelque chose de valable.

Ici aussi, les prix sont gonflés. Kep est connue pour être une ville chère, et on peut le confirmer ! On finit par trouver un restaurant qui abuse moins que les autres, et je choisis une assiette de crabes bleus au poivre vert, et Cyril prend une assiette de riz au poulet, le tout arrosé d’Ice coffee. Cyril se retrouve avec du poisson à la place du poulet (mais c’est bon quand même), et mon assiette arrive. Il y a au moins 6 gros crabes dedans, c’est énorme ! C’est aussi délicieux, les spécialités n’ont pas volé leur réputation. Évidemment, il faut démanteler les crabes, et cela prend un temps infini ! Pour finir mon assiette, je mets plus d’une heure et demie. Au moins, je savoure !

Après cela, il est presque 17h, et on décide de rentrer, d’autant plus que j’ai mal au pied. On fait un peu de lessive, puis on s’installe sur la superbe terrasse de notre homestay. On adore cet endroit, l’ambiance y est détendue et c’est joli. En plus, le propriétaire a ouvert une école solidaire et tient une boutique commerce équitable qui fait travailler les femmes de la région. J’achète un joli bracelet, souvenir du Cambodge et façon de soutenir l’initiative. Pour chacun de mes bracelets, j’essaie de faire le choix d’une société équitable et qui produit des bijoux faits à la main. C’est tout de même plus sympa qu’une réplique venant de Chine !

On passe la soirée sur la terrasse, histoire d’en profiter un maximum !

8 Décembre 2019 : Le poivre de Kampot

Ce matin, on ne traîne pas : on a décidé de louer un scooter pour partir à la découverte des environs de Kep. On enfourche notre petite moto, et on s’élance sur les routes Khmères. D’emblée, on remarque que le pays est beaucoup plus pauvre que le Vietnam. Les maisons sont plus simples, les campagnes défrichées, et la route est en très mauvais état : il y a des nids de poules partout, il faut être vigilant à chaque instant.

On s’arrête mettre un peu d’essence, et on voit au loin des policiers qui tentent d’arrêter les véhicules. Ils ont beau siffler tant qu’ils peuvent, personne ne s’arrête. Mouais, ça sent l’embrouille cette histoire ! On demande confirmation au pompiste, qui valide : il ne faut pas s’arrêter.

On remonte sur le scooter, je cache mes cheveux blonds sous le casque et reste bien collée à Cyril, en espérant que l’on passe à travers. Ouf, ils n’essaient pas de nous arrêter, et on repart de plus belle ! Enfin, de plus belle… C’est tout relatif ! Notre moyenne est de 30 kms/heure tant la route est dangereuse. On scrute les nids de poules, les graviers et le sable sur les routes. Le vent souffle fort, et pour couronner le tout, les semi-remorques nous dépassent et nous balancent de la poussière dans la figure, ce n’est pas très agréable ! Heureusement, on a nos lunettes de soleil qui nous protègent les yeux.

Au bout d’un moment, nous quittons la route d’asphalte pour rejoindre une piste de terre. L’état de celle-ci est pire encore que celle de la route, et lorsque nous arrivons à la plantation de poivre, nous ne sommes pas mécontents. C’est sportif ! Nous sommes accueillis par le personnel, qui nous explique que le guide parlant français arrive bientôt pour nous faire une visite de la plantation. Petit bonus : la visite est gratuite !

La région de Kampot et Kep est connue pour sa production de poivres d’exception, bios et protégés par des AOP. J’ai eu l’occasion de goûter aux crabes au poivre la veille, mais nous avons souhaité en apprendre un peu plus ! Rapidement, nous sommes rejoints par d’autres français et notre guide. Il commence par nous raconter l’histoire du poivre, les différences de couleur qui sont en fait liées à la maturité du grain, leurs méthodes de production. Il nous fait ensuite goûter le fruit de leur production, et cela donne envie ! On sait que l’on ne peut pas ramener de souvenir avec nous, mais le poivre vert légèrement salé est excellent. En plus, notre guide nous donne des exemples : fromage au poivre, raclette au poivre, charcuterie au poivre… C’est une torture auditive !

Campagne Khmère

Ensuite, notre guide nous emmène dans la plantation à proprement parler, où il nous montre à quoi ressemblent les plants et nous donne les ficelles de l’exploitation. On apprend beaucoup de choses, et la ferme fait de son mieux pour respecter l’environnement et embaucher des fermiers locaux. Pour finir, nous passons vers l’atelier de séchage, triage et de contrôle qualité. Ici, on apprend que les grains sont triés à la main par les femmes du village : quel travail titanesque !

La visite se termine dans la boutique (of course), mais il n’y a pas de vendeur, donc on ne se sent pas forcé et c’est agréable. De notre côté, on reprend le scooter pour aller voir les grottes de la région, assez réputées.

Nous ne sommes pas des plus heureux d’être de nouveau sur la route, mais pas le choix ! Après environ vingt minutes de route, nous arrivons aux premières grottes. Des français présents lors de la visite sont également là. Au début, nous ne regardons pas au bon endroit, puis nous finissons par trouver la bonne entrée. On entre dans la grotte, qui s’avère très profonde. De nombreux autels aux divinités sont présents à l’intérieur, et je suis contente d’avoir un pantalon et les épaules couvertes, sans quoi je n’aurais pas eu le droit d’entrer.

On traverse la grotte, et on a la surprise d’émerger sur une « place » entourée de nombreuses autres grottes. Nous sommes dans un grand « puit » naturel, où se trouvent de nombreux arbres et un temple. C’est grandiose, impressionnant et inattendu. Un monsieur nous montre gentiment la route à suivre, et me demande également de regarder en hauteur, sur les parois des grottes. Je ne suis pas déçue : il y a un singe, juste là ! J’appelle vite Cyril, et on reste tous deux bouches-bées : c’est notre premier singe !

Le singe mange des feuilles, prend la pose, et se déplace à une vitesse ahurissante sur les parois. Il est en hauteur, mais dès que l’on s’approche de la grotte, il a une attitude offensive. Wahou, nous sommes sur son territoire et il sait nous le faire comprendre ! On ne le provoque pas, car on sait que les singes sont facilement agressifs et nous ne voulons pas risquer de nous faire mordre. En y regardant de plus près, on se rend compte qu’il y a plein d’autres singes ! Ils font vraiment patriarches, et on les observe de loin. Leur rapidité nous dissuade de tenter quoi que ce soit.

Ensuite, nous rentrons dans les différentes grottes, qui se rejoignent toutes. L’endroit est beau et encore peu connu, cela vaut le coup selon nous. On reprend notre scooter pour parcourir quelques kilomètres qui nous séparent d’une nouvelle grotte, où il serait possible de se baigner. Je suis toujours cramponnée à Cyril, et ma nuque me fait mal à causes des nombreux trous sur la route.

Nous arrivons après de nombreuses bosses au bon endroit. On est très surpris de ne pas devoir payer pour d’éventuels parkings, et cela fait du bien par rapport au Vietnam ! Ici, personne n’estime que la route lui appartienne et qu’il faut payer pour laisser son scooter, cool. Après quelques pas, nous arrivons à l’endroit tant attendu.

Whaaaaa… c’est idyllique ! Dans une grotte, il y a un très grand trou d’eau où quelques personnes se baignent. L’eau est turquoise, se reflète sur les parois, c’est beau ! Après vérification, l’eau n’est pas si froide que ça. En plus, ici, il fait frais ! Cyril décide de se baigner, moi non : je n’ai pas assez chaud pour cela. L’eau est douce, il passe un bon moment, et nous apprécions d’autant plus qu’il n’y a presque personne.

Quelques voyageurs nous rejoignent ensuite, et on en profite pour échanger : ici, il n’y a que des français, c’est assez incroyable. On reste un bon moment, puis nous repartons pour rentrer. On opte pour un itinéraire qui nous fait longer la mer. A ce moment-là, on passe par des sentiers impossibles à imaginer. On roule à quelques kilomètres/heure, ça secoue et il faut être extrêmement vigilant.

Nous sommes dans la campagne de Kep, où les locaux n’ont pas l’habitude de voir du passage. Les enfants nous crient « hello » au passage, nous sourient et nous font coucou. Le paysage change peu à peu, pour devenir désertique. Tout à coup, on comprend ! Nous sommes arrivés dans les marais salants !

Le panorama est magnifique (en même temps, il se mérite). Tout autour de nous, il y a des marais salants, certains vides, certains pleins où le ciel se reflète dans l’eau. C’est magnifique, et nous sommes heureux d’être ici par hasard. Après encore quelques efforts, nous arrivons sur la piste qui longe la mer. D’un côté, nous avons la mer, de l’autre, les marais salants. C’est incroyable, et la piste ici est un peu meilleure, ce qui nous permet d’apprécier pleinement le moment.

Finalement, nous arrivons à l’auberge, où nous nous effondrons. Nous sommes crevés ! Nous avons parcouru presque 100kms, sur des pistes défoncées et couvertes de poussières. Nous sommes bien sales. On rencontre une française en voyage, et on découvre que nous prenons le même bus pour Kampot ce soir. On fait connaissance, et le courant passe bien. Dans le bus, on lui propose de dîner avec nous : elle a une correspondance peu après 23h, et cela lui évitera d’attendre seule son bus.

La soirée se passe très bien, on se régale et on échange beaucoup. Au passage, nous sommes confrontés pour la première fois au tourisme sexuel dans toute sa puissance. Ici, de nombreux hommes d’une soixantaine d’années s’affichent au bras de toutes jeunes filles. C’est répugnant… D’ailleurs, on ne croise presque que des hommes seuls ici. Ça me dégoute, me révulse, m’énerve. Ils savent sans aucun doute l’âge de ces adolescentes…

On décide de rentrer se reposer, on l’a bien mérité !

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