Krasnoyarsk, au cœur de la Sibérie

Ville de Krasnoyarsk

30 août – Arrivée à Krasnoyarsk, ville industrielle voisine de la réserve Stolby

Il est 10h20 lorsque nous arrivons à Krasnoyarsk, au cœur de la Sibérie. Pour la première fois, le train a du retard, et tout le monde est surpris. Ici, il fait un temps magnifique, et presque 27 degrés : on a gagné 20°C entre Ekaterimbourg et Krasnoyarsk, on est trop contents !

Notre mission de la matinée, qui s’avère être bien plus compliquée que prévu, c’est trouver une wifi pour commander un Yandex Taxi direction l’appartement de nos hôtes, situé à plus de 4kms de la gare. On passe d’abord dans un supermarché pour acheter de quoi faire notre fameuse ratatouille, puis c’est bien chargés qu’on entreprend notre quête.

Après plus d’un kilomètre, on tombe sur un café, malheureusement nous n’arrivons pas à nous connecter à leur wifi, et on commence à désespérer. Finalement, le serveur nous partage sa connexion, et on arrive -enfin- à commander notre Yandex.

C’est finalement à 12h30 (oui, on s’est aussi un peu perdus entre les immeubles), qu’on arrivera chez nos hôtes. Nos hôtes, ce sont Alena et Roman, parents du petit Lev, bientôt 3 ans. Alena nous accueille, car Roman travaille. Elle est très chaleureuse, et on se sent bien chez eux.

Après un petit repas et une bonne douche, on file direction le centre-ville, où nous nous promènerons tous les deux avant de retrouver nos hôtes plus tard. Ici, l’air est pollué, on sent comme un goût dans nos bouches, et l’atmosphère n’est pas très claire. Alena nous confirmera plus tard qu’il y a effectivement de gros problèmes de pollution à Krasnoyarsk, mais qu’aujourd’hui, ça va (!).

Promenade dans la ville de Krasnoyarsk

La ville est agréable, avec des espaces nouveaux et pensés pour la détente. On fait de la balançoire, on se repose sur les bancs, on admire la vue sur la rivière qui longe la ville. On passe un bon moment, cela fait du bien de flâner !

Vers 19h30, on retrouve Alena et Roman, qui souhaitent nous faire découvrir un bel endroit : l’ancienne tour de guet. La nuit est tombée, et la vue est à couper le souffle. Krasnoyarsk se dévoile sous nos yeux, et avec les lumières des phares et des bâtiments, c’est encore plus joli !

Fleuve de Krasnoyarsk

Après avoir bien profité de cette superbe vue, on rentre à l’appartement. On échange avec nos hôtes, qui n’apprennent l’anglais que depuis un an, mais qui parlent pourtant très bien. En Russie, toutes les conversations, ou presque, se déroulent autour d’une tasse de thé. On ne traîne pas à aller se coucher, on a besoin de repos.

31 août – La réserve Stolby, joyau de la Sibérie

Ce matin, le réveil nous tire difficilement du lit. On se lève tôt pour aller voir ce pour quoi on est venus à Krasnoyarsk : la réserve Stolby. La réserve Stolby est une réserve naturelle de plus de 47 000 hectares, où sont situés des pics rocheux uniques au monde. Certains de ces pics sont très hauts, jusqu’à 87 mètres de hauteur ! En faisant un peu d’escalade, on peut monter sur certains d’entre eux et avoir une vue d’ensemble sur la Taïga. On est là pour ça !

Une communauté de grimpeurs, appelés Stolbistes, grimpe sur ces rochers, avec la particularité de n’utiliser aucun matériel d’escalade : ni corde, ni mousquetons… assez dangereux, et impressionnant à la fois !

Réserve Stolby

Pour rejoindre la réserve, on utilise un Yandex, car pour seulement 3€, le taxi nous emmène en 12 minutes, au lieu de plus d’une heure en bus ! Surprise, à 9h30 du matin, notre chauffeur est accompagné d’une bouteille de vin déjà à moitié entamée, et il boit une ou deux goulées pendant le trajet. On n’est qu’à moitié rassurés, mais on arrive sains et saufs.

Une fois sur place, nous devons maintenant marcher 7 kms avant de rejoindre le premier rocher. Nous commençons l’ascension en pente douce de la réserve, au cœur de la forêt sibérienne. La nature est magnifique ici, et de très nombreux Tamias de Sibérie accompagnent notre randonnée. Ce sont de minuscules écureuils, peu farouches, qui vivent dans la réserve. Ils sont adorables, on a très envie d’en ramener un chez nous !

Après un peu plus d’1/2h de marche, la pluie s’abat sur nous, et ne fait pas semblant. On s’abrite sous un arbre, mais même comme cela, on est trempés en moins de 5 minutes. On n’a plus un brin de sec, et on se félicite de n’avoir pas emmené nos passeports avec nous. La pluie dure une bonne demi-heure, puis se calme. On continue notre route, bien décidés à voir de nos propres yeux les merveilles que nous réserve Stolby.

Point de vue du 4e Pilier

Finalement, vers midi, on atteint le point de départ des randonnées. On a le choix entre cinq chemins, de longueurs différentes, et qui nous permettent de voir des rochers différents. Chaque rocher à sa particularité, mais on vise ceux sur lesquels on peut grimper pour observer la réserve vue du ciel.

On se restaure avec un petit pic-nic (le fromage d’ici est toujours aussi dégueu), puis on choisit la randonnée bleue, celle de 13 kms, nous permettant de voir les meilleurs rochers. Après quelques minutes de marche, on croise une dame, enseignante d’anglais, qui est très surprise de voir des français ici. On discute avec elle, et elle nous prend en photo, pour montrer à ses élèves qu’il est important de travailler les langues étrangères, car on peut croiser des voyageurs partout !

On arrive rapidement vers le premier rocher, l’Eléphant, où de nombreux jeunes s’amusent à essayer de grimper dessus en prenant de l’élan. Le rocher est énorme, mais ne permet pas d’avoir une vue sur la Taïga, alors on passe notre chemin.

La randonnée dans la réserve est très agréable, c’est beau, reposant, et les Tamias égayent notre route. De temps en temps, on tape dans nos mains et on crie pour effrayer les ours qui pourraient rôder.

Après un bon moment, on arrive au Quatrième Pilier (c’est son nom). Ce rocher est l’un des plus hauts sur lesquels on peut monter : il culmine à 40 mètres de hauteur. On commence la grimpette, et ce n’est pas facile, voire parfois dangereux. Avec la pluie, le rocher est glissant, et on est bien contents d’arriver en haut.

Lorsque l’on pose le pied au sommet du rocher, on est émus. La vue est imprenable d’ici, c’est à couper le souffle. Sous nos yeux, la forêt de Sibérie se déroule, et on a rarement vu un spectacle aussi beau et unique. On se dit qu’on doit être les rares français à avoir vu cela. De notre position, on voit les autres rochers de la réserve, et les mots nous manquent. On passe un grand moment à contempler la vue, on ne veut pas en louper une seule miette.

Quelques temps après, on cherche un accès pas trop dangereux pour redescendre, quand un homme d’une cinquantaine d’années, un Stolbiste, nous propose de monter encore plus haut sur le rocher. Au début, on refuse, car on ne veut pas se blesser, puis on décide finalement de le suivre.

L’escalade est difficile, et sans notre guide du jour, on ne serait pas arrivés en haut, car il fallait des points d’appuis très précis. Une fois en haut, quelle récompense ! C’est sublime, et si c’est possible, la vue est encore plus belle d’ici. On a une chance incroyable de voir cela, et si vous lisez ces lignes, on vous le recommande vraiment !

En haut, on rencontre deux jeunes russes, avec qui on sympathise. Avec notre guide, ils nous proposent d’aller au Premier Pilier, et de l’escalader ensemble. On accepte ! Sur le chemin, deux autres personnes nous rejoignent.

Réserve Stolby

Il est déjà 15h lorsque nous arrivons au rocher. Je suis fatiguée, et en voyant la hauteur de celui-ci (87 mètres tout de même), je décide de ne pas tenter l’ascension. Cyril, lui, est partant. Je reste avec un acolyte en bas, et on garde les sacs à dos. Une vingtaine de minutes après le départ de Cyril, la pluie s’abat à nouveau. Encore une fois, des torrents d’eau se déversent sur nous, et la grêle s’invite à la fête. Je me réfugie sous le parapluie de notre nouvel ami, et je suis inquiète pour Cyril. L’ascension est réputée difficile, alors je n’ose imaginer l’état du rocher avec la pluie.

Le temps passe, les minutes s’égrènent. Plus d’une heure après le départ du groupe, on commence à s’inquiéter. La majorité des personnes qui étaient montées sont maintenant redescendues. A 16h30, le groupe réapparaît, et on est tous fous de joie de se retrouver, car tout le monde a eu très peur : câlin collectif au programme !

Le couple que nous avons rencontré en haut du Premier Pilier nous propose une nouvelle ascension, mais il commence à se faire tard, et nous avons 7 kms de marche pour retrouver la civilisation, alors on refuse. On repart donc avec notre guide, et les deux amis russes qui nous ont rejoint en cours de route. Sur le chemin, ils nous proposent de nous ramener à notre appartement : bien évidemment, on accepte, hyper contents d’éviter une heure de bus. On s’arrête un moment dans une petite chapelle de la réserve, où l’on allume une bougie chacun.

Vers 18h30, on arrive enfin à la voiture. On dit au-revoir à notre guide, et on s’écroule dans la voiture. Nos amis nous proposent d’aller boire un verre, mais on a promis à nos hôtes de leur préparer une ratatouille ce soir, alors on refuse. On prend leur numéro, car ils nous ont proposé d’aller se promener ensemble le lendemain.

Peu avant 19h, ils nous déposent à l’appartement. On les remercie mille fois de leur gentillesse, et on les quitte. On est trempés, sales, et on a l’immense surprise de voir que la soupe est prête. Encore une fois, on est trop contents, car épuisés. On joue à un jeu de cartes avec Alena et Roman, on se douche, on met nos affaires à laver, puis on va se coucher.

1 septembre – Nouvelle journée, nouveaux au-revoirs

On ouvre les yeux, il est déjà 10h30. On se lève rapidement, et nos corps nous rappellent à l’ordre. Chacun de nos muscles hurle, nous laissant un beau souvenir de Stolby : après 22 kms de marche et une session d’escalade, on n’en peut plus.

On salue Alena et Roman, qui nous ont préparé un super petit-déjeuner de champions : des pancakes, accompagnés de thé, bien sûr. On se régale, puis on attaque la préparation de la ratatouille.

Vers 13h, enfin, notre ratatouille est terminée, et on mange. Ce n’est pas aussi bon que la dernière fois, mais nos hôtes sont tout de même contents. On décolle pour un joli point de vue sur la réserve et la ville de Krasnoyarsk.

C’est effectivement très beau, et on prend une photo souvenir avec notre famille d’accueil, avant de rentrer à la maison. Alena et Roman nous offrent un billet de 10 roubles signé, qui représente la ville de Krasnoyarsk. De notre côté, on leur offre une carte de Lyon avec un petit mot.

Vue sur Krasnoyarsk

L’après-midi, on range nos affaires, on se repose, puis on dit au-revoir à Alena. Roman nous conduit jusqu’à la gare : on les remercie pour leur accueil chaleureux, on a passé un excellent week-end en leur compagnie. On achète de quoi manger pour les 19 heures de train à venir, puis on monte dans le train, direction Irkoutsk et le lac Baïkal !

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