A la découverte du lac Baïkal, plus grande réserve d’eau douce liquide au monde

Lac Baïkal

03 septembre 2019 : à la découverte du lac Baïkal !

Ce matin, le réveil nous tire du lit à 8h. On a du mal à se lever, mais on se dépêche car à 10h on doit prendre un minibus direction le lac Baïkal, et plus précisément Khoujir, village situé sur l’île d’Olkhon. Le trajet entre Irkoutsk, ville où nous sommes, et Khoujir, dure 6h.

A 9h, on tente de commander un Yandex Taxi jusqu’à la gare routière, mais aucun chauffeur n’accepte notre course. Ce n’est pas aussi facile qu’à Krasnoyarsk ! On retente notre chance, et à 9h15, une voiture finit par arriver. La gare routière n’est qu’à 3,8 kms de notre appartement, on pense donc être larges. C’était sans compter les bouchons, qui rendent toute progression quasiment impossible.

En vingt minutes, nous ne parcourons que 500 mètres, et la route devant nous est complètement bloquée. On perd espoir, et on voit sur le visage de notre chauffeur que c’est peine perdue. On décide de rester tout de même dans la voiture, au cas où. Il est 9h45 lorsque l’on sort des bouchons. Le chauffeur passe en mode fast and furious, il donne tout ce qu’il a pour que l’on arrive à temps. On s’agrippe aux sièges, on est tendus, déchirés entre la déception de ne pas pouvoir aller voir le lac Baïkal et l’espoir d’arriver au minibus à temps.

Finalement, à 9h57, notre taxi nous dépose. Cyril s’occupe des sacs pendant que je cours vers la gare routière. Là, je demande en panique où est le minibus pour Olkhon. Impassible, la guichetière me demande « Tickets ? ». Je comprends qu’il faut d’abord acheter un ticket, alors que les informations données par la guesthouse à Khoujir étaient différentes. Au guichet, toujours aussi paniquée, je demande deux tickets, et la dame me répond que le bus ne part qu’à 14h.

A ce moment, Cyril me rejoint, et je comprends qu’on fait fausse route, on n’est pas au bon endroit ! Toutes ces informations contradictoires le sont justement un peu trop. Désespérée, je sors en fulminant, à la recherche du tant espéré minibus. De l’autre côté de la route, je finis par l’apercevoir, avec une pancarte « Olkhon – Khoujir ».

Cette fois, c’est la bonne, je traverse la route en vitesse, cours vers le chauffeur, et demande s’il va bien sur Olkhon. Il me répond que oui, je lui tends les 2000 roubles demandés, et on s’engouffre dans notre carrosse. Il ne restait que deux places, on se sent chanceux comme jamais d’avoir réussi à attraper le bus, et qu’il reste de la place.

Le bus est en route, et on n’en revient toujours pas d’être dedans. Ça s’est vraiment joué à quelques minutes ! On se détend peu à peu, et on a la chance d’avoir les meilleures places : les deux sièges de devant, à côté du conducteur. On observe le paysage, on dort un peu, on plaisante.

Vers 13h, je me réveille, et le paysage a complètement changé : on a l’impression d’être en Mongolie ! Il y a des steppes à perte de vue, des chevaux et vaches de partout, en liberté, qui traversent même parfois la route. Les montagnes nous entourent, c’est magnifique. Voilà donc ce à quoi ressemblait le monde avant ! Encore une fois, on est frappés par la place qu’il y a ici, en Russie.

Après un peu de route, on voit enfin le lac Baïkal. On est en haut d’un sommet, et d’ici, on a l’impression d’être face à la mer. Le lac Baïkal est le plus profond (1642 mètres) au monde, et abrite la plus grande réserve d’eau douce liquide sur Terre (il contient 20% d’eau douce non gelée). Il fait 3,15 millions d’hectares, et 636 kms de longueur. Pour vous donner un point de repère, la France mesure 1000 kms au maximum, d’est en ouest et du nord au sud.

C’est vraiment très beau, et les montagnes en fond ne font que rajouter encore à la beauté du paysage. Finalement, au bout de 4h30 de trajet, on arrive littéralement à la fin de la route : en face de nous, un minuscule port avec un ferry unique emmène les minibus sur l’île d’Olkhon. On monte sur le bateau, et nous partons pour 20 minutes de traversée environ.

De l’autre côté, tout est sauvage. Ici, pas de goudron, il n’y a qu’une piste de terre, unique, pour nous faire traverser l’île. On se croirait au bout du monde : à perte de vue, il n’y a que de l’eau, et des steppes. La piste est en assez mauvais état, et le conducteur, même en roulant doucement, nous secoue dans tous les sens. C’est assez amusant, et nous n’en avons « que » pour une heure.

Après avoir bien roulé, le village de Khoujir se dessine devant nous. On a l’impression d’être dans les années 1900, toutes les maisonnettes sont en bois, il n’y a toujours aucune route goudronnée, et les animaux sont en liberté totale : vaches, chiens, chats… Les visages ont encore une fois changé : les personnes ont les traits des nomades Mongoles, on ne voit que peu de caucasiens.

Khoujir, sur le lac Baïkal

On est un peu inquiets, car on ne sait pas où est exactement notre guesthouse, et on a peur d’être très excentrés car l’île a des proportions phénoménales : 71 kms de long, sur 12 kms de large, et nous n’avons que nos pieds pour nous déplacer.

Finalement, notre chauffeur nous dépose devant un ensemble de petites maisons : nous sommes les derniers dans le minibus. On attrape nos sacs, puis on pousse timidement le portail en bois. On n’est pas trop loin du centre-ville, alors on est soulagés. Une dame vient nous accueillir, et bien qu’elle ne parle pas anglais, on arrive à se comprendre. Elle nous montre notre chambre, située dans une maison nouvellement construite, sans doute spécialement pour les touristes. Il y a de l’eau, de l’électricité, et même internet, alors que ce n’était pas prévu ! Cerise sur le gâteau, on est les seuls dans la guesthouse, donc on n’a pas besoin de partager la douche et les toilettes.

On décide d’aller voir Nikita’s guesthouse, vers le centre-ville, pour réserver une excursion direction le cap Khoboi, au nord de l’île, réputé très beau. Elle nous explique que les excursions de demain sont complètes, mais qu’il y aura de la place pour jeudi, et qu’il faut revenir demain pour réserver, car ils ne prennent pas de réservation plus d’un jour à l’avance (?).

On repart bredouilles, mais surtout morts de faim : on n’a rien avalé depuis 8h30, ou presque, et on est au bord de l’inanition. Manque de chance, tous les restaurants indiqués sur notre carte sont inexistants, ou fermés, et on commence à fatiguer.

Du coup, on part voir l’une des plages de l’île, pour admirer le lac de près. On reste un peu, on observe les gens dans des petits banias (sortes de saunas) au bord de l’eau, qui sortent de la fournaise pour aller se baigner dans l’eau très froide (12°C) du lac. Le soleil sort enfin, et se reflète sur l’eau, c’est très beau.

On repart, affamés comme jamais, et les déceptions s’enchaînent. Finalement, on tombe sur un petit restaurant, où on galère à trouver un repas sans viande. On commande une soupe chacun, deux petites crêpes à la confiture, et une galette frite chacun : une au fromage et une à la viande.

Ma soupe arrive, et une moitié de poisson trempe dedans. Le poisson a une tête, des yeux, et même la peau. Je me force à avaler un peu de soupe, mais je suis rapidement dégoûtée à l’idée des yeux de poisson trempant dans ma soupe, et le goût n’est pas fou. Je m’attaque à la galette frite, mais elle m’écœure vite aussi. Cyril ne se régale pas non plus, et je lui confie que manger devient difficile pour moi. Je rêve d’un bon repas, bien nourrissant !

Les crêpes sont bonnes, et on commande une salade de choux et de carottes pour nous caler un peu. On repart moyennement satisfaits, et on fait une razzia dans la supérette du coin : chips, snickers, céréales pour le lendemain matin, gâteaux… On a besoin de manger !

On retourne dans notre guesthouse, où l’on admire la vue sur le lac, qu’on n’avait pas encore remarquée : de notre chambre, on voit l’eau pure de Baïkal, quelle chance ! On fait un brin de toilette, puis on s’effondre, fatigués de notre journée. Demain, on tente une randonnée !

04 Septembre : A l’assaut de Shaman’s rock, lieu sacré sur le Baïkal

Ce matin, on se réveille tranquillement, on déjeune, et on ne décolle pas avant 10h. La journée promet d’être calme et belle, un superbe soleil brille déjà à l’extérieur, et il n’y aucun nuage à l’horizon.

Aujourd’hui, nous avons prévu de réserver notre excursion pour le lendemain, direction le nord de l’île, puis d’aller voir le rocher des chamans, pic rocheux émergeant de l’eau, et point le plus sacré de l’île.

L’île d’Olkhon est un haut lieu chamanique, où de puissantes énergies seraient à l’œuvre. Ainsi, tous les ans en Juin, les chamans de nombreux pays se réunissent sur Olkhon, et jouent du tambour afin d’entrer en transe.

Dans les légendes locales, le rayonnement des esprits est si fort près du rocher qu’il est déconseillé aux femmes enceintes de s’en approcher … l’accouchement risquerait d’être prématuré ! L’île d’Olkhon serait également parcourue par de nombreux esprits en colère, venant du lac. On peut jeter des petits morceaux de pain pour les apaiser.

Shaman's rock

On arrive chez Nikita, où la même femme qu’hier nous accueille. Elle nous annonce que demain, il est bien possible de partir en excursion, et que le minibus passera nous prendre devant notre guesthouse vers 10h. Elle nous explique qu’il est également possible de manger dans le restaurant-cantine, pour la modique somme de 400 roubles chacun. On est soulagés, cela nous évitera la galère d’hier !

On ressort, refaits de pouvoir partir en excursion le lendemain, et on se dirige vers le rocher sacré. On l’atteint assez vite, et quelle beauté sous nos yeux ! Le lieu est magique, et les arbres à prières, supports des requêtes que les hommes font aux esprits en nouant un ruban aux poteaux, ajoutent encore au côté mystique du lieu.

La quiétude est saisissante, on est quasiment les seuls sur place, et le silence est total. Ici, il n’y a aucun bruit, seules les vagues nous bercent, et les rares cris des goélands. Le panorama est magnifique, on ne s’en lasse pas. On se rapproche du rocher, on va tremper les mains dans l’eau du lac, puis on s’allonge sur la petite plage de galets. Face à nous, les montagnes se découpent et se reflètent sur le Baïkal. C’est un moment hors du temps, et nous en profitons pleinement. Nous décidons de faire une offrande pour les esprits du lac, comme c’est la coutume, pour les apaiser : une pièce jetée devant les arbres à prières.

Lac Baïkal

Plus tard, on commence à avoir faim, alors on rentre à notre guesthouse pour nous préparer un bon plat de spaghettis à la tomate. Pour rentrer, on passe par une grosse colline, qui nous offre une très belle vue sur le village. Alors que les pâtes cuisent, on est littéralement comme des fous : on jubile à l’idée de manger un plat que l’on connaît, qui nous rassasiera. Avec le voyage, on redécouvre les joies toutes simples : un ciel bleu, un bon repas, le soleil qui réchauffe nos visages…

Une fois les pâtes avalées, on se met en route direction la grande plage du village, pour tenter une baignade dans le lac. L’eau du Baïkal n’est qu’à 12 degrés, mais elle aurait des propriétés magiques : si l’on trempe les mains, on gagne 1 an d’espérance de vie, si on trempe les pieds, 5 ; et si on s’y baigne tout entier, on gagnerait 10 à 20 années supplémentaires.

Sur la plage, on est encore une fois rien que tous les deux. On est pleins de gratitude d’être là, seuls au monde. On teste l’eau avec nos pieds, puis on s’y jette : il ne faut pas trop réfléchir ! C’est moins pire que ce que l’on pensait, mais on ne traîne pas trop non plus.

On passe le reste de l’après-midi sur la plage, à profiter de l’instant et du panorama en face de nous. On a l’impression d’être face à la mer, c’est reposant. Plus tard, un groupe arrive, et un chien les suit. On dirait un loup, mais Cyril l’appelle. Le chien, qui est en fait une chienne, est ravie, et se blottie contre nous, et entame une sieste. Sa fourrure est épaisse et douce, elle ressemble à s’y méprendre à une louve.

On la cajole, on la gratouille, on passe une bonne partie de l’après-midi à ses côtés. Quand il est l’heure de partir, elle nous accompagnera sur un bon morceau de chemin. Après une bonne douche, on décide d’aller manger chez Nikita, la guesthouse la plus réputée de l’île, celle qui a ouvert les portes du tourisme.

Sur place, quelle surprise, quels délices ! Tout le monde parle anglais, et c’est un buffet à volonté. Pour 5€ par personne, on mange autant que l’on veut, et tout est délicieux. On remplit nos assiettes de soupes, de féculents, de poissons du lac, de porc au caramel, de salades, de petits pains… On arrose le tout de compote, la boisson nationale : des fruits secs pressés dans de l’eau. C’est un bonheur inexplicable et incompréhensible pour nous français, ayant toujours accès à la nourriture, de pouvoir manger décemment après quelques jours à avoir faim.

Coucher de soleil

Rassasiés, on grimpe sur la colline proche du rocher des chamans pour bénéficier d’un beau point de vue pour le coucher de soleil. Malheureusement, un gros nuage nous cachera le spectacle, mais les lumières sont tout de même magiques, et on se console : on a encore 2 soirs pour voir le coucher de soleil. A cette heure de la journée, l’ambiance est détendue, la majorité des gens est sur la colline pour admirer le spectacle, jouant de la guitare ou discutant.

On prend quelques photos, on profite de la beauté de l’endroit, puis on rentre : la nuit tombe vite, et on a quelques kilomètres à parcourir pour rentrer à la guesthouse ! Demain, il faut être en forme, on a une excursion de prévue !

05 septembre : Excursion au cap Khoboi !

Ce matin, on se réveille vers 9 heures, on se prépare tranquillement, on déjeune, puis on sort attendre le minibus. Il doit passer nous chercher directement à la guesthouse, ce qui est bien pratique, car cela nous évite presque deux kilomètres de marche ! Après une petite frayeur, car le bus n’arrive qu’à 10h10, on saute dedans, direction le nord de l’île !

On est les derniers à monter, on prend les places qu’il reste : à l’arrière du minibus. Dans notre carrosse du jour se trouvent essentiellement des chinois, mais aussi un couple de jeunes suisses, partis en voyage pour 10 mois, et ayant un peu le même itinéraire que nous.

Assez vite, ça déménage ! Il n’y a pas de ceintures de sécurité, et les chemins sont vraiment défoncés, donc on saute dans tous les sens. Finalement, notre place est la bonne, car on peut s’accrocher aux sièges de devant, et on est dans le sens de la marche, ce qui nous évite d’être malades !

Excursion cap Khoboi

Après trente minutes de secousses, on arrive au premier point de vue : ici, on surplombe une partie du Baïkal, et la vue est très belle. Le soleil n’est pas de la partie, mais cela donne un aspect mystique aux reliefs du paysage. On est contents d’avoir fait le choix de partir en excursion, on voit des aspects du lac que l’on n’aurait pas pu voir autrement.

On remonte dans notre minibus de guerre, et le chemin défoncé reprend. Défoncé, ce n’est pas le mot… même avec un 4×4, à vue d’œil, c’est impraticable. Le chemin ne ressemble pas à un chemin, de très profonds sillons rendent la conduite ardue. Encore une fois, on se cramponne de toutes nos forces, nos bras nous font souffrir (enfin, surtout les miens), et pourtant on vole dans tous les sens. C’est hyper amusant !

On fait encore plusieurs arrêts, on profite de la vue, on saute dans tous les sens. Du minibus, le panorama n’est pas en reste : des steppes à pertes de vue, des forêts, des montagnes, avec le lac en toile de fond… mais aussi des chevaux sauvages. De temps à autre, on croise une ou deux maisons, perdues. On se demande comment font les gens pour vivre ici, tant c’est éloigné et difficile d’accès.

Lac Baïkal

Vers 13h, on arrive au cap Khoboi, la pointe nord de l’île. Notre chauffeur nous annonce que nous avons une heure de temps libre, avant de se retrouver pour manger le repas qu’il nous aura préparé. On part en direction de la falaise, et après un petit kilomètre, on arrive sur place. De là, la vue est encore une fois superbe. La brume nous cache les montagnes au loin, mais l’ambiance est mystique, et l’étendue d’eau en face de nous est si grande que l’on a l’impression d’être devant la mer. On s’assoit, et on contemple les merveilles de la nature, si grandiose et fragile à la fois.

L’heure du repas approche, alors on rebrousse chemin. Notre chauffeur a bien travaillé, la table est ornée d’une petite nappe, et de nombreux mets nous attendent : sandwichs au fromage, salade de légumes, soupe de poisson et petits gâteaux pour le dessert. On se régale, la soupe de poisson n’a rien à voir avec celle mangée l’avant-veille, et cela nous requinque. Après ce bon repas, on repart pour les montagnes russes.

On fait deux arrêts supplémentaires, et la vue est toujours aussi belle. Le calme et le silence, où que l’on soit, nous enveloppent, c’est reposant.

Vue sur le lac

Finalement, il est temps d’y aller, on a de nombreux kilomètres à parcourir pour rentrer, et le mauvais état des routes rend les choses compliquées. Le chemin est toujours aussi déglingué, et on s’envole de nos sièges à plusieurs reprises.

Vers 16h, on arrive enfin au village, et le minibus a le bon goût de nous déposer devant notre guesthouse. On est trop contents d’économiser 2 kms de marche, et on file aussi sec sous la douche. On remonte, et on est crevés : mine de rien, rouler sur des chemins défoncés, cela fatigue !

A 18h30, on part manger chez Nikita. Là-bas, les employés s’amusent de nous voir dîner chez eux, et nous demandent pourquoi on ne dort pas dans cet hôtel. La raison est simple, bien qu’on ne leur réponde pas vraiment : c’est trop cher pour nous ! Le repas, par contre, est excellent, copieux, et peu cher : on se régale, on goûte de tout, on se sert du dessert plusieurs fois…

A la fin du repas, on est épuisés. On marche jusqu’à notre guesthouse, où l’on s’écroulera : cette fois, on est cuits !

06 septembre : On profite du silence, maître sur le Baïkal

Ce matin, on se réveille tranquillement, la journée est placée sous le signe de la tranquillité et du repos. On prend notre petit-déjeuner, puis on décolle pour une promenade matinale.

On décide de se rendre au rocher des chamans, pour profiter encore et encore de cette belle vue et du calme des lieux. En chemin, on s’arrête à la plage, où le lac ressemble plus que jamais à la mer : il y a beaucoup de vent, les vagues sont grosses, c’est impressionnant.

On reste un bon moment à contempler les montagnes, puis on se dirige vers le rocher sacré. On s’installe au bout de la falaise, et on se laisse bercer par le bruit des vagues. Encore une fois, nous sommes presque seuls, c’est tellement reposant !

On continue notre chemin le long de la falaise, puis on rentre se préparer le reste de spaghettis à la sauce tomate. On se régale, puis on repart direction la plage.

Cette fois, le décor a changé ! Le lac Baïkal est de nouveau d’huile, le lieu est redevenu serein. On s’allonge, puis on s’endort rapidement : on profite de ce séjour pour recharger les batteries avant notre mois en Mongolie, qui s’annonce sportif !

Presque deux heures après, on se réveille : on joue sur la plage, on plaisante, on discute… avant de rentrer nous doucher.

Lac Baïkal

On ressort peu avant 18h pour aller manger puis observer le coucher de soleil, car le ciel le permet enfin. En chemin, on croise une famille de Suisses, et on entame la discussion. On leur présente nos plans, et ils sont partants pour nous accompagner, alors on se dirige tous ensemble vers la falaise pour observer le soleil se coucher.

Le moment est incroyablement beau, malgré le froid qui se fait saisissant. Le soleil passe du bleu, à l’orange, puis au rouge, et se reflète sur le Baïkal. C’est magnifique, on grave chacune de ces secondes dans nos mémoires pour ne rien oublier.

Vers 19h30, le spectacle se termine, et on va chez Nikita pour manger. Malheureusement, alors qu’on a payé nos deux repas, on nous annonce que la famille Farine ne peut accéder au restaurant, car il n’y aura pas à manger pour tout le monde. On est tous un peu déçus, ça aurait sympa de passer la soirée ensemble ! On échange nos numéros, puis on se quitte.

De notre côté, on mange encore une fois très bien, et cela tombe bien, car on avait très faim. On prend de la soupe, des salades, des calamars, du riz, des haricots, du gâteau au cottage cheese… On ne se lasse pas de manger chez Nikita, qui est définitivement une bonne adresse pour dîner sur le Baïkal !

On ressort, et on est rapidement transis par le froid : on se dépêche de rentrer à la guesthouse, où l’on prépare nos sacs : demain, on retourne à la civilisation !

07 Septembre : tentative d’arnaque en vue !

On ouvre les yeux plus tôt que prévu, et heureusement ! Peu après 9h, on toque à notre porte, c’est notre hôte qui vient nous prévenir : le bus est déjà là ! Presque ¾ d’heure d’avance, ce n’est quand même pas rien, surtout le matin. On dit au-revoir à la famille bouriate qui tenait la guesthouse, puis on va à la rencontre du minibus.

On tente d’ouvrir le coffre seuls, mais cela ne fonctionne pas. Le chauffeur descend, nous salue à peine, puis nous aide à poser nos sacs. En fait, il n’y a pas de coffre, nos sacs sont à moitié dans l’allée centrale, dans la poussière. L’intérieur du bus n’est pas fou non plus, c’est assez spartiate, et certains sièges (dont les nôtres) sont accrochés sur des espèces de planches de bois : pas très safe !

Bon, on monte dans le minibus, Cyril va s’installer, je m’occupe de payer. Une jeune femme, à côté du chauffeur, chargée d’encaisser, nous indique que c’est 1000 roubles par personne, mais que nous devons rajouter au moins 250 roubles pour nos sacs, car ils sont gros. J’avais déjà lu un témoignage sur ce type de demande, et vu l’absence de coffre et l’état général du minibus, je réplique qu’il est hors de question que je paye pour les sacs. Je reste debout dans l’allée, j’attends. La jeune femme attend aussi : le combat de celle qui a le plus de temps commence. Je ne bouge pas une oreille, je regarde dehors… elle me redemande les 250 roubles, je lui dis qu’à l’aller, c’était gratuit, et que je ne paierai pas pour cela au retour ; quitte à mettre les sacs sur nos genoux. Finalement, elle capitule, elle me demande d’aller m’asseoir sans payer le surplus : grande joie intérieure, j’ai déjoué une tentative d’arnaque sans fléchir ! Fuyez donc la compagnie Olkhon Express, qui relie Irkoutsk au lac Baïkal.

Le trajet de six heures sera assez pénible : le chauffeur roule très vite, de façon vraiment dangereuse, et il est impossible de se reposer tant le minibus vibre et saute. On se fait quelques frayeurs, car le chauffeur dépasse à toute vitesse, sans aucune visibilité : plusieurs voitures ne passent pas loin.

Finalement, on arrive enfin, mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. L’appartement où nous dormons ce soir est situé à presque 6 kms de là où nous dépose le bus, et il fait froid : 7 degrés. Pour ajouter à cette épreuve, il se met à pleuvoir… brr on est congelés, mais on fonce !

En chemin, on s’arrête acheter de quoi dîner à l’appartement, et de quoi manger dans le train le lendemain midi. Après encore quelques kilomètres, on arrive enfin. Et là, quelle récompense ! Le propriétaire du logement nous rejoint, et nous ouvre les portes : le logement est neuf, très bien décoré, super bien équipé, propre, et des petites attentions nous attendent : brosses à dents neuves, dentifrice, bouteilles d’eau… On est refaits !

On saute dans la douche, je ne résiste pas à l’appel d’un bain bien chaud, que j’estime avoir bien mérité après avoir bataillé dans le froid sibérien. On mange des coquillettes au beurre (miam), puis on fonce dans le lit : on profite à fond du confort qui s’offre à nous, cela fait tellement de bien !

2 commentaires

  1. Denis
    Nous sommes allés au BAÏKAL ma femme et moi en 1993 en partant de Irkoutsk et je comprend votre admiration devant ces paysages fabuleux et d’un autre temps et de cette impression de bout du monde.
    Profitez à fond de cet aventure . Bravo

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