Mandalay

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5 Mars 2020 : A l’assaut de Mandalay, après une nuit de 12 heures de bus !

La veille, nous avons passé la journée à préparer notre itinéraire pour le Myanmar, mais aussi à nous renseigner à propos de l’Inde, notre prochaine destination. Un peu après 17h, on embarque dans un bus (pas couchette…) pour rallier Mandalay depuis Hpa An, à plus de 500 kms de là.

Le bus est plutôt confortable, même si dormir en position assise n’est pas le top en termes de récupération. Bon, on arrive normalement à 6 heures du matin, on devrait tout de même réussir à se reposer un peu ! Dans le bus, ça gigote, ça parle fort, ça crie, ça regarde des vidéos à fond… Et la clim est à 13 degrés. Ils sont fous !

Heureusement, Cyril s’occupe en montant une vidéo, et je prends mon mal en patience. Alors que je commence à m’assoupir, c’est l’heure de dîner ! Nous sommes encore et toujours les seuls voyageurs du coin. Tout le monde nous regarde avec curiosité, s’amuse de notre présence dans ce lieu, nous sourit timidement. Mon pantalon est remonté aux mollets, et beaucoup de gens les regardent… Je me dépêche de cacher ces mollets honteux (pourtant épilés !).

Après cette petite pause, nous remontons dans le bus. On nous distribue des lingettes et des boissons énergisantes (?!), et c’est reparti. J’arrive à m’endormir, Cyril aussi ; et mes boules quies et mon masque m’aident à passer une nuit relativement calme.

A 6h, on nous réveille : debout là-dedans ! A peine réveillés, on remarque que des Birmans courent après le bus pour être les premiers à attraper un client. Oulala, mais il est trop tôt pour ce genre de chose ! Les portes s’ouvrent, et nous découvrons une cohue hurlante. Je laisse Cyril passer devant, et nous sommes surpris : personne ne nous saute dessus ! Les autres passagers, tous Birmans, se font en revanche tirer les vêtements, emporter par la foule, et on est bien contents d’être exemptés ! On voit de nombreux moines, pieds nus, bol à la main, aller de maison en maison pour demander de quoi manger : ils n’ont pas le droit d’acheter leur nourriture.

Finalement, un homme vient nous voir, et nous propose de nous emmener. On négocie un peu le prix, puis on grimpe : à nous notre chambre d’hôtel ! Nous avons la surprise de découvrir que notre hôtel est en fait haut de gamme, dont les prix ont sans doute été cassés dû au manque de touristes. On se fait ouvrir la porte, porter nos bagages, et on nous attribue une chambre malgré notre arrivée très matinale : c’est fou !

Petit-déjeuner

Nous sommes en chambre twin (deux lits simples), mais la vue du 8è étage rattrape totalement le coup : nous avons une belle vue sur la ville, c’est génial. L’hôtel est très confortable, propre, et le petit-déjeuner buffet surpasse nos espérances. On ne s’attendait pas à autant, surtout pour 20€ la nuit !

On se débarbouille, on mange un bout, puis on décide de sortir découvrir la ville. Après un petit tour en tuk-tuk pour parcourir les 6 kms qui nous séparent de la colline de Mandalay, nous voilà au pied de notre premier challenge : une colline à grimper, avec quelques 1700 marches à gravir, pieds nus !

Pieds nus, ce n’est pas ce qu’on préfère : le sol est plutôt dégoûtant, et on renomme le Myanmar le « pays des petits pieds sales ». Nos pieds sont noirs ici ! Tout le long des escaliers, on croise des habitations de fortune, des enfants, des enfants-moines. Apparemment, moins de 50% des enfants iraient au collège : le Myanmar est l’un des pays où le travail des enfants est le plus répandu, et un grand nombre d’entre eux travaillent dès l’âge de 5 ans. Cela fait réfléchir…

D’en haut, la vue est belle, mais le temple l’est plus encore. Il est recouvert de miroirs, et donc très différent des temples vus jusque-là. On s’amuse à prendre en photo le temple sous tous les angles : il faut dire qu’il est particulièrement photogénique !

Colline de Mandalay

Après cela, nous visitons différents temples : nous sommes toujours seuls sur place, et cela nous étonne même si on s’y attendait un peu. Les édifices sont beaux, calmes, et partout nous sommes vus comme une petite attraction. Dans l’un des temples, les femmes écrasent des buchettes de bois et les mélangent avec de l’eau pour former une pâte de Thanaka. Elles se maquillent, et certaines dessinent des motifs très élaborés : fleurs, feuilles… C’est superbe !

Nonne

Toutes ces visites nous occupent jusqu’à 14 heures : maintenant, c’est l’heure de manger ! On se régale avec des plats indiens et végétariens dans un petit restaurant : miam ! Cela nous laisse présager des délices à venir si nous arrivons à entrer sur le territoire indien sans encombre. Après cela, on décide de rentrer à l’hôtel : il est presque 16 heures, et notre nuit peu reposante commence à se faire ressentir.

Nous parcourons à pieds le kilomètre et demi qui nous sépare de l’hôtel, et avons l’impression d’avoir été téléportés en Inde : chaleur accablante, personne qui défèque dans la rue devant nous, personne famélique allongée en bord de route, enfants mendiants, circulation folle où l’on manque de se faire écraser… Je comprends mieux à quel point l’Inde risque d’être épuisante ! Heureusement, les gens au Myanmar sont tous d’une gentillesse extrême.

Nous sommes bien contents d’arriver sains et sauf à notre chambre, où nous nous reposons un peu.

6 mars 2020 : Le centre historique de Mandalay, suite des visites !

Doux réveil au son de notre alarme ce matin : une nouvelle journée commence ! Nous prenons notre petit-déjeuner, puis partons à pieds vers une guesthouse qui nous a été recommandée pour réserver une visite des cités anciennes du Myanmar, bien moins chère que les programmes proposés par les tuks-tuks.

Sur place, on trouve un réceptionniste prêt à nous aider et très gentil, qui nous explique les différentes options et nous renseigne même sur les bus pour aller à Bagan. C’est décidé, nous optons pour son option de visite, la moins chère que nous ayons trouvée. Malheureusement, nous ne pouvons pas visiter les cités anciennes à vélo, car les distances sont trop grandes, et pédaler une cinquantaine de kilomètres par une chaleur pareille, c’est impossible !

Notre réservation en poche, nous nous rendons ensuite au Temple Mahamuni, au sud de la ville. Nous découvrons un édifice majestueux, où la ferveur est très présente. Le guichetier qui nous vend les tickets en profite pour nous demander de quelle couleur sont nos yeux, et si nous portons des lentilles. Il parait très surpris d’apprendre que nos yeux sont bleus naturellement !

Les Birmans sont nombreux et viennent se recueillir dans ce temple qui abrite le Bouddha le plus ancien du Myanmar. Les hommes vont déposer des feuilles d’or sur celui-ci, qui l’air de souffrir d’une maladie de peau tant les bulles formées par l’or sont nombreuses. La couche d’or est de plus de 15 centimètres ! Les femmes, elles, ne peuvent pas entrer dans l’enceinte du Bouddha (comme dans beaucoup d’endroits dans ce pays), et se contentent de prier à l’entrée, devant des télévisions qui rediffusent la statue en direct. La file de croyantes mesure plus de 7 mètres de long, c’est très impressionnant. Cyril porte la jupe traditionnelle, imposée pour visiter l’édifice : ça lui va bien !

Temple Mahamuni

On passe un long moment dans le temple, et avons même la chance de voir les seules statues en bronze au monde d’Angkor Wat, qui ont été dérobées il y a plusieurs centaines d’années lors de guerres.

Après avoir visité le temple, nous nous rendons au Jade Market, le marché de Jade de Mandalay. Le Myanmar est reconnu pour la beauté de son Jade, l’un des plus beaux au monde et venant du nord du pays, dans la région de Kachin. Il faut savoir que la quasi-totalité du Jade dans le monde vient du Myanmar. Le pays attire de nombreux Chinois, friands de cette pierre précieuse. Les conditions de travail des mineurs sont toutefois très opaques…

Le spectacle est étonnant, nous voyons de nombreux vendeurs, installés sur des nattes, qui proposent à la vente des énormes pierres, des éclats, des petits morceaux ; et pour certains quelques bracelets. Les acheteurs, eux (des Birmans, nous ne croisons aucun touriste), se promènent avec des petites lampes de poche : ils cherchent des petits éclats émeraudes ou mauves dans le Jade ; qui le rendent rare et cher. Juste à côté du marché, des machines à polir sont installées, où tout un chacun peut venir travailler son éclat nouvellement acheté.

J’hésite, je ne sais pas si je dois ou non acheter un bracelet ici… et finis par craquer. Une dame très gentille me propose ses différents bracelets, et en profite pour changer l’élastique de l’un de mes bracelets en perles de bois, en train de se casser, gratuitement. Je choisis un bracelet avec des perles de petite taille : ça y est, mon bracelet de Myanmar est acheté !

Jade market

Nous visitons ensuite un autre temple, tout en bois sculpté, assez similaire aux appartements royaux vus la veille. Le but est désormais de trouver le bureau des bateaux gouvernementaux pour acheter une place en direction de Bagan.

Malheureusement, nous ne trouvons aucune information, et les gens ne parlent pas anglais : c’est difficile de savoir où se rendre ! Sur le chemin, nous trouvons une cantine où nous mangeons en compagnie de Birmans, amusés de nous voir ici. L’une des serveuses tente de nous faire payer plus que prévu, mais heureusement l’un de ses collègues nous donne le bon prix. C’est pas bien de mentir !

Requinqués, nous repartons dans les rues. Un chauffeur de tuk-tuk se met à nous suivre, voulant nous indiquer où acheter les tickets de bateau. Il veut nous emmener vers un embarcadère privé, hors de prix : 40$ par personne ! On s’entête, on veut trouver le bus public !

Nous descendons à chaque embarcadère, qui ont tous l’air désaffecté. Ça s’annonce mal… Heureusement, nous trouvons des hommes et qui nous renseigne : le bateau public est hors service depuis… 2016 ! Pour les infos à jour du Routard, on repassera… On va vérifier par acquis de conscience dans les embarcadères privés, mais effectivement, les tickets disponibles sont bien au prix de 40$. On aura beaucoup marché pour rien, tant pis ! La compagnie publique a fermé, faute de clients. Le pays souffre d’un manque de tourisme depuis le massacre des Rohingyas.

Le long des routes, les bidonvilles sont très présents, et de nombreuses familles vivent dans les rues. Cette partie de la ville n’est décidément pas un endroit que les touristes sont censés voir. On se pensait blindés, mais nous avons beaucoup de peine de voir la pauvreté dans ce pays.

Le tuk-tuk qui nous a suivi nous propose de nous ramener à l’hôtel, pour deux fois le prix normal. On négocie, mais découvrons une fois installés dans son véhicule qu’il porte une chemise tellement portée qu’elle est remplie de trous d’usure… Cela me rend très triste, et même si son prix proposé était deux fois trop cher, je ne peux lui en vouloir. En arrivant, nous décidons de lui donner plus que la somme négociée. Je trouve mesquin de compter nos sous, même si on ne peut pas donner à tout le monde. C’est une drôle de sensation, et j’éprouve une certaine culpabilité bien que je n’ai pas décidé de leur sort, ni du mien. Toute cette inégalité m’écœure…

Il n’est que 15h, et pourtant nous sommes lessivés : émotionnellement, nous sommes vidés. Être confrontés à cette pauvreté est décidément difficile. Nous rentrons dans notre chambre, soulagés d’être arrivés. Nous avons besoin d’une petite bulle de décompression, et je me demande si l’Inde ne va pas être trop difficile à appréhender.

7 Mars 2020 : Une visite des cités anciennes de Mandalay !

Ce matin, nous ne traînons pas au lit : nous avons une visite des 3 cités anciennes de Mandalay (il y en a 4 en tout), ainsi que de quelques fabriques traditionnelles. Peu après 8 heures, un minivan vient nous chercher, où 4 autres voyageurs sont installés : c’est presque un tour privatif, cool ! Le guide se présente, il est vraiment adorable avec nous.

Notre équipe se compose donc de 4 voyageurs, un guide, un chauffeur et une accompagnatrice/maîtresse du temps. Nous commençons la journée par la visite d’une fabrique de feuilles d’or, très utilisées par les croyants comme donations dans les temples. Nous apprenons avec stupéfaction qu’il n’existe aucune fabrique mécanique de feuilles d’or, que toutes les feuilles sont fabriquées à la main.

Les feuilles proviennent d’or pur fondu puis frappé à la masse pendant plus de 6 heures au total, par des hommes : aucune machine ne rentre dans le processus. Le travail est harassant, et les hommes reprennent souvent leur souffle. Ils sont tellement rodés à l’exercice qu’ils ont un rythme et un mouvement parfait, ce qui fait qu’ils ressemblent presque à des machines.

Fabrique de feuilles d'or

Après l’aplatissement des feuilles, alors de forme ronde ; les femmes récupèrent alors celles-ci pour transférer l’or sur de petites feuilles carrées, toutes de la même taille. Le travail est très minutieux. Nous apprenons par la même occasion que les travailleurs au Myanmar travaillent de 8h le matin à 6h30 le soir.

Après la visite de cette fabrique, nous nous dirigeons vers une très grande pagode, d’une blancheur éclatante, typiquement Birmane. Nous n’avons que peu de temps sur place, mais cela nous suffit à nous imprégner des lieux. Notre guide, très prévenant, me prête une ombrelle pour me protéger du soleil : cela donne de super photos !

La prochaine destination est le monastère Mahar Gandaryone, qui abrite plus de 3000 moines. Ce monastère est connu car il fournit, chaque jour à 10h15, un repas pour chacun des 3000 moines, qui font la queue et mangent dans un silence complet. La file d’attente semble ne pas avoir de fin, et c’est un très joli moment.

Moines à Mandalay

Après cela, nous avons la chance de visiter une fabrique de soie et de coton. Nous étudions tout le processus, du filage des bobines au tissage des vêtements. La partie des vêtements en soie, entièrement faits à la main, nous fascine. Sur chaque métier à tisser, deux femmes travaillent en même temps pour créer les jupes et hauts ensuite vendus. Les vêtements en soie ont tous des motifs uniques, et il faut environ 4 mois pour tisser une robe complète, et ce à 4 mains. Notre guide nous explique que les femmes ont toutes (seulement) 2 robes en soie dans leur garde-robe : l’une pour les cérémonies, l’autre pour leur mariage. Ces robes coûtent en moyenne 200$, et sont donc un véritable trésor pour les Birmanes.

Nous passons dans un deuxième bâtiment, consacré à la création par machine des tissus en coton. Ici, la fabrication est rapide et ne demande par d’intervention humaine, car il n’y a pas de motifs.

Nous visitons ensuite une nouvelle pagode, mais le soleil commence à chauffer et j’ai quelques vertiges. Heureusement, il est l’heure de manger ! Notre guide nous emmène dans un restaurant pour touristes, et les prix s’en ressentent. Heureusement, la nourriture est tout de même bonne.

Le prochain arrêt est la ville ancienne d’Inwa, où nous nous rendons en bateau. Les femmes tentent de nous vendre des babioles, mais nous résistons. De l’autre côté de la rive, des calèches nous attendent. Nous devons payer pour monter dessus, mais je remarque très vite que les chevaux ont vraiment l’air mal en point. En vérité, ils sont si maigres que l’on voit leurs côtes et leurs os : hors de question de participer à cette maltraitance. Les locaux ne sont pas contents du tout de nous voir partir à pieds, mais tout notre groupe nous suit.

Cités anciennes

Les distances sont longues (6 kms aller-retour), mais ma petite ombrelle me sauve la mise. Les temples sont jolis, la promenade dans les champs aussi. Nous sommes complètement hors entiers battus, et croisons de jolies scènes de vie locale : paysans dans leurs champs, plantations diverses et variées…

Après le dernier temple de la journée, nous décidons de tenter de trouver un moyen de transport pour retourner à l’embarcadère : 3 kms à parcourir en plus, cela commence à faire. Malheureusement, beaucoup de locaux refusent, sans doute pour ne pas s’attirer les foudres des autres villageois. Heureusement, un pick-up de travailleurs du bâtiment nous récupère, gratuitement. Nous sommes 3 dedans, et nous nous installons sur le sol, en réalité constitué d’une grande plaque de Placo. Ce qui devait arriver arriva… Nous cassons la plaque en plusieurs endroits. Oups…

Alors que l’on descend, l’un des travailleurs voit les dégâts. Il a l’air embêté, mais n’ose pas nous demander de l’argent. Nous lui proposons de payer pour la plaque, car nous ne voulons pas qu’il la paye de sa poche ou pire, se fasse licencier pour cela. C’est aussi la moindre des choses… Par chance, il a la facture du matériel, et nous montre la note : nous devons payer 4€. Nous nous acquittons de notre dette : au moins, c’était une véritable expérience locale !

Pont U-Bein

Finalement, nous voilà à notre dernier arrêt de la journée : le pont U-Bein, le plus long pont en teck (1200 mètres), créé à partir des planches du palais royal. Le coucher de soleil rend l’endroit très beau, mais je suis surprise de découvrir tant de monde. Ce sont majoritairement des locaux qui viennent profiter de la beauté des lieux. Nous le traversons, puis descendons pour avoir un nouveau point de vue. Le moment est sympa !

Notre guide propose de nous arrêter à l’agence qui vend nos tickets de bus réservés le matin même avant de nous déposer à notre hôtel. On apprécie vraiment, d’autant plus que le geste est fait gentiment. Nous avons beaucoup aimé notre tour, réalisé par Silver Diary : on recommande !

En rentrant, on s’achète deux nans au restaurant adjacent puis filons les manger dans notre chambre après une bonne douche bien méritée : on est recouverts de poussière ! Demain, nous partons pour la fabuleuse Bagan !

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