Tam coc – La baie d’Ha Long terrestre

Baie d'Ha Long terrestre

14 Novembre 2019 : Un lieu joli bien que touristique

Nous sommes arrivés à Tam Coc depuis Cat Ba en bus la veille, en milieu d’après-midi. Nous découvrons à notre arrivée que le « village » ne porte de village que le nom. C’est une petite ville, essentiellement tournée vers le tourisme. Ici encore, nous avons l’impression de nous trouver dans un parc à destination des touristes : tout y est fait pour leur bon plaisir, et on ne ressent pas vraiment d’âme ou de vie locale. Les rues sont bordées de restaurants, d’agences de vente de tickets de bus et d’hôtels. C’est tellement dommage !

Le Vietnam ne nous paraît pas très authentique, bien que les gens y soient très gentils et aidants. On croise les doigts pour que ce soit différent dans les autres pays à venir, car c’est un choc après les trois pays traversés, très peu touristiques.

Tam Coc est aussi appelée « baie d’Ha Long terrestre », et pour cause : tout comme sur la baie, des pics karstiques émergent de terre, mais cette fois au milieu des rizières. Il est possible de faire un tour de barque au milieu de ceux-ci, ce que nous avons prévu.

Ce matin, nous prenons notre petit-déjeuner et observons le plan que nous a donné le gérant de la guesthouse, absolument géniale par ailleurs : sans doute la meilleure que nous ayons faite (son nom : Minh Gia Homestay Tam Coc). On décide d’emprunter des vélos pour nous rendre à Mua Cave, un joli point de vue sur les pics karstiques alentours.

Les vélos nous sont prêtés gracieusement par la guesthouse, et on file comme le vent. On est surpris par la rapidité avec laquelle on avale les kilomètres, c’est grisant ! Le vélo de Cyril a malheureusement une roue crevée, ce qui fait que nous n’avançons pas très vite, mais à cheval donné, on ne regarde pas les dents (quart d’heure grand-mère).

Tam Coc

On pédale à travers les champs et petits villages, et comme il est encore tôt, nous ne croisons pas grand monde. L’itinéraire est tout de même bien bétonné, on sent que nous sommes dans un environnement touristique. Enfin ! Au bout de 5 kms, nous arrivons à la Mua Cave. 500 mètres avant l’entrée, un homme avec un casque de type militaire nous arrête et nous demande de garer nos vélos. J’avais vu que pour certains sites, c’était en effet obligatoire. On descend de vélo, on s’avance dans le parking ; mais d’autres personnes passent en trombe sans s’arrêter. On se met à douter : et si c’était encore une arnaque ?

Cyril ne le sent pas, alors on remonte sur nos vélos. L’homme ne nous dit rien : bon, c’était sans doute une arnaque. Au moins, ici ils n’insistent pas et ne sont pas agressifs. On continue jusqu’au guichet. Ici, il faut effectivement déposer nos vélos (et payer 5000 dongs par « véhicule »), mais le parking est surveillé et situé à l’entrée. Quoiqu’il en soit, nous étions obligés de laisser nos vélos quelque part. On s’acquitte du droit d’entrée, puis on entre dans un hôtel en plein air.

La Mua Cave est un superbe point de vue sur les pics, autrefois gratuit et accessible ; mais qui a été privatisé par un hôtel qui s’est construit au pied de celui-ci. Il ne fait pas très beau, le vent souffle, et l’hôtel a l’air d’une fête foraine fantôme. Des lampions délavés pendent des arbres, les buvettes sont vides et délaissées, des cygnes-bateaux sont abandonnés. Ça fait un peu froid dans le dos !

Il y a 500 marches qui nous séparent du sommet de Mua Cave. On resserre nos sacs à dos : c’est parti ! Bien qu’il soit encore assez tôt, on croise de nombreuses personnes. Cet endroit est connu des instagrameurs, et le spectacle est plus affligeant que jamais. Certaines filles se changent une fois en haut pour enfiler de longues robes et prendre la pose. Bien que l’endroit soit dangereux car peu sécurisé, elles sont nombreuses à tenter des acrobaties pour être le plus proche du bord possible, parfois même en talons hauts. A certains endroits, il y a la queue pour rapporter une photo… Cela gâche un peu le moment, mais on se dit que s’il arrive quelque chose, c’est la sélection naturelle.

L’endroit est joli, mais ne mérite tout de même pas un tel remue-ménage. Les gens montent, posent, puis redescendent sans admirer le paysage. Et puis, à quoi est-ce que cela rime de faire exactement la même photo que tout le monde ? Drôle de génération dans laquelle nous sommes.

On ne s’étonne plus vraiment de tout cela, car c’est finalement un peu le même cinéma quelle que soit la destination. De notre côté, on prend quelques photos mais on prend surtout le temps d’observer le paysage. On croise quelques français, avec qui on s’arrête discuter. Eux ne trouvent pas la destination trop touristique : peut-être que les pays que nous avons précédemment traversés n’aident pas !

On passe une bonne partie de la matinée à cet endroit, puis nous redescendons enfourcher nos vélos. On aimerait se promener un peu dans la campagne avant de trouver un endroit où manger. On jette un œil aux chemins, mais finalement rien de très praticable n’apparait. On fait tout de même un tour, puis on décide de rentrer. La balade est sympa, et on se félicite d’être partis tôt : il est plus de midi, et maintenant ce sont des hordes de scooters et de vélos que l’on croise. Pour l’authenticité, on repassera !

Mua Caves

On dépose nos vélos à la guesthouse, et on va manger au restaurant où nous avons dîné la veille. Ici, tout est fait maison, et on s’était régalés : rebelotte, on a trouvé notre « cantine » ! Pour info, c’est Ninh Loan Rose, au centre du village : bon et peu cher.

Le temps n’est pas au rendez-vous, alors on décide de rentrer : il faut aussi se garder des activités pour le lendemain ! On réserve notre bus-couchette pour partir à Hué, et on jette un œil aux guesthouses pour notre prochaine destination. On travaille un peu sur nos récits et vidéos, et le reste de la journée se passe tranquillement.

15 Novembre 2019 : On enfourche un scooter !

Ce matin, le réveil sonne peu après 7h30 : une bonne journée nous attend. On plie nos affaires, on prend nos petits-déjeuners, un peu tristes de devoir quitter ce superbe homestay : on était bien dans cet endroit ! On laisse nos sacs au propriétaire, puis on lui loue un scooter. Nous avons pas mal de kilomètres à parcourir, et le vélo n’y suffira pas.

On enfile nos casques, et c’est parti ! Je ne suis pas très rassurée : je suis déjà montée à moto avec Matthieu, mon frère, mais jamais en scooter. Le fait que Cyril n’ait que peu d’expérience ne me rassure pas non plus. Bon, de toutes façons, pas le choix ! Comme il est encore tôt, il n’y a pas grand monde sur les routes, alors on peut se mettre en jambes tranquillement.

On fait un stop dans une station-service pour remplir le réservoir (il ne manquait qu’un litre), et on repart. Le plan pour aujourd’hui : aller faire un tour de barque dans la Sun Valley, visiter une pagode puis visiter Hoa Lu, l’ancienne capitale vietnamienne. Nous allons être bien occupés.

On s’enfonce au milieu des pics karstiques pour rejoindre notre embarcadère. On décide de passer par les petits chemins et villages, plus sympas que les grandes routes où l’on est dépassés par les camions. C’est une sensation vraiment agréable de découvrir le paysage à scooter, on se sent libres.

On s’émerveille devant les pics karstiques : ici, le paysage est moins construit qu’autour du village : ça vaut le coup de s’éloigner, et l’impression de « parc pour occidentaux » s’estompe un peu. Au bout de 13 kms, nous arrivons à l’embarcadère. On gare notre scooter, puis on s’approche.

On connaît les prix, voyons voir si les rameuses essaient de nous avoir. A priori, non ! On nous demande 100 000 dongs par personne, ce qui est le prix indiqué. La femme qui chapeaute les rameuses nous rappelle qu’il faudra donner un pourboire à notre rameuse : le ton est donné.

Bateau Tam Coc

On embarque, et on découvre que notre rameuse parle un petit peu le français : cool ! La spécificité des rameuses du coin, c’est qu’elles rament avec leurs pieds. C’est incroyable à voir, quelle gymnastique et agilité cela demande ! Notre rameuse nous explique travailler beaucoup pour payer les frais de scolarité de ses quatre enfants : elle pêche, travaille dans les rizières, rame, et fait sans doute d’autres choses encore.

Nous sommes seuls une bonne partie de la promenade sur la rivière, ce qui est une chance inouïe lorsque l’on compare la fréquentation des autres embarcadères ! Plus le temps passe, plus la promenade est belle : le moment est magique. Les nénuphars sont en fleurs, on passe au pied des pics karstiques qui se reflètent sur la rivière, des canards blancs s’ébrouent… C’est réellement à couper le souffle.

On passe à deux reprises sous les pics karstiques, dans des grottes. Celles-ci sont très basses, il faut que l’on se baisse, et surtout noires ! Heureusement, notre rameuse a une lampe frontale. C’est effrayant de passer dans ces minuscules grottes, de l’extérieur on a l’impression que le chemin est impraticable : seuls, on n’y serait pas allés !

On arrive dans un cul de sac, où des buffles se reposent. Notre rameuse s’est arrêtée plusieurs fois pour nous prendre en photo, mais cette fois elle sort un sac plastique : aïe, elle veut nous vendre des choses. On avait été prévenus par nos lectures, mais cela ne rend pas le moment moins gênant. En effet, on n’a vraiment besoin de rien, et acheter quelque chose veut dire s’encombrer. Sous nos yeux, notre rameuse déballe tout un tas de marchandise, malgré qu’on la prévienne : « Non merci ». Tout y passe : magnets (mince, on a déjà), sacs, pochettes, peluches, chapeaux, et bracelets. Bon, on se sent obligés d’acheter quelque chose, parce qu’elle insiste quand même beaucoup : on prend un bracelet, qu’on négocie moitié prix (mais qu’on paye sans doute encore un peu trop cher). On sent que ces gens sont pauvres, mais on ne peut pas non plus distribuer notre argent à tout le monde… On lui dit qu’on a prévu un pourboire, qu’elle peut ranger le reste de sa marchandise. Elle nous rappelle ne pas l’oublier.

On repart, et on fait le chemin en sens inverse. On croise un peu plus de barques, mais le coin reste très tranquille, et c’est toujours aussi beau. Alors qu’elle pagaie, on lui demande si les chiens que nous croisons sont là pour être mangés. La réponse, c’est oui. Elle nous informe qu’ils mangent aussi du chat. En Chine, très peu de gens mangent du chien, mais au Vietnam, c’est très répandu de manger du chat et du chien. D’ailleurs, c’est la spécialité de certains restaurant. Peut-être est-ce une question d’argent ?

Au bout d1h15 de promenade, on revient à l’embarcadère. Notre rameuse nous rappelle avant d’arriver : « pourboire ». On en rigole, et on n’est pas fâchés : à leur place, on ferait sans doute pareil. On lui donne 50 000 dongs, ce qui représente une jolie somme en Dongs, mais peu en € : 1€95. Elle demande un peu plus en souriant, gentiment, mais on reste ferme : avec le bracelet, elle n’a pas perdu sa matinée. On ne ressent pas d’agressivité du tout, et c’est agréable : en Tunisie, les gens se sont montrés désagréables, ce qui terni l’image du pays.

Elle nous salue, et on repart. On va voir le temple de Bich Dong, dont les pagodes sont situées dans des grottes. Le site n’est qu’à 600 mètres de l’embarcadère, on y va donc à pieds pour éviter de payer une nouvelle fois le parking. On arrive juste avant un groupe de chinois, on ne traîne donc pas. La visite a le mérite d’être gratuite et plutôt surprenante, on passe un bon moment.

On repart en direction du village, où nous nous arrêtons manger dans notre « cantine », avant de repartir à travers la campagne pour rejoindre Hoa Lu, l’ancienne capitale du Vietnam.

Campagne vietnamienne

Malheureusement, le site en lui-même manque un peu d’intérêt, car la majorité des édifices ont été détruits. Les guerres n’ont sans doute pas aidé, surtout lorsque l’on connait le nombre de bombes reçues pendant la guerre du Vietnam entre 1965 et 1973 : plus de 7 millions de tonnes, soit plus de deux fois plus que le nombre de bombes lâchées pendant la Seconde Guerre Mondiale.

On repart ensuite, toujours dans la campagne. On prend le temps de savourer chaque instant, on passe vraiment une jolie journée. En fin d’après-midi, on rend notre scooter et on va boire un jus de fruits frais dans un bar du village en attendant notre bus, qui partira à 20 heures.

Nous passerons la nuit dans un bus couchette, pour nous réveiller le lendemain à Hué !

1 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *