Un (long) voyage en Transsibérien

Le transsibérien

Saint-Pétersbourg – Moscou

18 août : nos premiers pas sur les rails de Russie !

11h – Nous arrivons à la gare de Saint Pétersbourg, pour prendre le TGV direction Moscou. Le train n’est qu’à 13h, mais la RZD (SNCF version Russie) est connue pour sa ponctualité diabolique, alors on préfère ne pas tenter le diable et patienter un peu.

12h – Cyril dégaine les cuitochettes, il est temps de se préparer les sandwichs pour le déjeuner avec les mets pas du tout exquis que l’on s’est achetés la veille. Au menu : sandwichs au crabe et au fromage à hamburger.

12h30 – Il n’y a pas à dire, les sandwichs sont difficilement mangeables : le crabe a un goût très fort, beurk ! On n’arrive même pas à les finir. Du coup, on mange notre deuxième petit pain avec notre chocolat ramené de France. Miam !

12h40 – Hop, il est temps de filer, notre train est à quai ! On a de la chance, notre wagon est l’un des premiers, cela nous évite de courir le long du quai. Arrivés devant notre wagon, c’est la cohue : un groupe de chinois est amassé devant la porte, et ils crient, bousculent, galèrent avec leurs sacs. On rencontre notre provodnista, c’est-à-dire la dame qui s’occupe de notre wagon. La provodnista est en charge du respect des règles, de la distribution des draps, et du service des boissons chaudes si on lui en commande.

13h – On est installés dans notre compartiment, et on a de la chance, on est tous les deux côté fenêtre ! On est en fait dans un TGV assez luxueux, de 6 sièges par compartiment, très confortables. On est accueillis avec un sandwich, du chocolat, un bonbon à la menthe et une bouteille d’eau. Il y a même une TV, et la possibilité de mettre de la musique d’ambiance. Il est l’heure pile, et le train démarre.

13h10 – Les chinoises avec nous sont elles aussi installées après quelques péripéties, et leur guide vient nous voir pour nous demander si elles ont le droit de jouer aux cartes. Bah… oui ? Elle nous prévient que cela risque d’être bruyant. On acquiesce, après tout, nous sommes là pour 4h, ce serait assez cruel de leur interdire de jouer.

13h30 – Les chinoises ont installé une table de fortune avec leur énorme valise, et entreprennent de jouer. Effectivement, c’est bruyant ! Pour passer le temps, on les regarde faire, mais impossible de comprendre les règles. Même avec les boules Quies, on les entend ! Tant pis, on prend notre mal en patience, Cyril monte la vidéo sur Saint Pétersbourg, et je me plonge dans un livre.

14h – Cyril est bien occupé, mais l’ennui me gagne, alors je regarde dehors. Des forêts de sapins, à perte de vue. Je ne sais pas où on est exactement, mais ça ressemble au bout du monde !

15h – On mange le chocolat offert, et je me replonge dans mon livre. Encore 2 heures !

16h – J’ai encore droit à de la 4G jusqu’au 22 août, alors je la réactive un peu, et discute avec mes proches. Cyril est toujours bien occupé ! Les chinoises jouent inlassablement.

16h45 – Le train approche en gare de Moscou, et le branlebas de combat recommence : chacun va chercher sa valise, échange de place, pousse et appelle ses amis. La guide du groupe de chinois passe une tête, voit nos gros sacs, et nous pose des questions. Elle est très surprise d’apprendre que l’on voyage pour 15 mois, et nous fera même répéter plusieurs fois ! Elle transmet l’info à nos voisines, qui n’en reviennent pas non plus. Elles sont contentes d’apprendre que l’on passe par la Chine, et nous demandent par quelles villes on compte passer.

17h – Encore une fois, pas de surprise. A l’heure pile, le train arrive à Moscou. On dit au-revoir à notre groupe de joueuses infernales, on enfile nos sacs, et on part à la découverte de Moscou.

Pour découvrir le récit de nos 5 jours à Moscou, c’est par ici !

Moscou – Kazan

22 août : la première nuit dans le transsibérien : au programme, découvertes !

18h – Comme à notre habitude, nous arrivons bien à l’avance, le train ne part qu’à 20h50. Nous en profitons pour avancer sur nos récits et vidéos, ici il y a la WIFI. Cette fois-ci, nous partons pour Kazan !

20h30 – On se décide à rejoindre notre train, qui est enfin affiché. Oups ! En fait, nous ne sommes pas au bon endroit dans la gare, et on devra se speeder pour attraper notre train ! Cette fois, notre wagon est l’un des derniers, et on devra marcher beaucoup sur le quai avant d’arriver. Ouf, on est au bon endroit.

20h50 – A peine installés, le train démarre. A l’heure, comme d’habitude.

20h55 – On découvre la troisième classe et ses 54 couchettes. En face de nous, une vieille dame Russe nous montre où ranger nos sacs, et comment déplier nos lits couchettes. Elle a l’air assez sévère et fermée, mais nous aide quand même.

21h – La provodnista passe et nous demande de payer pour les draps. On indique qu’on n’en veut pas, car on a nos draps de soie. Elle est surprise, et défait mon lit, qui était fait d’avance.

21h15 – Ici, on est l’attraction. Le monsieur à côté de nous nous regarde longuement, au début avec insistance, puis toujours avec insistance, mais sur le côté. Il doit se demander ce qu’on fait là, sans draps, un peu perdus. Notre voisine d’en face n’a pas l’air décidée à discuter, et évite notre regard, même si elle nous aidera encore une ou deux fois.

21h30 – Le train est en route depuis quelques temps, et tout ce petit monde se lève : qui pour aller remplir une tasse de thé, qui pour se préparer des nouilles, qui pour se changer et enfiler une tenue confortable. Cyril s’empresse de faire de même, dans les petites toilettes du wagon. On est impressionnés par tant d’organisation !

21h45 – On mange un bout de chocolat français, on continue nos récits, et je vais à mon tour me changer et faire ma toilette. C’est exigu, mais cela suffit. Heureusement qu’on a des lingettes !

22h – Extinction des feux ! Les lumières s’éteignent, et on se couche : moi en haut, Cyril en bas. Dehors, les forêts continuent de défiler.

23 août : debout là-dedans !

7h – Cyril me réveille, ouch, j’aurais bien dormi plus ! Le train arrive à Kazan dans une heure, il est temps de se préparer. Le wagon est déjà alerte, tout le monde se prépare et range ses affaires dans le calme et la discipline. Une longue queue se forme devant les toilettes. On est encore une fois frappés par tant d’organisation !

8h – Encore une fois, le train est à l’heure. Kazan, nous voilà !

Pour découvrir le récit de nos 3 jours à Kazan, c’est par ici !

Kazan – Ekaterimbourg

25 août : 14 heures de train au programme !

15h – Notre train arrive à Kazan, il ne part que dans 55 minutes. Les gens qui sont déjà dedans en profitent pour prendre l’air. Nous, on entre dans le wagon qui ressemble à un dortoir géant. Contrairement à notre premier trajet, la majorité des gens sont montés à des arrêts précédents, et nos couchettes sont les seules vides. On trouve nos places, nos voisins d’en face ne lèvent pas les yeux. On s’installe, puis on part aussi sec faire notre toilette et se changer pour enfiler des vêtements plus confortables. Le train est plus vieux que le précédent, et aussi moins propre. Ça sent vraiment mauvais dans les toilettes, beurk !

15h55 – Le train démarre, à la seconde près. La provodnista nous donne les draps, qu’on pensait ne pas avoir payés, mais en fait si. On est bien contents de les avoir, car les matelas sont d’une propreté douteuse.

16h30 – Par la fenêtre, les forêts de bouleaux défilent, il commence à pleuvoir. On a un petit creux, on entame les fruits secs que l’on avait achetés. On règle nos montres sur le fuseau horaires d’Ekaterimbourg, c’est-à-dire que l’on rajoute deux heures à l’heure actuelle.

17h05 – Cyril entame son montage vidéo, je me plonge dans un bouquin : c’est le bon moment pour se reposer un petit peu.

19h – Heure de Moscou, on décide de manger. C’était difficile d’attendre, car dans le train, tout le monde mange tout le temps, alors les odeurs donnent faim. On prépare les noodles que l’on a achetées, à l’aide du samovar situé à l’entrée du wagon. Le samovar, c’est le ballon d’eau bouillante qui sert à se préparer des boissons chaudes, ou à manger. On a faim, alors forcément, c’est bon ! On s’achète deux tasses de thé pour arroser le repas. Comme elles sont jolies !

19h30 – La provodnista passe faire le ménage, elle passe la serpillière : personne n’a le droit de bouger, et on est priés de lever les pieds quand elle passe dans notre compartiment !

20h – Un petit brossage de dents, et on décide d’aller se coucher ! Il est déjà 22h à l’heure d’Ekaterimbourg, et on arrive à 8h demain : il faut qu’on ait le temps de se reposer. On perd un peu la tête avec tous ces horaires !

26 août : à la fenêtre, forêts, forêts, forêts

5h30 – J’ouvre les yeux, tiraillée par l’envie d’aller aux toilettes. Il faut faire quelques acrobaties pour monter et descendre de ma couchette (il n’y a pas d’échelle), donc on réfléchit à deux fois avant de bouger ! Je passe une tête hors du lit, le monsieur en face de Cyril est dans l’exacte même position que hier soir : assis, en train de jouer sur son téléphone. Il n’a pas dormi ?

7h – Le réveil sonne, la provodnista passe peu après pour vérifier que l’on est bien réveillés : aujourd’hui, on est quasiment les seuls à descendre à cet arrêt.

7h30 – On termine de déjeuner, puis on range nos affaires le plus discrètement possible, car tout le monde, ou presque, dort encore.

8h – Diaboliquement à l’heure, on arrive à Ekaterimbourg.

Pour découvrir le récit de nos 3 jours à Ekaterimbourg, c’est par ici !

Ekaterimbourg – Krasnoyarsk

28 août :  le début d’un périple de 35h dans le Transsibérien

21h21 – Le train arrive en gare d’Ekaterimbourg, il ne démarrera pas avant un peu moins de 30 minutes. Pour la première fois, c’est la cohue, les gens forment une masse pour entrer, la provodnista ne contrôle personne, ça pousse. On n’est plus habitués à tout ça, on est surpris !

21h49 – Comme à son habitude, le train démarre pile à l’heure. Ici, nous sommes à +3 heures par rapport à la France. Nous traverserons deux fuseaux horaires pendant ce trajet, et à Krasnoyarsk, nous serons à +5 heures par rapport à la France. On décide de laisser nos montres telles quelles, par contre il ne faudra pas se louper au moment de régler notre réveil après-demain !

22h – On a été nombreux à monter à cet arrêt, mais le wagon s’est enfin calmé, tout le monde est installé et a fait son lit. On attrape deux soupes lyophilisées, puis Cyril va les remplir d’eau bouillante : ce sera notre repas de ce soir. Il ne faut pas traîner, l’extinction des feux, c’est dans 25 minutes !

22h25 – Extinction des feux ! On regarde un ou deux épisodes d’une série, puis on rejoint nos couches.

00h20 – On finit par s’endormir.

29 août : dans le train pour une journée entière

11h – Oups, déjà 11h ?! A ce rythme-là, le trajet va passer vite ! Cyril attrape un nouveau sachet de nourriture lyophilisée pour le petit-déjeuner, de mon côté, je préfère attendre un peu. Nos voisins d’en face, arrivés hier soir aussi, sont déjà partis. La couchette du haut est vide, celle du bas est maintenant occupée par un homme.

12h15 – A l’extérieur, le paysage a changé. Finies les forêts interminables, place aux steppes dégagées. Nous sommes maintenant en Sibérie !

13h – Tout le monde est en pyjama, personne ne s’habille jamais dans le train. On sort de nouvelles soupes et noodles en sachet, mais cette fois, elles sont vraiment bonnes ! Miam miam. Manger, et dormir, sont les deux activités principales ici.

14h30 – Le train nous berce, la torpeur nous gagne. On regagne chacun nos couchettes, puis on s’endort rapidement.

16h30 – Je me réveille, regarde l’heure, effarée. J’ai passé presque la journée à dormir ! Comme c’est agréable de se reposer, de ne rien faire… C’est une excellente occasion pour travailler, et je me dis qu’il faudra que l’on s’octroie plus de jours de repos. Je passe une tête hors de mon lit, Cyril, en-dessous, dort encore.

17h10 – La provodnista passe dans le wagon pour prévenir les prochains à nous quitter de préparer leurs affaires. Prochain arrêt : Novossibirsk, 19 minutes d’arrêt. On en profitera pour prendre l’air. Nos voisins de couloir décident de manger leur repas du soir. Ils étaient déjà là à notre arrivée, ils doivent être tout décalés !

17h29 – Le train redémarre, et notre voisine de couloir revient en pleurant : elle a profité du court arrêt à Novossibirsk pour retrouver une amie, et il est déjà temps de repartir. Sur le quai, on assiste à de nombreuses scènes d’au-revoirs, les gens se prennent dans les bras et pleurent, c’est triste. On se demande à quelle fréquence se voient les amis et familles, dans ce pays géant.

19h – On mange notre petit repas, on regarde une série, puis on part se coucher : ça fatigue de ne rien faire !

Transsibérien

30 août : Fin de notre périple de 35 heures !

9h – On ouvre les yeux, puis on prend notre petit-déjeuner. On se plaît dans le train, la routine est apaisante, et c’est un bon moyen pour nous de nous reposer et de rattraper notre retard dans les articles et vidéos.

10h – On range nos affaires, le train va arriver d’ici peu en gare de Krasnoyarsk !

Pour découvrir le récit de nos 3 jours à Krasnoyarsk, c’est par ici !

Krasnoyarsk – Irkoutsk

1er septembre : Priviet Plaskart !

18h – On monte dans le train, on sait désormais exactement comment cela fonctionne. On prend nos marques en quelques minutes, on sort le repas de ce soir, on se change, on est chez nous !

18h20 – J’entreprends de raccommoder le pantalon de Cyril, déchiré lors de notre excursion à Stolby. Je suis observée de près par les deux femmes en face de nous, ce qui ne m’aide pas vraiment. Finalement, l’une d’entre elle tend la main, et répare le pantalon à ma place. La couture n’est pas très propre, mais bon, ça fera l’affaire !

19h – On mange notre petit repas, on avait très faim ce soir ! On termine le chocolat français que l’on avait, alors on le savoure un maximum. Dehors, les forêts de sapins s’étendent, et cela nous rappelle un peu la vue de Stolby.

20h11 – Après avoir rattrapé le retard dans l’écriture des articles, on se pose devant une série : meilleur moyen pour passer le temps !

2 septembre : quand tout le monde s’en fout

5h30 – J’ouvre les yeux, réveillée par les secousses du train. En face de moi, la femme ronfle bruyamment et n’offre pas un spectacle très ragoutant. Je saute de ma couchette, et réveille Cyril sans faire exprès. Je remonte ensuite pour lire et tenter de me rendormir.

8h – Cette fois je me réveille pour de bon. La femme en face de moi, Jean-Michel Ronflement, se lève, s’appuie lourdement sur ma couchette, sur celle d’à côté aussi, réveille tout le monde et s’assoit sur la couchette du bas, là où dort la dame qui nous a aidé à coudre le pantalon, sans gêne. Notre voisine de couloir se met à téléphoner en hurlant, réveillant le compartiment ; et pour finir un téléphone sonne. Là, c’est sûr que plus personne ne dort !

10h – Jean-Michel Ronflement prend ses affaires et change de place, pour notre plus grand bonheur : bon débarras !

14h – On arrive à la gare d’Irkoutsk : on se dépêche de sortir, et notre hôte Airbnb nous attend sur le quai !

Pour découvrir le récit de notre séjour au lac Baïkal, c’est par ici !

Irkoutsk – Ulan-Ude

8 Septembre : Dernières heures dans le Transsibérien

8h20 – Le train est à déjà à quai, alors on monte. On est un peu tristes, c’est la dernière fois que l’on prend le Transsibérien, en tous cas pour cette année !

10h45 – Nous avons décidé de prendre le train en journée, car la portion qui relie Irkoutsk à Ulan-Ude est réputée très belle. Effectivement, après un tunnel, tout le monde s’approche des fenêtres : le lac Baïkal est là ! Certains appellent des proches en vidéo, pour leur montrer le joyau de la Sibérie, qu’ils ne verront peut-être jamais.

11h30 – La vue est toujours aussi belle, et le train se rapproche encore de l’eau. A priori, on va longer le lac tout au long de nos 8 heures de trajet ! Ça tombe bien, c’est sublime, et le beau temps ne fait qu’accentuer le bleu de l’eau.

12h – On mange un repas vraiment pas terrible, on se rattrapera ce soir ! On continue de longer le Baïkal.

16h30 – Il est déjà l’heure de quitter le train, pour Ulan-Ude. Nous sommes déjà un peu tristes, car la fin de notre aventure en Russie se profile…

Pour découvrir le récit de notre séjour à Ulan-Ude, c’est par ici !

Infos pratiques pour voyager en Transsibérien :

  • Prenez vos tickets à l’avance sur le site RZD, cela vous coûtera beaucoup moins cher ! En plus, cela vous permet de choisir tranquillement les dates et heures, mais surtout les places que vous voulez.
  • Amenez une paire de tongs et une tenue confortable pour vous changer en arrivant dans le train.
  • Prévoyez de quoi manger, des aliments secs mais aussi des friandises, des fruits pour varier, et beaucoup d’eau, surtout si vous prévoyez de rester longtemps dans le train !
  • A notre sens, il serait vraiment dommage de ne pas s’arrêter le long du Transsibérien : les villes que l’on a visitées valent toutes le détour, et les tronçons que l’on a faits (par exemple, 35h d’un coup) suffisent largement à « vivre l’expérience du Transsibérien ». Du train, vous ne verrez pas grand chose, et ne rencontrerez pas grand monde.

Voilà, on espère que cet article vous aura plu !

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