Une semaine dans la région de Gobi

Gobi

13 Septembre 2019 : Un départ imprévu dans les steppes !

Ce matin, on se réveille à 8h, tranquillement : Uka nous prépare le petit-déjeuner, et nous avons prévu d’aller visiter l’un des musées de la ville, pour échapper un peu à la pollution. On prend notre petit-déjeuner, et deux personnes arrivent : un homme et une femme, mongols.

Uka nous explique qu’ils sont nos chauffeurs et guides pour le tour, qui devait commencer le lendemain. On les salue, puis ils commencent à charger tous les vivres dans la voiture qui nous emmènera. Je suis à l’intérieur de la guesthouse, et Cyril et Nico, partis les aider, reviennent en me demandant : « On part aujourd’hui ? Car ils nous demandent de charger nos sacs. ». Je réponds que non, que le départ est prévu le lendemain.

On ne comprend pas trop ce qu’il se passe, alors on demande à Uka confirmation. Et là, elle valide : « Oui oui, vous partez aujourd’hui. ». On panique un peu, car on n’a pas du tout eu le temps de se préparer : je ne suis pas douchée, nos appareils électroniques ne sont pas chargés, nos affaires trainent partout dans la chambre, on n’a pas pu faire le plein de friandises…

Un peu agacée par cet imprévu, je file dans la douche pour me laver les cheveux en vitesse : hors de question que je parte dans les steppes avec les cheveux sales, on ne sait pas quand sera la prochaine douche ! En attendant, Cyril rassemble les affaires, et les range. Je suis déçue, je n’ai pas eu le temps de laver mes sous-vêtements, et il ne m’en reste pas beaucoup de propres pour le tour… En espérant que l’on trouve de quoi nettoyer, même sommairement, assez rapidement.

Après le branle-bas de combat, on est aussi prêts que possible. On prévient nos proches que nous quittons la ville, et Internet par la même occasion, et on grimpe dans notre minibus : le même type que celui que nous avions lors de l’excursion du l’île d’Olkhon !

On s’installe, et l’aventure commence. Nous mettons un bon moment à sortir d’Oulan-Bator, car la ville est paralysée par les bouchons, comme d’habitude. Notre guide nous explique qu’ici, les gens passent la moitié de leur vie sur la route ! L’air est irrespirable, même avec un foulard devant la bouche. Je demande à notre guide quelle est l’espérance de vie ici. La réponse tombe : 60 ans.

On finit par sortir de la ville, et on s’arrête dans un supermarché pour acheter des cadeaux aux familles mongoles qui nous hébergeront : des bonbons, et de la vodka. On en profite pour acheter des lingettes pour se nettoyer, et des Snickers en cas de fringale.

On repart, et cette fois pour de bon, direction le sud de la Mongolie. La route est goudronnée, on roule bien, et on s’endort même un petit peu. Après presque trois heures de route, nous nous arrêtons dans un petit restaurant pour prendre notre repas de midi. Avant d’aller manger, on fait la découverte des toilettes mongols.

Les toilettes mongoles, c’est une expérience unique : tous les sens sont mis à contribution. La vue : il s’agit de petites cabanes en bois, cachant un énorme trou rempli d’immondices en tous genres. Il faut se tenir sur les deux petites planches de bois, de chaque côté du trou, pour faire son affaire. La vision du trou est innommable, c’est une horreur. Si vous avez de la chance, il n’est pas trop plein. Ajoutez à cela des centaines de mouches qui volent, et qui risquent de rentrer dans votre bouche à tous moments.

Ensuite, l’odorat est stimulé : à plusieurs mètres de la cabane, on commence déjà à sentir l’odeur nauséabonde des kilos de merde contenus dans le trou. Plus on s’approche, puis cela devient insoutenable. L’odeur est si terrible qu’il est quasiment impossible de tirer la planche qui sert de porte. Selon l’état du toilette, on est pris de hauts le cœur, ou on ne peut carrément pas rentrer.

Notre guide nous accompagne, et voit sur mon visage que cela ne va pas être possible. Il faut dire que ces toilettes là sont particulièrement corsées. Elle m’indique alors une palissade : je peux aller derrière, ce sera moins difficile.

Une fois le baptême du feu passé, on va manger. Notre guide commence par nous servir du thé mongol : du thé au lait, légèrement salé. On trempe nos lèvres dedans, c’est très bon ! Cyril, Nico et le chauffeur prennent un plat typique, des nouilles à base de mouton, et je mange du riz, avec une omelette et des pommes de terre. Le repas est bon, d’autant plus que nous avions faim !

Après ce bon repas, on repart. Autour de nous, il n’y a que des steppes à perte de vue. C’est très impressionnant, et notre guide nous explique que l’on peut demander à s’arrêter quand on veut, où l’on veut, car nous sommes en tour privé. On s’arrête donc, et on contemple la nature, où pour la première fois, nous ne pouvons en voir la fin.

Paysages à Gobi

On remonte dans notre carrosse, et on finit par quitter la route goudronnée, pour rejoindre les pistes. Heureusement, le minibus est pensé pour, alors on ne sent pas trop les secousses. On croise des troupeaux immenses d’animaux, certains comptant sans doute plus de 1000 têtes. Après un long moment, on demande à s’arrêter à proximité des animaux.

A l’approche de notre minibus, les bêtes se poussent à peine, elles n’ont pas peur de se faire écraser ! On descend, et on fait l’expérience du silence et de l’immensité. Il n’y a aucun bruit, et l’odeur des herbes aromatiques nous emplit le nez. C’est superbe, on reste sans voix.

Après avoir profité de cette petite pause, on repart sur les pistes mongoles. A certains endroits, la piste est en mauvais état, on est un peu secoués !

Finalement, vers 16h, on arrive à l’endroit que nous sommes venus voir : Baga Gazriin Chuluu, ou Land of Rocks. Nous avons quitté les plaines pour arriver aux montagnes rocailleuses de Mongolie. De nombreuses formations rocheuses, certaines très hautes, découpent le paysage. Sur place, nous sommes quasiment seuls, et c’est magique. Nous sommes à plus de 1700 mètres d’altitude, et on enfile plusieurs vestes, car le vent souffle.

Ensuite, on va voir un ancien monastère bouddhique, abandonné après la révolution soviétique : tous les moines ont été arrêtés ou exécutés. Les arbres ont poussé dans les ruines, et avec les odeurs des herbes aromatiques, cela rend l’endroit un peu irréel. Ici, il y a plus de monde, car l’endroit est touristique.

En repartant direction notre camp de yourtes, on s’arrête à une source pour déposer de l’eau sur nos paupières : cela est censé nous apporter une vue de faucon !

Après un petit moment, on arrive enfin à notre camp pour la nuit. Ici, il y a 8 yourtes, à destination des touristes, mais aussi une famille nomade qui vit. On entre dans notre yourte, que nous partagerons avec notre guide, et on choisit nos lits. Ils sont assez durs, mais on s’attendait à pire !

Notre guide va préparer le dîner, et on en profite pour explorer les alentours. On fait un tour aux toilettes, qui sont plutôt vides (ouf), puis on va admirer le coucher de soleil. Les couleurs sont magnifiques. Notre guide nous propose ensuite d’entrer dans la yourte de la famille nomade, pour partager avec eux un thé au lait.

On accepte avec joie, et on entre. Ici, il n’y a pas d’intimité ! C’est un vieux monsieur et un jeune couple qui vivent dans cette yourte. Tout le monde, y compris les guides et chauffeurs, entrent et sortent comme dans un moulin. Nous sommes les seuls touristes à avoir été invités, on est contents !

On nous tend un bol de thé au lait salé, que l’on prend avec les deux mains, selon la coutume. On le sent, puis on le goûte : c’est fort ! C’est en fait du lait de chèvre, mais on aime beaucoup. Le thé a été préparé avec le lait des chèvres de la famille, c’est assez incroyable pour nous.

On goûte également le fromage qu’ils ont fabriqué, puis fait sécher sur le toit des yourtes. C’est également fort et un peu acide, mais on aime aussi. L’heure du repas arrive, que l’on mangera également dans la yourte familiale. Notre guide a préparé du riz aux légumes, puis ajouté de la viande pour ceux qui en mangent. C’est très bon, alors on la félicite, et elle nous confie qu’elle est soulagée : elle avait peur que sa cuisine ne nous plaise pas !

On se nettoie avec les lingettes, puis on se prépare pour la nuit. Avant de se coucher, on fait un tour dehors, lorsqu’il fait bien nuit : les étoiles sont là par milliers, aucune lumière à par la Lune ne gâche leur beauté.

On s’emmitoufle dans nos duvets, les nuits promettent d’être froides : températures négatives à l’horizon !

14 Septembre 2019 : Problème mécanique à Gobi

Ce matin, on se réveille tranquillement. Notre guide est déjà partie préparer le petit-déjeuner, alors on en profite pour s’habiller. Elle revient peu après, avec des assiettes remplies de crudités, de saucisses pour les garçons, de tartines et d’œufs. On boit également du thé au lait de chèvre, pour faire descendre tout ça.

Elle nous demande de ne pas nous presser, que nous avons le temps ! On plie nos affaires, puis on décolle. Après un très long moment dans les steppes, au détour d’une montagne, une ville apparaît. C’est surréaliste, une ville de 20000 habitants nichée dans les montagnes ! On ne le sait pas encore, mais notre chauffeur s’arrête ici en quête d’un garage.

Après un moment à chercher, on finit par trouver. Les garçons descendent, pour voir l’ampleur du dégât : un essieu est cassé ! Heureusement, un garage nous prend assez rapidement, et soude la partie cassée du véhicule. Pendant ce temps, j’écris le résumé de la journée d’hier, et commence le récit de celle d’aujourd’hui.

Après 1h30, on repart ! Nous sommes sur une route goudronnée, alors on se repose, et on en profite pour dormir. A 13h30, notre chauffeur bifurque dans la steppe, et s’arrête à une centaine de mètres de la route. C’est l’heure de manger !

On part se promener, alors que nos accompagnateurs s’activent et construisent un véritable camp. Nous montons sur une petite montagne, et la vue est superbe. Lorsque nous redescendons, le repas est presque prêt ! Les plats de ce midi : pâtes, pommes de terre, et carottes accompagnés d’un œuf et de saucisses. On se régale, mais ce n’est apparemment pas le cas de notre chauffeur : il n’est pas content, il n’y a pas assez de viande dans le repas à son goût. Pour les mongols, un repas sans viande n’est pas un repas.

On termine avec du fromage français, et du chocolat, que tout le monde goûte et semble apprécier. On fait un tour dans la nature chacun son tour pour nous soulager, et en revenant vers le minibus, je me tors méchamment la cheville droite. J’ai du mal à redescendre la petite montagne, et j’espère que ce n’est pas trop grave. On repart de plus belle, on a encore pas mal de route devant nous.

Vers 17h, nous arrivons sur un plateau rocheux : ce sont les White Mountains. D’ici, on voit des formations géologiques fabuleuses et impressionnantes. Elles sont blanches, et plus loin, des petites montagnes ocres et rouges se détachent. C’est vraiment superbe. Le vent souffle très fort, il faut faire attention à ne pas tomber !

On passe plus d’une heure à cet endroit, on prend des photos, on profite de la beauté du lieu. La guide profite aussi de ce moment, c’est la première fois qu’elle vient à cet endroit !

On repart, direction notre camp pour la nuit. La famille nomade qui possède le camp détient un troupeau de chamelles, et de bébés chameaux ! Le camp est tellement balayé par le vent qu’aucune plante ne pousse. Les bébés chameaux appellent leur mère, il semblerait que ce soit l’heure du repas.

Peu après, la famille nomade arrive, et les chamelles les suivent. On va leur offrir les présents achetés : bonbons et vodkas, puis on les observe traire les femelles. Les bébés tètent en même temps, on a de la chance de voir cela.

On passe le reste de la soirée à observer le paysage, qui se déroule sous nos yeux à perte de vue, et à regarder le soleil se coucher. Il commence à faire froid, alors on rentre dans notre yourte, et notre guide nous rejoint, avec le repas qu’elle a préparé. Ce sont des chaussons aux pommes de terre, carottes, et à l’ail, accompagnés de tomates cerises et petits gâteaux. C’est très bon !

Notre guide nous explique que le chauffeur lui a interdit de dormir avec nous, et elle n’a pas mangé avec nous non plus, alors on pense qu’elle n’a pas le droit. C’est un peu triste, d’autant qu’elle est très gentille. On partage notre fromage et notre chocolat avec elle, ainsi que le thé.

Finalement, il est l’heure de se coucher. On prépare nos lits, beaucoup plus confortables que la veille, et on s’enroule dans nos duvets.

15 Septembre 2019 : Journée confort !

Ce matin, c’est notre guide qui nous réveille, vers 8 heures. Elle nous apporte le petit-déjeuner : crudités, lait de chamelle et tartines. Le lait de chamelle est très fort, mais c’est bon !

On emballe nos affaires, puis on décolle. Le paysage est aride, et il n’y a aucun relief à perte de vue. Nous sommes dans la région de Gobi, la plus chaude de Mongolie, et pourtant le vent qui souffle est frais.

On roule un très long moment, avant d’apercevoir une ville au loin, qui se détache sur de hautes montagnes. Il est 13h, et il est temps pour nous de manger. On s’arrête dans un petit restaurant, où l’on mange très bien et où on capte même du WiFi ! Pour la première fois depuis trois jours, nous pouvons donner des nouvelles à nos proches, cela fait du bien.

Après notre repas, une belle surprise nous attend : une douche ! Nous allons aux douches publiques, très propres, pour nous laver : quel plaisir de pouvoir se nettoyer après 3 jours de toilette de chat ! On en profite pour laver également nos sous-vêtements au savon, car on commençait à manquer de culottes propres.

J’en profite pour demander à notre guide à quelle fréquence les nomades se lavent : les personnes vivant en yourte près des villes, une fois par semaine ; les nomades dans les steppes, environ une fois par mois. En général, elle m’explique que tout le monde se lave une fois par semaine, parfois deux, mais pas plus.

Tout propres, on repart. Sur la route, on s’endort, et quand on se réveille, les montagnes sont toutes proches. La vue est superbe, c’est vraiment très beau. On est époustouflés par la diversité des paysages : depuis le début du voyage, nous avons vu des plaines herbeuses, des formations rocheuses, des montagnes, des steppes arides…

Finalement, on arrive au parc Gobi Gurvan Saichan. Ce parc naturel est situé au cœur des montagnes de Gobi-Altaï, et ne ressemble à aucun paysage mongol vu jusque-là. Les montagnes sont rocheuses et verdoyantes à la fois, et un petit ruisseau traverse le paysage. Une petite randonnée est prévue ici. Ma cheville me fait souffrir, mais il serait dommage de louper le panorama pour autant.

On commence à marcher, et on croise un nombre énorme de minuscules marmottes. A chaque détour, nombre d’entre elles détalent, la bouche pleine d’herbes, c’est adorable ! La vue n’est pas en reste, les montagnes grises se découpent sur le ciel bleu, les chevaux et yaks broutent l’herbe verdoyante, on se croirait dans une carte postale.

Parc national Mongolie

On marche un moment, on prend des photos, on profite du panorama. A force de traverser le ruisseau, je finis par tremper ma chaussure dans l’eau, et j’ai la chaussette gauche toute mouillée. On fait demi-tour pour rentrer, il est déjà plus de 18 heures ! Nous avons passé près de deux heures dans le parc.

On repart, pour s’arrêter au camp de yourtes à proximité du parc. Ici, c’est tout confort ! Les toilettes ne sont pas trop odorantes, la yourte est grande et… chauffée par un poêle ! C’est une excellente nouvelle pour moi, je vais pouvoir faire sécher mes chaussures, trempées, devant le feu. Heureusement, car je pense qu’elles auraient mis beaucoup de temps à sécher autrement.

On se repose, et il fait si chaud dans la yourte que nous finissons en sous-vêtements : il doit faire au moins 40 degrés ! La guide nous apporte notre repas, qui sera encore une fois excellent. Elle nous confie ne pas trop apprécier le chauffeur, qu’elle trouve trop autoritaire. Je comprends qu’à 37 ans, ce n’est pas très agréable de se faire dicter sa conduite.

Finalement, on va se coucher, bien fatigués de notre journée : demain, on va voir les dunes de sables !

16 septembre 2019 : A la découverte des dunes de Gobi !

Ce matin, lorsque nous nous réveillons, il fait froid dans la yourte. Notre guide arrive avec le petit-déjeuner : omelette, crudités et tartines de pain ; le tout arrosé de lait de chèvre. On prend des forces, car une bonne journée nous attend !

Nous commençons par nous rendre dans le petit musée situé à côté du camp de yourtes, qui présente les différents animaux vivant dans la région de Gobi. On y découvre des animaux empaillés, et ils sont hilarants : on ne peut pas dire qu’ils ressemblent vraiment à des animaux réels… A défaut d’apprendre vraiment quelque chose, on rigole un bon coup. A la fin de notre visite, on décide d’acheter des chaussettes et des gants en poils de yack, car le nord du pays promet des températures glaciales ! Les prix sont plutôt dérisoires : 11€ pour deux paires de chaussettes et deux paires de gants, en laine pure de yack, la plus chaude qu’il existe en Mongolie.

On part vers 9h30 du matin, et assez rapidement, nous quittons les routes goudronnées pour rejoindre les pistes poussiéreuses des steppes. Pour la première fois, le chemin est en très mauvais état, et nous sautons dans tous les sens. Pour compenser, la vue est juste superbe. Nous sommes entourés par de hautes montagnes, et la steppe est de couleur jaune et rouge grâce aux innombrables fleurs qui y poussent.

Après un bon moment, on demande à faire une petite pause pour profiter du paysage et prendre quelques photos. Comme toujours, on est frappés par la beauté et l’immensité de la nature ici. Chaque jour qui passe nous offre un nouveau panorama, on a l’impression de changer de pays à chaque fois.

Au fur et à mesure du trajet, les montagnes s’effacent, les fleurs disparaissent, et le paysage devient de plus en plus aride. Finalement, les premières dunes de sables apparaissent à notre gauche, et elles se multiplient.

Vers 14h, nous arrivons à destination : notre camp pour la nuit. Nous sommes juste en face des dunes de sable, c’est juste magnifique. Notre guide prépare le repas de ce midi, et on s’installe dans notre yourte en attendant. Nous avons la chance d’avoir un lit double, mais sans matelas sur le sommier ! Ça va être raide.

On prend notre repas, à base de riz et d’algues, puis nous nous préparons pour notre première activité de la journée : une promenade en chameau ! Le chamelier nous présente nos animaux, puis nous aide à monter dessus. La guide nous accompagne, et après quelques secousses, c’est parti !

Le chamelier guide les chameaux, et nous nous laissons bercer par leur pas lent et régulier. Les chameaux nous promènent dans les steppes, et nous pouvons admirer les dunes de loin. Notre guide nous explique que les chameaux peuvent tenir deux semaines sans eau, qu’ils peuvent porter jusqu’à 250 kilos sur leur dos, et qu’ils étaient auparavant utilisés pour le transport des yourtes. Ce chamelier possède 60 chameaux, et chaque chameau travaille une semaine, puis échange avec d’autres. Le reste du temps, ils sont en totale liberté.

La promenade d’1h30 passe très rapidement, on a l’impression qu’elle ne dure que quelques minutes ! Pourtant, quand on descend, on a mal de partout. On revient au camp, puis notre conducteur nous demande ce que l’on préfère : partir maintenant pour les dunes de sable et rentrer avant le coucher de soleil, ou y aller pour voir le coucher de soleil, dans quelques heures.

On est un peu déçus, on n’a pas tellement envie de rester au camp et de ne passer que peu de temps dans les dunes, alors on insiste auprès de notre chauffeur pour y aller maintenant, et rester jusqu’au coucher de soleil. Après un peu de négociation, il finit par accepter : il faut juste lui laisser 30 minutes de repos.

Les 30 minutes écoulées, on se présente devant le camion, prêts à partir à l’assaut des dunes ! On roule plusieurs dizaines de minutes, puis on arrive au pied d’une dune gigantesque : elle mesure 230 mètres de haut. Au début, on pense que notre chauffeur va nous avancer un peu, mais pas du tout. Il nous fait signe d’enlever nos chaussures, puis d’y aller. Il ne nous accompagne pas, et notre guide est restée cuisiner au camp.

Une fois sortis de la voiture, la dune est encore plus impressionnante. On voit quelques personnes tenter l’ascension, mais elles sont si hautes qu’elles paraissent minuscules. On lève la tête, et vu le dénivelé et l’ampleur de l’effort à fournir, on a l’impression qu’il est impossible d’arriver en haut. Elle a la hauteur de plusieurs immeubles les uns sur les autres !

On commence à marcher dans le sable, et on arrive très vite au premier mur. En quelques minutes, on est épuisés ; il faut faire plusieurs pas pour arriver à un vrai pas, car on glisse et on s’enfonce. Le dénivelé est énorme, et certaines personnes abandonnent d’ores et déjà, alors que nous ne sommes qu’au début de l’ascension : on a parcouru à peine 20 mètres !

Arrivés en haut de cette côte, minuscule comparée à ce qu’il nous reste à parcourir, on est pantelants et on s’effondre dans le sable. J’enlève mon pull et me retrouve en brassière, je meurs de chaud ! Il est un peu plus de 17 heures, et il faut que l’on arrive avant le coucher de soleil. Au rythme où l’on va, on a peur de ne pas arriver à temps.

On reprend notre marche forcée, et c’est terriblement dur. On avance lentement, et tous les quatre mètres, on s’arrête pour reprendre notre souffle : impossible de faire autrement. Le dénivelé devient tellement prononcé que l’on est obligés de tenter toutes sortes de techniques : à quatre pattes, à genoux… On finit par trouver une technique assez efficace : en mode gorilles. On s’aide de nos pieds, de nos mains, et on s’effondre tous les cinq mètres. On s’encourage, mais dès que l’on lève la tête, on a l’impression que nous n’y arriverons jamais.

On grimpe, on grimpe, on s’arrête ; puis on recommence, pendant ce qui nous semble être une éternité. On avance relativement vite, et on rattrape même d’autres personnes. Au bout de 40 minutes d’ascension, il ne nous reste plus que quelques « pas » pour atteindre le sommet de la dune. Après un ultime effort, on arrive en haut.

Alors que l’on jette nos forces dans ce dernier pas, Cyril et moi pleurons à moitié de joie, de fierté, d’épuisement aussi… L’ascension était tellement difficile, et paraissait impossible vue d’en bas, alors l’émotion qui nous saisit lorsque nous atteignons le sommet est inexplicable. On se prend tous dans les bras, on l’a fait !

Désert de Gobi

L’émotion que nous ressentons n’a d’égale que la vue qui s’offre à nous. Nous sommes sur l’une des dunes les plus hautes du désert, et une mer de sable se déroule sous nos yeux. Le vent balaye le désert, et les dunes sont parfaitement découpées. C’est juste magnifique, on est émerveillés par ce que l’on voit. Derrière nous s’étend la steppe aride et différentes montagnes, c’est tout aussi beau.

On prend des photos, on profite de la chance que l’on a de voir un si beau panorama. Nous avons plus de deux heures devant nous, ce qui est une chance inouïe. Les autres touristes montent, puis descendent une dizaine de minutes seulement après. Quel dommage de ne pas profiter de cette belle vue, que l’on aura peut-être l’occasion de ne contempler qu’une fois.

Certains touristes redescendent en luge, à une vitesse folle ! Pendant ce temps, on se promène sur la crête, au sommet de la dune, à la recherche d’un endroit un peu à l’écart des autres personnes pour pouvoir profiter tranquillement du coucher de soleil.

Finalement, on trouve un endroit qui nous convient, et on s’installe. On s’emmitoufle dans nos vêtements, car la température a chuté et le vent nous refroidit. Peu à peu, le ciel change de couleur, les dunes prennent une teinte dorée, et on reste là, bouches bées.

Le soleil entame sa descente, le paysage change mille fois avec les ombres. On contemple la beauté de ce qui s’offre à nous, on profite de ce moment unique.

Finalement, le soleil se couche, et laisse son aura derrière lui. C’est trop beau, et on grave ce panorama dans nos têtes et nos rétines, avant d’entamer notre descente. On décide d’emprunter un chemin encore vierge, et on s’enfonce dans le sable jusqu’à mi-mollet. Le sable fait un bruit de neige et vibre lorsque l’on marche dedans, c’est assez incroyable. Chaque pas provoque de mini avalanches, on s’amuse !

Après une descente beaucoup plus rapide que la montée, nous arrivons vers notre chauffeur, remplis de sable. Il fait nuit, et il nous ramène à notre camp, alors qu’aucun repère ou presque n’est visible : on est impressionnés.

Notre guide nous apporte le repas : de la soupe et du riz. On sent que l’on arrive au bout des ressources fraîches à disposition, mais le dîner est tout de même bon. Au moment de récupérer nos assiettes, notre guide a l’air vraiment triste. Cyril lui demande si tout va bien, et elle fond en larmes.

Le chauffeur ne cesse de lui dire ce qu’elle a à faire, de se dépêcher, et lui dit qu’elle n’est pas une bonne guide ; qu’il va la renvoyer à Oulan-Bator. Notre situation est très compliquée, nous sommes au centre d’un conflit que nous ne voulons d’aucune façon et que nous ne pouvons résoudre.

Je demande à notre guide de me prêter son téléphone pour que je puisse parler à Uka, qui a organisé notre tour. Elle refuse, elle a peur de se voir retirer le contrat. Je lui explique que si on ne fait rien, la situation ne s’améliorera pas, et que c’est invivable pour tout un chacun. Je dois m’énerver un peu pour qu’elle finisse par me donner son téléphone, après différentes excuses de sa part.

Au téléphone, j’en profite pour signifier à Uka notre mécontentement : ce n’est pas très pro de faire travailler deux personnes ensemble pour un si long tour, alors qu’elles ne se connaissent pas. Je lui demande de trouver une solution, quelle qu’elle soit, afin d’améliorer la situation, car nous n’avons pas payé pour souffrir des mauvaises ondes des uns et des autres.

Elle appelle rapidement le conducteur, qui s’excusera auprès de notre guide ; et ils passent un long moment dans la voiture à s’expliquer. Uka les aura tous deux au téléphone. Notre guide revient dans la tente, me remercie d’avoir débloqué la situation et nous explique que c’est désormais réglé. On espère que c’est réellement le cas, car ce genre d’évènement est vraiment désagréable à gérer, d’autant plus que ce n’est pas notre travail…

On va se coucher, un peu tendus par ce qui vient de se passer : demain sera un autre jour !

17 Septembre 2019 : Dernier jour dans la région de Gobi

Ce matin, on se réveille à 8h, on déjeune, puis on part vers 9h. Tout le monde a l’air un peu mieux disposé, c’est une bonne chose. On prend la route après avoir fait nos aux-revoirs aux dunes de Gobi.

Rapidement, le paysage change : les dunes disparaissent, les steppes se font moins arides, et on arrive dans les montagnes. Nicolas voit des animaux sauvages, l’endroit est magnifique.

Dans les steppes, on aperçoit des antilopes mongoles, on s’arrête pour les observer. Aujourd’hui, on a plus de temps.

Vers 12h, on arrive dans un petit village, où on s’arrête pour manger. Je mange un plat végétarien, et les autres mangent des ravioles fourrées de viande, qui s’avèrent être très bonnes. Si bonnes, qu’ils en reprennent deux fois ! En attendant, notre chauffeur achète des pastèques pour le dîner.

On repart vers 14h30, et en route nous nous arrêtons près d’un puits où un nomade abreuve son troupeau de chèvres. Nous avons le droit de les approcher, alors on en profite pour observer le système d’irrigation et pour caresser les chèvres. Certaines sont très affectueuses, on passe un long moment avec elles !

Finalement, après encore quelques kilomètres, on arrive au camp où nous passerons la nuit. C’est un camp pour touriste, et nous sommes les seuls sur place : on a la chance de pouvoir choisir notre yourte. On prend bien évidemment la plus confortable.

Notre guide nous explique que nous n’irons voir les formations rocheuses que ce soir, et que nous avons donc plus de deux heures de libres devant nous. On fait le tour du camp, qui s’avère très confortable : toilettes européennes, douches (!), eau à disposition… ça nous change, mais c’est vrai que c’est moins authentique.

On se repose dans la yourte, j’en profite pour écrire le résumé des jours précédents, et une petite fille qui vit ici nous rejoint timidement. Elle vient s’asseoir à côté de moi pour regarder mon ordinateur, puis joue un long moment avec Cyril et Nicolas à des jeux sur téléphone. Elle avait l’air de s’ennuyer, en hors saison il n’y a pas beaucoup de visiteurs !

Vers 17h, notre chauffeur nous fait signe : il est temps d’aller découvrir les Flaming Cliffs ! On grimpe dans notre voiture, puis on décolle. Arrivés sur place, nous ne sommes pas déçus : on se croirait dans le Colorado. Le paysage est ocre, et façonné par les vents et l’eau : c’est encore une fois superbe.

Flaming cliffs Gobi

On est parmi les premiers sur place, alors on profite un maximum de cet endroit tant qu’on est seuls. Peu à peu, les minibus de touristes arrivent, et le soleil commence à descendre. Les rochers s’enflamment, les ombres s’étirent, le spectacle devient de plus en plus joli.

Après de nombreuses photos, on s’installe, et on profite pleinement du spectacle. Comme toujours, lorsque le soleil décline, il ne met que peu de temps à disparaître. On reste encore un moment après sa disparition, alors que tout le monde est parti : la lumière est magique, tout est nimbé d’orange et de rouge.

On retourne près de notre chauffeur, qui nous ramène au camp. On mange le très bon repas que nous a préparé notre guide, puis on va profiter de la douche, ou plutôt du filet d’eau chaude. En ressortant, nous découvrons un plafond étoilé suspendu au-dessus de notre tête.

Pour la première fois, nous avons l’occasion d’observer longuement les étoiles : il n’y a aucun bruit, aucune pollution lumineuse et il ne fait pas trop froid. On attrape des tabourets, et on contemple : nous voyons la Grande Ourse, la Voie Lactée, 4 étoiles filantes, et d’innombrables étoiles qui scintillent. Il n’y a pas de mots pour décrire la beauté de ce que l’on voit, c’est quelque chose que l’on n’a jamais l’occasion d’observer chez nous !

 Après un moment, nous rentrons dans la yourte pour nous reposer. Alors que je suis mon sur PC, je vois quelque chose qui bouge sous un lit : une souris ! On enlève toute la nourriture de notre tente, on fait du bruit, puis on essaie de dormir : demain, on change de région !

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