Xi’an

Xi'an

19 Octobre 2019 : L’armée de terre cuite, à Xi’an

Ce matin, nous nous levons tôt pour aller voir l’armée de terre cuite, à 40 kilomètres du centre-ville. On a entendu qu’il ne fallait pas y être trop tard afin de ne pas être submergé par l’armée, bien vivante cette fois-ci, de touristes. Spoiler alert : 10h, c’est déjà trop tard.

On prend notre petit-déjeuner à l’auberge de jeunesse pour ne pas partir le ventre vide, puis on décolle, direction le nord de la ville pour prendre un bus. On arrive à la gare routière, et on se met en rang pour monter dans le bus, n°306, qui doit nous emmener tout droit à l’armée de terre cuite. Alors que l’on attend, des faux policiers viennent nous alpaguer : ils nous montrent un autre bus, nous crient dessus et on l’air très énervés. Heureusement, des blogs nous ont mis en garde : ce n’est que de la comédie, il ne faut pas flancher et monter comme prévu dans le n°306, malgré les cris et les signes insistants. Les « faux bus » coûtent presque 10 fois le prix du bus classique, et s’arrêtent dans des boutiques commissionnées le long du trajet : il met donc plus longtemps.

Notre bus ouvre ses portes, les faux policiers deviennent plus virulents que jamais et barrent la route à la foule qui se presse pour entrer. Le flux est dévié, de nombreuses personnes se font avoir, mais on passe, ouf ! On s’installe, on paie les 7 yuans par personne, et le bus décolle.

Derrière nous, un homme se racle la gorge et crache toutes les 30 secondes dans une poubelle ouverte. Il tousse également sans mettre la main. Brrr, on frissonne et on a hâte d’arriver !

Une petite heure de trajet après, on arrive enfin ! Le monde présent nous met dans le bain : ce n’est pas aujourd’hui qu’on sera tout seuls. On achète nos tickets, vraiment pas donnés, et on se dirige vers l’entrée.

L’armée de terre cuite, c’est une armée de 8000 soldats créée et enterrée il y a 22 siècles. L’empereur Yin Zeng, roi de Qin, souhaitait un tombeau hors du commun et une véritable armée pour veiller sur lui dans la mort ; et a ainsi ordonné le démarrage d’un chantier titanesque. Plus de 8000 soldats en terre cuite ont été façonnés, chacun équipé d’une arme en bronze. Les archéologues ont également retrouvé des sculptures de chevaux et de chars. Il est important de préciser que chaque statue est grandeur nature, et que toutes sont différentes : chaque visage a sa propre caractéristique, chaque tenue a son détail… Ce travail a tout de même demandé la participation de 700 000 personnes sur 36 ans ! Toute cette armée a ensuite été enterrée non loin du tombeau de l’empereur.

Armée de terre cuite Xi'an

On peut aujourd’hui voir quelques milliers de ces soldats, mais la majeure partie est encore enterrée, car malheureusement le temps et les pillards étant passés par là, seule une statue a été retrouvée intacte. Ainsi, les archéologues doivent creuser et reconstruire chaque soldat un à un. De même, le tombeau de l’empereur n’a jamais été fouillé, car les techniques actuelles de fouilles ne seraient pas suffisantes pour mettre à jour le tombeau sans l’abîmer. Dommage pour nous !

Nous commençons par la première fosse, celle qui contient le plus de soldats : 2000 reconstitués, et 6000 encore sous terre. On entre, et nous sommes tout d’abord frappés par la foule sur place. Ça grouille de monde ! C’en est même effrayant.  Nous sommes dans un gigantesque hangar, et les chinois se poussent pour admirer les statues du point de vue en hauteur.

On approche timidement, et on se retrouve bousculés à droite, à gauche. On se tient fort, il ne s’agirait pas de se perdre. La scène est irréelle, on se croirait à un concert très attendu : tout le monde pousse de toutes ses forces pour arriver sur la balustrade. On a du mal à respirer, et alors que nous sommes enfin sur la balustrade, les gens s’appuient contre nous pour prendre leur photo. On est compressés sur les barrières, ce n’est pas très agréable, bien que l’armée soit impressionnante.

On ne peut pas s’approcher des statues, mais c’est tout de même beau à voir. On joue des coudes, écrabouillés comme jamais par cette masse humaine, et finissons par trouver des coins un peu moins bondés. De nos points de vue, on voit bien les détails de l’armée, et on peut les observer plus calmement. Heureusement, il y a des panneaux en anglais qui nous donnent quelques informations, en plus de celles de notre guide papier.

On continue la visite avec les deux autres fosses, moins grandes, mais qui présentent quelques statues dans des vitrines, ce qui permet de les voir de près. C’est impressionnant !

On termine la visite par un petit musée, puis on repart. On esquive les taxis qui nous maintiennent qu’il n’existe pas de bus, ce qui nous fait doucement rire, et on monte dans notre bus sans encombre. Il y a pas mal de bouchons, et on met longtemps à retourner à Xi’an.

Dès qu’on arrive, on va se reposer un peu à l’hôtel : il est 16h, et cette journée de visite nous a littéralement crevés. Être écrasés par tous ces chinois, ça a vidé toute notre énergie ! On reste à l’hôtel pour avancer sur nos récits, mais Internet ne nous permet pas de les poster, c’est bien dommage.

Vers 19h, on décide de ressortir : Xi’an est une ville avec une grande communauté musulmane, et le centre-ville est connu pour ses rues animées le soir. Rapidement, on arrive au cœur de l’action. Ici aussi il y a du monde, mais ça n’a rien à voir avec l’armée de terre cuite. Les rues regorgent de stands de street food, et l’ambiance est bon enfant. La culture est complètement différente des autres villes que nous avons visitées, on a l’impression d’être dans un autre pays !

Cela ressemble à un pays du Moyen-Orient, avec des habitants chinois ; et on s’en amuse. Les odeurs qui s’échappent des stands sont alléchantes, mais ici, tout est à base de viande, ou presque ! On galère à trouver, et du coup Cyril prend un plat de nouilles pour lui seul. Ici encore, on est pris en photo sous toutes les coutures.

En sortant, on s’arrête acheter une glace que la dame prépare sous nos yeux : elle prend du yaourt, l’étale sur une plaque réfrigérée, puis malaxe la pâte formée jusqu’à ce qu’elle devienne assez solide pour en faire des rouleaux. Ensuite, elle les arrange joliment dans la coupelle et hop, c’est prêt ! Je m’achète également un tout petit plat de nouilles à la sauce aux arachides : miam.

On passe encore un bon moment dans la ruelle, avant de décider de rentrer. Il commence à se faire tard, et à force de rester ici, on a envie de tout acheter ! On va se coucher, et on s’endort assez vite.

20 Octobre 2019 : Une journée consacrée à la nourriture

Ce matin, nous nous réveillons tard, après 10h. Nous nous sommes endormis tard hier, et nous avons vraiment besoin de nous reposer. Nous sommes cernés, et il a de toute façon plu toute la matinée : nous n’avons rien loupé !

Après s’être préparés, on sort de nouveau dans le quartier musulman. A notre grande surprise, les rues sont tout aussi animées que la veille. Il y a beaucoup de monde et les stands se succèdent. Il n’est pas encore midi, mais ça donne faim ! On s’achète de petits pains fourrés aux crudités pour déjeuner.

On passe ensuite un grand moment à se promener, ne pouvant pas nous empêcher de comparer les ruelles avec les souks tunisiens : la similitude est flagrante. On fait un arrêt à la grande mosquée de Xi’an, la deuxième plus grande de Chine. Malheureusement, on ne peut entrer dans les bâtiments, et la visite se révèlera un peu décevante. Il est désormais plus de 14h, et c’est donc l’heure de manger !

A cause du mauvais temps, on se trouve un petit restaurant conseillé par notre guide, malheureusement datant de plusieurs années. On ne mange pas très bien, bien que pour pas cher, et on ressort avec la faim au ventre. Heureusement, en quelques enjambées nous sommes de nouveau au cœur des ruelles remplies de stands de street-food. Je m’achète une glace au yaourt, la même que la veille, puis on retourne à l’hôtel pour récupérer nos gros sacs.

Ville de nuit

On se pose un petit moment dans la salle commune, puis on décolle pour la gare. Le métro est bondé : c’est dimanche aujourd’hui, et les gens prennent le train en nombre pour rentrer chez eux ou rejoindre leur lieu de travail. D’ailleurs, on doit passer au guichet de la gare pour récupérer nos tickets et acheter les prochains. Trois énormes files d’attente sont formées, mais apparemment seulement pour la forme.

Comme d’habitude, les chinois poussent, et se passent devant sans ménagement. Heureusement que nous avons 2 heures d’avance ! Le spectacle est affligeant, et énervant. Malgré la queue, certaines personnes foncent jusqu’au comptoir pour passer devant tout le monde. Parfois, cela fonctionne, parfois, ils se font jeter.

Au bout de presque 40 minutes, c’est notre tour. On fait barrage avec notre corps et nos sacs, mais quelques chinois tentent de forcer le passage. Cyril les arrête rapidement, et ils se tiennent en arrière. On a de la chance, la guichetière parle anglais ! On récupère nos tickets, et on en achète d’autres, pour notre prochaine destination. Après cette épreuve, qui s’avère épuisante tant physiquement que mentalement, nous rejoignons notre train. On s’installe, et 3h45 plus tard, nous arrivons à Chengdu, la ville des pandas ! Nous nous dépêchons d’aller à l’auberge réservée : demain, on se lève tôt pour aller voir les pandas de Chengdu. Entre temps, on se perd un peu dans un parc en réalité fermé, entre les crapauds nocturnes et les dalles glissantes, on est bien contents d’arriver !

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